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Assouplissement des règles du revenu garanti pour les handicapés

Une personne circule à fauteuil roulant parmi des gens qui n'en ont pas besoin pour se déplacer.
Le gouvernement veut que les Albertains sévèrement handicapés aient accès au revenu garanti, même s'il y a une fiducie établie à leur nom. Photo: iStock

Le gouvernement de l'Alberta veut faciliter l'accès au Revenu garanti pour les personnes sévèrement handicapées (AISH), ce qui veut dire qu'elles pourront recevoir cette allocation mensuelle même si elles ont une fiducie établie à leur nom.

Un texte de Héloïse Rodriguez

Selon la loi actuelle, une personne n’est plus éligible pour ces revenus si elle a des actifs valant plus de 100 000 $. Le nouveau projet de loi, s’il est adopté, permettra aux familles d’établir des fiducies pour leurs enfants.

Le projet de loi 5 signifie que [les parents] pourront s’assurer que leurs enfants et leurs êtres chers sont en sécurité et va permettre aux familles d’avoir une paix d’esprit.

Irfan Sabir, ministre des Services à la Personne

Selon les nouvelles règles, ces personnes auront, entre autres, un an pour établir une fiducie après avoir reçu un héritage avant que leurs prestations en souffrent.

Si le projet de loi 5 est adopté, cette mesure entrera en vigueur le 1er avril.

« Des avantages importants »

Seuls 0,3 % des 60 000 Albertains qui bénéficient du revenu garanti ont présentement une fiducie, selon le gouvernement.

Mais Bruce Uditsky, le président de Inclusion Alberta, une association qui défend les droits des personnes qui vivent avec des troubles du développement, croit que ce pourcentage va augmenter suite à l’assouplissement des règles.

« Avec le temps, il pourrait y avoir des avantages importants pour ces individus et leurs familles, alors qu’ils prennent connaissance de cette législation et reconnaissant qu’ils peuvent établir une source de financement pour leurs [enfants] qui sera protégée, même quand ils ne seront plus en vie », estime Bruce Uditsky.

Gros plan sur Mary Silvani, qui a les cheveux courts bruns et des yeux bruns.Mary Silvani trouve que les prestations du revenu garanti ne sont pas suffisantes pour vivre confortablement. Photo : Radio-Canada

Mary Silvani est atteinte de paralysie cérébrale et d'un trouble d'apprentissage non verbal. Elle croit que l’annonce du gouvernement ne va pas assez loin.

Elle aurait préféré que le gouvernement indexe les prestations au coût de la vie « pour que les gens puissent avoir l’argent pour vivre et ne soient pas constamment sous le seuil de la pauvreté ».

Mon plus grand défi, c’est de réussir à payer pour ce dont j’ai besoin.

Mary Silvani, bénéficiaire du revenu garanti pour les personnes sévèrement handicapées

L’autre problème selon Mary Silvani, c’est l’accès au programme AISH. Elle déplore la complexité des documents à remplir pour faire une demande, un élément qui avait déjà été critiqué par le vérificateur général de la province en 2016.

« C’est pour les personnes lourdement handicapées, mais le langage qu’ils utilisent [dans les formulaires] s'adresse à quelqu’un qui a l’équivalent d’un diplôme universitaire en anglais et ce n’est pas tout le monde qui a ça, ou qui a le soutien pour être capable de les lire », déplore-t-elle.

Elle pense que le projet de loi du gouvernement est un premier pas, mais qu’il reste plusieurs autres changements à apporter.

Alberta

Santé physique et mentale