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Scandale Cambdrige Analytica : la solution passe-t-elle par l'Europe?

Un symbole « J'aime » de Facebook projeté sur un écran.

Facebook se retrouve au cœur d'un nouveau scandale lié à la protection des données personnelles de ses utilisateurs.

Photo : Reuters / Dado Ruvic

Radio-Canada

Le scandale impliquant Cambridge Analytica, la firme britannique dont l'utilisation frauduleuse de données de millions d'utilisateurs de Facebook fait la manchette, pourrait trouver un dénouement outre-Atlantique, en raison des règles européennes plus sévères en matière de protection des données personnelles.

C'est ce qu'avance Paul-Olivier Dehaye, un expert en protection de la vie privée et des données personnelles.

En entrevue à l'émission L'heure du monde, sur les ondes d'ICI Première, M. Dehaye estime « qu'il y a énormément de résignation de la part des Américains, et de beaucoup de gens en Europe, sur tout ce qui est protection des données personnelles ».

Pourtant, parce que le siège social de Cambridge Analytica est situé au Royaume-Uni, cela fait en sorte que l'entreprise doit se conformer aux règles de l'Union européenne en matière de protection des données, soutient l'expert.

« Cela ouvre une fenêtre pour que les Américains exercent en Europe leur droit à la protection des données », dit M. Dehaye, avant d'ajouter que cet état de fait avait échappé à la majorité de la population en 2015, lorsque les rumeurs sur l'utilisation frauduleuse d'informations par Cambridge Analytica avaient commencé à circuler.

Les nouvelles révélations sur les agissements de Facebook dans cette affaire, portant entre autres sur la campagne électorale républicaine de 2016 aux États-Unis, contribuent à alimenter le débat et à susciter la controverse, avance le spécialiste.

Toujours selon M. Dehaye, Facebook a « certainement » une responsabilité dans cette histoire, même si le géant des réseaux sociaux affirme le contraire.

Du côté de Facebook, « on dit avoir fait ce qui devait être fait, qu'ils ont écrit plusieurs lettres demandant aux entreprises d'effacer les données [concernées], et qu'ils se sont contentés de la réponse ».

Plusieurs utilisateurs de Facebook sont surpris de cette attitude cavalière et se seraient peut-être attendus à recevoir un avis de l'entreprise pour les informer de ce qui s'était passé. Le fait qu'il n'y en ait pas eu – et, surtout, le fait que Facebook affirmait encore la semaine dernière qu'il ne s'était rien produit de grave dans cette histoire – montre qu'il y a peut-être un problème systémique chez Facebook.

Paul-Olivier Dehaye, expert en protection de la vie privée et cofondateur de PersonalData.io

Possibles liens avec Moscou

Paul-Olivier Dehaye rappelle également que plusieurs des acteurs liés à ce scandale sont des ressortissants russes ou « ont voyagé en Russie ».

« Il est possible – le lanceur d'alerte le souligne clairement – que cela explique de larges pans de la campagne de ciblage publicitaire par la Russie durant la campagne électorale américaine », commente-t-il.

« Et cela, Facebook ne l'a jamais dit publiquement. Ça devient un problème. »

L'enjeu relatif à l'exploitation des données inscrites dans les serveurs de Facebook par les utilisateurs eux-mêmes est inhérent à la structure et au fonctionnement du réseau social, rappelle M. Dehaye.

Après tout, dit-il, voilà comment le géant des réseaux sociaux s'y prend pour convaincre les développeurs de faire affaire avec l'entreprise.

Les gens développent des applications sur Facebook qui leur permettent de collecter des données qu'ils vont monétiser [...] Ils savent qu'il n'y aura pas de punition [à agir de la sorte].

Paul-Olivier Dehaye, expert en protection des données personnelles

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