•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Tout ce que vous devez savoir sur le scandale Facebook-Cambridge Analytica

Le géant Facebook Photo: Getty Images / Justin Tallis
Radio-Canada

Facebook est la cible de plusieurs critiques. Les données personnelles de millions d'utilisateurs du réseau social auraient été collectées par la société Cambridge Analytica et utilisées à des fins politiques. Voici ce qu'il faut savoir pour comprendre ce scandale.

En résumé, Cambridge Analytica a obtenu des données d'utilisateurs de Facebook, sans autorisation, pour bâtir un programme informatique permettant de prédire et d'influencer le choix des électeurs américains. L’affaire a été révélée au grand jour samedi dernier par le New York Times et The Observer, une publication soeur du quotidien The Guardian à Londres.

Qu'est-ce que Cambridge Analytica?

Il s’agit d’une entreprise britannique spécialisée dans le profilage psychographique. Elle récupère des données sur les réseaux sociaux afin de tenter de prédire les comportements électoraux.

Ses services sont donc utilisés par des équipes d'organisations politiques et de campagnes électorales pour peaufiner leur ciblage en vue du scrutin. Elle aide les partis politiques à cerner les portions de la population pour lesquelles il serait gagnant de déployer des efforts afin de les convaincre de voter pour eux.

Cambridge Analytica a été connue pour son travail avec l’équipe de Donald Trump lors de l’élection présidentielle de 2016. La société a aussi travaillé avec d’autres candidats républicains, comme Ted Cruz ou Ben Carson.

Comment est-elle parvenue à collecter les données?

Les données au coeur du litige ont été fournies par le chercheur Aleksandr Kogan, de l’Université de Cambridge. En 2015, il avait utilisé l'application This is your digital life, qui dressait un portrait psychologique d’un utilisateur de Facebook après avoir analysé ses données personnelles entrées dans un questionnaire.

Cependant, l’application collectait aussi des données sur les amis Facebook des utilisateurs qui effectuaient le test. Ainsi, si seulement 270 000 personnes ont participé au test, des données de plus de 50 millions de personnes ont également été collectées.

Le chercheur avait alors donné ces informations à Cambridge Analytica pour qu’elle les analyse. Cette dernière les a ensuite utilisées pour peaufiner son expertise en marketing politique.

Qu'est-ce qu'on leur reproche?

Cambridge Analytica a utilisé des données qui ont été prises sans l'autorisation des utilisateurs de Facebook. Elle violerait ainsi les conditions d’utilisation du réseau social.

De plus, les utilisateurs qui ont accepté de donner leurs informations personnelles au chercheur se sont fait dire que ces données étaient collectées à des fins scientifiques. Cependant, il se trouve qu’elles auraient été transmises à Cambridge Analytica pour qu’elles soient utilisées à des fins politiques.

Qui est Christopher Wilye?

C’est le lanceur d’alerte au coeur de cette histoire. Canadien d’origine, il est le cofondateur de Cambridge Analytica.

Dans un article du New York Times et de The Observer, il raconte avoir participé à l’élaboration du stratagème avec des chercheurs de l’Université de Cambridge afin d’obtenir des données pour cibler des électeurs avec des publicités politiques personnalisées.

C'est la victoire de Donald Trump qui l'aurait poussé à remettre en question les pratiques de son entreprise. « [Cela] m’a vraiment fait réfléchir à l’effet qu’avait eu Cambridge Analytica », a-t-il déclaré sur les ondes de CBC.

Selon lui, les pratiques de Cambridge Analytica sont « extrêmement immorales », mais il croit que Facebook doit aussi assumer sa part de responsabilité.

Qu’est-ce qu’il faut en retirer?

« Une chose qu’il faut retenir, c'est que Facebook n’est pas un service public. [Le réseau social] n’a pas dans sa mission de veiller au bien de la société », estime la directrice des opérations de Crypto.Québec, Geneviève Lajeunesse.

Il ne faut pas non plus penser que les informations personnelles sont sans valeur, même si un individu se trouve dans un bassin de plusieurs millions de personnes, ajoute-t-elle. « Oui, on est intéressants pour des tiers, même si nous avons l’impression de n’être personne. »

Il y a 50 millions de personnes dans cette banque de données qui pensaient qu’elles n’étaient d’aucun intérêt pour personne.

Geneviève Lajeunesse, directrice des opérations de Crypto.Québec

Elle conseille aux utilisateurs d’aller faire un tour dans les paramètres de confidentialité de leur compte Facebook et de les restreindre pour freiner les tentatives de collecte de données personnelles.

Avec les informations de Mashable

Réseaux sociaux

Techno