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La culture hydroponique bourgeonne à Churchill

Carley Basler touche de la laitue dans une serre améangée à même un conteneur.

Carley Basler gère une ferme hydroponique dans un conteneur au Centre d'études nordiques de Churchill et livre des légumes frais à travers la ville située dans le nord du Manitoba.

Photo : Radio-Canada / Warren Kay/CBC

Radio-Canada

Avoir accès à des aliments frais est un réel défi pour les résidents de Churchill, dans le nord du Manitoba. C'est d'autant plus le cas depuis que des inondations, au mois de mai dernier, ont forcé la fermeture du chemin de fer, limitant ainsi la livraison de produits par bateau ou par voie aérienne une bonne partie de l'année.

Il n’est pas étonnant que les habitants de la ville s'enthousiasment lorsque Carley Basler arrive chez eux avec des sacs débordant de légumes frais.

« C’est de la nourriture fraîche, probablement la plus fraîche que Churchill n’ait jamais connue », déclare Carley Basler.

Elle frappe à une porte. Karalina Burke, 7 ans, ouvre la porte et s’exclame : « J’ai mangé trois pommes de laitue! »

« C’est remarquable que l’on puisse avoir cela ici », lance sa mère, Sandra Cook. Elle s’est inscrite à Rocket Greens, le service de livraison de légumes de Carley Basler.

Conteneur rectangulaire blanc et vert autrefois utilisé pour la livraison, qui est maintenant une ferme hydroponique.

LeLes légumes poussent dans ce conteneur autrefois utilisé pour la livraison, maintenant transformé pour y accueillir une ferme hydroponique.

Photo : Radio-Canada / Carley Basler

Toute denrée périssable destinée à la ville de 800 habitants, située à 1000 kilomètres au nord de Winnipeg, doit être acheminée par avion. Cela entraîne une flambée des prix; une pomme de laitue peut coûter jusqu’à 7 $ à l’épicerie, et elle risque d’être flétrie durant le trajet. Sa fraîcheur et sa valeur nutritive auront souvent diminué.

À 3,50 $ par laitue, les produits Carley Basler sont plus frais et moins chers.

Sécurité alimentaire

La sécurité alimentaire est un problème répandu dans le Nord canadien. Le climat et la situation géographique de la majorité des communautés les empêchent de cultiver leurs propres aliments.

Le Centre d'études nordiques de Churchill s’est lancé dans la culture hydroponique il y a trois mois. L’expérience vise à déterminer si ce mode de culture a le potentiel de résoudre le problème de la sécurité alimentaire à l’échelle commerciale.

Plants en rangé dans une serre.

Les semences n'ont pas besoin de terre pour pousser, seulement des lumières LED et de l'eau enrichie de nutriments.

Photo : Radio-Canada / Cameron MacIntosh/CBC

L’expérience devenue entreprise est en pleine croissance.

Rocket Greens tire son nom de l’ancienne zone d’essai de fusées, où se situe le Centre d'études de Churchill.

Alors que le vent balaye impitoyablement la toundra et que la température ressentie frôle les - 50 degrés Celsius, Carley Basler cultive son potager hydroponique dans un environnement contrôlé par ordinateur. Elle récolte de la laitue, de la roquette, des épinards et du chou frisé.

« Nous pouvons récolter entre 400 et 450 légumes chaque semaine et les mettre à la disposition de la communauté », indique Carley Basler, électricienne de formation qui supervise le système de serre.

Elle fournit déjà ses produits à deux épiceries et à quelques restaurants, et offre des abonnements hebdomadaires à des paniers de légumes.

Logo de Rocket Greens dans un rond vert avec l'écriture Rocket Grenns.

Rocket Greens n'existe que depuis quelques mois, mais planifie déjà agrandir.

Photo : Radio-Canada / Cameron MacIntosh/CBC

Pour 80 $ par mois, ses clients recevront une boîte à lunch et un sac de légumes frais, le tout, livré le jour même de la récolte.

Ça permet aussi de varier l’alimentation des habitants de Churchill. Par exemple, Carley Basler fait pousser du pak-choï, un chou chinois et un légume de la même famille que le bok choy, plus connu.

« Nous avons montré aux gens comment le cuisiner et ils l’incorporent dans les sautés. Ça va bien avec la viande de caribou », dit-elle.

Rocket Greens, qui n’était au départ qu’un projet destiné à ne réaliser aucun profit parle aujourd’hui de s’agrandir et peut-être même d'ajouter une nouvelle ferme.

Cultiver de la nourriture dans le Nord : pourquoi pas?

La ferme est aménagée à l’intérieur d’un conteneur autrefois utilisé dans le transport des marchandises. Les semences poussent non pas dans le sol, mais plutôt à l’aide de lumières DEL et d’eau enrichie de nutriments.

Le prototype a été réalisé par Growcer Modular Food Solutions, une entreprise d’Ottawa qui se consacre à la sécurité alimentaire nordique.

Le système implanté par Growcer à Churchill est le premier du genre au Canada, mais il en existe six en Alaska, qui produisent des aliments à l’échelle commerciale.

Nous croyons qu’il n’y a pas de raison que chaque communauté ne puisse pas cultiver sa propre nourriture.

Corey Ellis, cofondateur et PDG de Growcer

Une ferme dans un conteneur coûte environ 210 000$ et doit seulement être reliée à une source d’eau et d’électricité.

Corey Ellis dit que la ferme peut produire pour 30 000 $ à 40 000 $ de légumes par année.

L’entreprise envisage d'ajouter environ six fermes dans des conteneurs dans le nord du Canada cette année, dont une au sein de la Première Nation de Nelson House, au Manitoba.

Avec des informations de Cameron MacIntosh, CBC News

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