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Le scandale des données fait plonger Facebook en Bourse

L'application Facebook sur un téléphone intelligent.
L'application Facebook sur un téléphone intelligent Photo: iStock / Karen Bleier
Reuters

Facebook a perdu 6,77 % de sa valeur, lundi à Wall Street, deux jours après la publication d'informations selon lesquelles un cabinet d'analyses aurait collecté des données privées de 50 millions d'utilisateurs du réseau social afin d'améliorer la visibilité et l'efficacité de la campagne électorale de Donald Trump.

La capitalisation boursière du groupe, qui s'établissait à 538 milliards de dollars américains lors de la clôture de vendredi, a fondu de plus de 30 milliards de dollars en cette journée difficile pour l'entreprise.

L'action est en repli de plus de 13 % par rapport à son record de 195,32 $ US atteint le 1er février et de plus de 3 % depuis le début de l'année.

Facebook a entraîné dans son sillage Twitter et Snap, l'entreprise possédant le réseau social Snapchat. Le NASDAQ, indice bourser à forte pondération technologique, a cédé 1,84 %.

Enquêtes en vue

Le président du Parlement européen, Antonio Tajani, a annoncé lundi que les députés européens allaient enquêter sur l'utilisation éventuellement abusive de ces données, ajoutant que ces allégations constituaient « une violation inacceptable du droit à la vie privée de nos citoyens ».

Aux États-Unis, certains membres du Congrès avaient déjà exprimé leurs craintes la veille quant à une éventuelle violation de la vie privée à la suite de ces informations.

« Il est clair que ces plateformes ne savent pas s'autodiscipliner », a dit la sénatrice démocrate Amy Klobuchar sur son compte Twitter.

Lundi, le sénateur républicain John Kennedy s'est rallié à sa collègue démocrate pour appeler le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, à témoigner devant le Congrès.

Dans une lettre commune, les deux sénateurs ont demandé au président de la Commission des affaires judiciaires du Sénat, Chuck Grassley, d'auditionner M. Zuckerberg, ainsi que les patrons de Google et de Twitter, une initiative qui reflète la montée d'un front bipartite à Washington sur la façon dont ces sociétés utilisent les données privées.

Informations préoccupantes

« Nous pensons que cet épisode est un nouveau signe des problèmes systémiques de Facebook », dit Brian Wieser, analyste chez Pivotal Research Group.

Pour Brian Wieser, les risques que les régulateurs intensifient leur surveillance augmentent et l'utilisation des données à des fins publicitaires deviendra plus risquée. Mais il ajoute que cela ne devrait probablement pas avoir un impact significatif sur les activités actuelles de la société, les annonceurs étant sans doute peu enclins « à réorienter soudainement leurs investissements sur la plateforme ».

« Cet épisode est susceptible d'entacher à nouveau et plus sérieusement l'image du groupe et pourrait conduire les régulateurs à renforcer leur surveillance », estime de son côté Petr Stabler, analyste chez Wells Fargo.

Daniel Ives, analyste chez GBH Insights, estime que Facebook pourra apaiser l'inquiétude des régulateurs en investissant notamment dans la sécurité et en améliorant ses algorithmes.

Facebook a déclaré vendredi avoir appris en 2015 qu'un professeur de psychologie de Cambridge University avait menti à la société et violé ses règles en transférant des données à Cambridge Analytica pour une application de tests psychologiques qu'il avait créés.

Le réseau a suspendu les sociétés et chercheurs concernés, tout en ajoutant que les données avaient subi un usage détourné, mais n'avaient pas été volées, les utilisateurs ayant donné leur autorisation à leur consultation.

Cambridge Analytica et son patron n'étaient pas disponibles dans l'immédiat pour commenter ces informations lundi.

Le Bureau britannique du Commissaire à l'Information (ICO) a fait savoir au cours de la fin de semaine qu'il inclurait ces nouveaux éléments potentiels dans sa propre enquête civile et pénale pour savoir si des données Facebook ont été abusivement utilisées dans le cadre des élections britanniques.

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