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Elle pose à l'entrée des locaux de l'organisme.

Sarah Blyth, cofondatrice de l'Overdose Prevention Society, qui a désormais pignon sur rue à Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Chantal Srivastava

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un organisme qui fait la prévention des surdoses offre depuis quelques mois du cannabis pour soulager les utilisateurs de drogues dures qui fréquentent son centre d'injection supervisée de Vancouver. Des experts voient dans cette initiative une piste de solution à la crise des opioïdes, qui a tué 1422 personnes l'an dernier en Colombie-Britannique.

Un texte de Chantal Srivastava, à Désautels le dimanche

L’Overdose Prevention Society est née en septembre 2016, dans l’illégalité et dans l’urgence, alors que les centres d’injection légaux de la province n’arrivaient plus à faire face à la crise.

Les usagers ont tout d’abord été accueillis clandestinement pour s’injecter des drogues ou en fumer sous la supervision de bénévoles à l’affût des surdoses. Mais, depuis quelques mois, finie la clandestinité. L’organisation a désormais pignon sur rue et a même été récompensée, l’automne dernier, par la Ville de Vancouver pour services rendus.

Nous avons reçu pas moins de 10 000 personnes au cours de la dernière année et demie. Et nous avons sauvé plus de 500 vies.

Sarah Blyth, Overdose Prevention Society

Dans le cadre du programme de remplacement des opiacés High Hopes, Sarah Blyth propose depuis quelques mois des produits dérivés du cannabis. « High Hopes, c’est notre programme de médecine alternative, explique la cofondatrice de l'Overdose Prevention Society. Notre but, c’est d’offrir des options dans l’espoir d’éviter l’usage des drogues qui tuent les gens dans la rue. »

Elle tient l'un des sachets distribués.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sarah Blyth offre des muffins et des jujubes au cannabis.

Photo : Radio-Canada / Chantal Srivastava

C’est en découvrant que certains vétérans utilisent la marijuana pour soigner leurs traumatismes que Sarah Blyth a eu l’idée d’offrir des joints, des muffins et des jujubes au cannabis. « Ça ne marche pas pour tout le monde, mais ceux pour qui ça fonctionne sont très chanceux », raconte-t-elle.

Le reportage de Chantal Srivastava a été diffusé à l'émission Désautels le dimanche sur ICI Première et peut être réécouté ici.

Sous la loupe des chercheurs

Des chercheurs du British Columbia Centre on Substance Use surveillent de près le programme High Hopes. Dans un premier temps, ils ont l’intention de recueillir des données pour documenter l’utilisation de la marijuana à des fins thérapeutiques par les usagers du centre d’injection. Ils veulent tout d’abord savoir quel type de produit est consommé, et avec quels résultats. Mais leur objectif ultime est d’aller plus loin.

L'homme pose dans une cour arrière.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

M.J. Milloy, épidémiologiste au BC Center for Substance Use

Photo : Courtoisie : Kevin Hollett

Nous aimerions profiter du projet High Hopes pour bâtir un vrai essai clinique.

M.J. Milloy, British Columbia Centre on Substance Use

Pour l’épidémiologiste M.J. Milloy, le simple fait de documenter les travaux de Sarah Blyth et les bienfaits qu’en tirent les usagers de son centre d’injection est important pour faciliter la mise en place d’interventions qui ont fait leurs preuves afin de réduire le nombre de surdoses fatales.

Selon lui, le cannabis pourrait être une arme de plus pour lutter contre ce qu’il considère comme étant la pire catastrophe de santé publique depuis la crise du sida.

Cette avenue commence également à être explorée par des producteurs de cannabis à des fins thérapeutiques, comme la société Hydropothecary, dans l’Outaouais québécois.

Un homme devant des plants de cannabis.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Terry Lake, vice-président responsable des affaires sociales et corporatives chez Hydropothecary

Photo : Radio-Canada / Chantal Srivastava

Jusqu’à tout récemment, Terry Lake d'Hydropothecary était ministre de la Santé en Colombie-Britannique. Et il considère aujourd’hui que le cannabis à des fins thérapeutiques peut jouer un rôle dans la crise des opioïdes.

« Une étude américaine révèle que le nombre de prescriptions d’opioïdes est moins élevé dans les États où le cannabis est légal. Et ça vaut aussi pour le nombre de décès par surdose », souligne-t-il.

À Vancouver, des résultats préliminaires montrent également que ceux qui suivent un traitement à la méthadone ou au suboxone persévèrent davantage s’ils utilisent en même temps du cannabis.

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