•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le nombre d'experts en reconnaissance de drogues toujours insuffisant selon les chefs de police

Un conducteur consommant du cannabis au volant.

Un conducteur derrière le volant avec un sachet de cannabis dans les mains

Photo : Radio-Canada / Pascal Coudé

Radio-Canada

À quelques mois de la légalisation du cannabis, les chefs de police du pays sont préoccupés par les répercussions sur la sécurité routière. Ils rappellent qu'il manque toujours des centaines d'experts en reconnaissance des drogues au pays. Les efforts de formation se sont intensifiés, mais les ressources sont inégales d'une province et d'un territoire à l'autre.

Un texte de Louis Blouin, correspondant parlementaire à Ottawa

Selon l'Association canadienne des chefs de police (ACCP), le Canada a besoin de 2000 policiers spécialement formés comme experts en reconnaissance des drogues. Il n'y en avait que 665 en février, et Ottawa ne prévoit en former que 500 de plus d'ici les cinq prochaines années.

Les efforts de formation se sont accélérés. L'École nationale de police à Nicolet compte en former 36 cette année, trois fois plus que l'an passé. La Gendarmerie royale du Canada met aussi les bouchées doubles. Cependant, le compte n'y est toujours pas.

Le président de l'ACCP craint une augmentation des cas de conduite avec facultés affaiblies après la légalisation et réclame les effectifs nécessaires pour y faire face. Mario Harel considère que le changement, prévu cet été, laisse peu de temps aux policiers pour se préparer.

Clairemenent, dès le début on a dit, ça va être très serré. Il va nous manquer de temps pour être à la hauteur.

Mario Harel, président de l'ACCP

En ce moment, ces agents évaluateurs jouent un rôle-clé pour bâtir la preuve contre un automobiliste soupçonné d'avoir consommé de la drogue.

M. Harel assure que le manque d'agents évaluateurs n'entraîne pas l'abandon d'accusations, mais qu'il peut causer des problèmes logistiques. Des experts pourraient être forcés de se présenter au travail en faisant des heures supplémentaires, ou un agent évaluateur d'un autre corps policier pourrait être appelé en renfort, causant des délais.

Cette situation n'est pas idéale, puisque l'effet du cannabis peut s'estomper rapidement.

Portrait inégal

Le président de l'ACCP affirme que la répartition des experts est inégale à travers le Canada. « Il y a peut-être des régions qui n'ont pas suffisamment d'experts en reconnaissance de drogues ou qui n'en ont pas du tout. Ça peut occasionner certains défis », souligne-t-il.

Le nombre d'experts varie beaucoup d'une province à l'autre. Le Nunavut, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon ne comptent qu'un seul expert dans leurs compétences respectives.

Que fait un agent évaluateur?

Les experts en reconnaissance de drogues mènent une analyse approfondie en 12 étapes, qui contribue à identifier la drogue consommée par un conducteur et en établir l'effet sur ses facultés.

Ce test mené au poste de police comprend plusieurs vérifications touchant l'équilibre, la coordination et des observations comme la taille des pupilles et leur réaction à la lumière, par exemple.

Leurs constatations sont appuyées par l'analyse d'une substance corporelle comme l'urine.

Une policière en formation pour devenir experte en reconnaissance de drogue en compagnie de son instructeur et d'un comédien à l'École nationale de police du Québec à Nicolet. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La policière Marie-Michèle Carré de la Sûreté du Québec en compagnie de son instructeur Michel Guimont et un comédien pendant une formation d'expert en reconnaissance de drogues.

Photo : Radio-Canada / Jean Brousseau

Du nouveau après la légalisation

Après la légalisation, un outil de détection salivaire s'ajoutera à l'arsenal des policiers. Ce dispositif sera utilisé en bordure de la route pour détecter la présence de drogues dans le système d'un automobiliste.

S'ils ont des motifs raisonnables, les policiers pourront aussi réclamer un échantillon sanguin. Ottawa va fixer une limite de THC dans le sang pour simplifier la mise en accusation d'un conducteur. Le test en 12 étapes des agents évaluateurs devrait être maintenu afin d'étoffer la preuve contre un automobiliste.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Drogues et stupéfiants

Société