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Le déclenchement des crises d'asthme mieux compris

Un homme tousse.

Au Canada, l’asthme occasionne annuellement environ 60 000 visites à l’urgence.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La présence d'une certaine protéine humaine permet de détecter divers allergènes dans les voies respiratoires à l'origine des crises d'asthme, affirment des chercheurs français. Explications.

Un texte d'Alain Labelle

L’équipe de Corinne Cayrol et Jean-Philippe Girard de l’Université Toulouse III – Paul Sabatier affirme que la protéine humaine interleukine-33 (IL-33) réagit à bon nombre d'allergènes provenant de l'environnement, allant des moisissures aux pollens, en passant par les acariens.

Le saviez-vous?

  • Près de 2,5 millions de Canadiens souffrent d’asthme. Au Québec, on estime à plus de 600 000 le nombre de personnes atteintes, dont plus de 350 000 enfants et adolescents.
  • Chaque année au Canada, l’asthme occasionne environ 60 000 visites à l’urgence, 5500 hospitalisations et de 150 à 300 décès.

Retracer le chemin des allergies

Ces trois allergènes contiennent des protéases, des enzymes qui peuvent déclencher des crises d'asthme chez les personnes sensibles.

Lorsqu'ils arrivent dans les voies respiratoires, les allergènes libèrent leurs protéases qui découpent ensuite l'IL-33 en petits fragments hyperactifs. Ce sont ces fragments qui sont à l'origine des réactions en chaîne responsables des symptômes allergiques.

Production de mucus dans le poumon après inhalation d'un allergène.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Production de mucus dans le poumon après inhalation d'un allergène (coupes de poumon, coloration du mucus en rose magenta). La protéine IL-33 détecte l'activité protéase de l'allergène. Elle s'en trouve activée et déclenche une cascade de réactions, dont la production de mucus, associées à l'asthme et aux autres maladies allergiques. Lorsque l'activation de l'IL-33 est bloquée (à droite), la réaction n'est pas déclenchée.

Photo : Corinne Cayrol et Jean-Philippe Girard / IPBS / CNRS-Université Toulouse III – Paul Sabatier

Ce serait en quelque sorte un mécanisme général de déclenchement des réactions allergiques.

En effet, les présents travaux ont montré que l'IL-33 permet de détecter chacun des 14 allergènes testés.

Le fait d’empêcher la production de ces fragments hyperactifs après une exposition aux allergènes pourrait, par exemple, permettre de limiter les réactions allergiques sévères chez les personnes asthmatiques.

Cette nouvelle connaissance est d'autant plus importante qu'elle permet d’établir un lien direct entre la génétique et l’environnement, puisque le gène codant pour l'IL-33 est reconnu comme étant l'un des principaux gènes de prédisposition à l'asthme chez l'humain.

Des essais cliniques qui prennent pour cible cette protéine sont actuellement en cours.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Nature Immunology (Nouvelle fenêtre).

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