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  • Archives
  • Il y a 35 ans naissait le mouvement des Artistes pour la paix au Québec

    Le présentateur est devant une illustration de manifestants avec l'inscription « pour la paix ».
    L'animateur Gaby Drouin Photo: Radio-Canada / Capture d'un bulletin de nouvelles de 1983
    Radio-Canada

    « Tous les Montréalais qui regardent vers Plattsburgh se retrouvent aveugles si une bombe nucléaire explose au-dessus de la base militaire de cette ville. » Ce scénario effrayant, c'est un compte rendu du rassemblement de lancement du mouvement des Artistes pour la paix. Nos archives rappellent à quel point la menace atomique hante alors la planète et l'opposition des artistes pacifistes à ce danger.

    L’holocauste nucléaire nous pend au bout du nez!

    En 1983, la force du mouvement pacifiste international vient d’un contexte de sécurité mondial très menaçant. Les deux grands blocs politiques de l’époque, dominés par les États-Unis et l’Union soviétique, élargissent leurs arsenaux jusqu’à l’absurde. Un sentiment d’apocalypse plane sur la terre.

    En juillet 1983, le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau accepte que Washington fasse l’essai de missiles dissuasifs nucléaires Cruise en sol canadien. Plusieurs artistes d’ici se joignent alors au mouvement pacifiste pour exiger la fin de la course aux armements.

    Au jour le jour, 21 mars 1983

    C’est dans ce contexte que naît au Québec le mouvement les Artistes pour la paix. Le 21 mars 1983, Ghislaine Paradis et Normand Harvey, qui coaniment l’émission Au jour le jour, reçoivent Solange Vincent et Raoul Duguay, des pacifistes respectivement militante et artiste. Ils expliquent les raisons de leur engagement et les objectifs qu’ils comptent atteindre en lançant ce mouvement.

    Moi en tant qu’artiste, j’ai une petite virgule de pouvoir. Je n’ai aucun pouvoir sur les gouvernements. Si je réussis à faire marcher 100 000 personnes dans la rue, peut-être on pourra dire que la parole des poètes a un pouvoir.

    Raoul Duguay
    Ce soir, 22 mars 1983

    Un mouvement qui compte des appuis

    Le lancement du mouvement se déroule le 22 mars 1983. Gaby Drouin au bulletin de nouvelles Ce soir en présente le compte rendu. La salle du Tritorium au cégep du Vieux-Montréal est remplie au maximum.

    Malgré le sérieux du sujet discuté, l’atmosphère est bon enfant. Gilles Vigneault appelle des médecins, des scientifiques, des financiers même à se joindre au pacifisme. Les organisateurs de l’événement concluent au succès.

    Au cours de l’automne 1983, la menace nucléaire s’intensifie. Américains et Soviétiques installent en Europe des missiles prêts à détruire le sol ennemi.

    En octobre, les pacifistes occupent la rue, y compris au Canada.

    Première édition, 24 octobre 1983

    À l’émission Première édition du 24 octobre, la journaliste Julie Miville-Dechêne résume ces journées de manifestation automnale à Montréal. Le 22 octobre, 20 000 sympathisants déambulent dans les rues du centre-ville de Montréal. C’est le double de ce que prévoyaient les organisateurs. Les marcheurs proposent la désobéissance civile contre les essais de missile Cruise dans l’Ouest canadien.

    Deux jours plus tard, une centaine de pacifistes bloquent l’accès du Centre de recrutement des Forces armées canadiennes. Leur objectif est de se faire arrêter pour être traduits en justice et utiliser le procès comme tremplin de leur cause.

    On sait que le gouvernement canadien a beaucoup d’argent pour ouvrir des postes dans l’armée. Mais quand on veut créer des emplois dans le domaine, y a pas d’argent par exemple.

    Dominique Ritchot, manifestante pacifiste

    Retour de la Java des bombes atomiques?

    Première édition, 27 octobre 1983

    Cette semaine de manifestation se termine par un spectacle des Artistes pour la paix au Spectrum. Le journaliste Philippe Bélisle y assiste pour Première édition. Les artistes Renée Claude et Raoul Duguay répondent présents. Le comédien Jacques Piperni y chante la très loufoque Java des bombes atomiques du compositeur Boris Vian, au grand plaisir de l’assistance.

    En 1986 et 1987, les présidents Reagan et Gorbatchev désamorcent une partie de la menace. Le mouvement pacifiste perd alors de sa pertinence.

    35 ans plus tard, l’apparition de la menace nucléaire nord-coréenne, à laquelle s’ajoute le caractère belliqueux des présidents américain et russe Trump et Poutine, militent peut-être pour sa renaissance.

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