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  • Envoyée spéciale
  • Arabie saoudite : le pari du prince Mohammed ben Salmane

    Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors d'une réunion avec d'autres membres du gouvernement britannique et des ministres et délégués saoudiens au 10 Downing Street le 7 mars 2018 à Londres, en Angleterre.

    Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, a apporté au pays des changements de grande ampleur en faveur d'un islam plus libéral.

    Photo : Getty Images / Dan Kitwood

    Radio-Canada

    Donald Trump reçoit mardi le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, l'occasion pour le président des États-Unis de se positionner sur les spectaculaires changements introduits dans le royaume sunnite.

    Une dizaine de mois après leur dernier face-à-face, à Riyad, les deux hommes devraient évoquer les transformations profondes intervenues depuis en Arabie saoudite, à l’interne comme à l’externe : autorisation de conduire pour les femmes, purges sans précédent menées au nom de la lutte anticorruption, guerre au Yémen, bras de fer avec le Qatar.

    Mohammed ben Salmane, le prince héritier saoudien, veut moderniser le pays, aux prises avec une économie qui stagne et une jeunesse en quête de davantage de liberté.

    Le prince a récemment démontré ses intentions pour une plus grande ouverture sociale face aux attentes des jeunes Saoudiens. Il a déjà annoncé que des concerts de musique et que certaines autres formes de spectacles pourront aussi prendre l'affiche en 2018.

    Les projections commerciales de films, qui avaient été abolies en Arabie saoudite dans les années 1980, alors que le pays était soumis à une vague d'ultraconservatisme, seront de nouveau autorisées sous peu.

    Nommé prince héritier en juin 2017 par son père le roi Salmane, Mohammed ben Salmane a l'intention de vendre sa « vision 2030 » qui consiste à bâtir une économie moins dépendante du pétrole afin d’attirer des investissements étrangers.

    En entrevue à l'émission Désautels le dimanche depuis Riyad, Marie-Eve Bédard, correspondante de Radio-Canada au Moyen-Orient, a dit avoir rencontré une femme saoudienne qui a appris le français lors de déplacements hors de son pays, mais qui ne pouvait pas se servir de cette connaissance jusqu’à tout récemment. Cette femme se réjouit de voir tous ces changements survenir, a ajouté Marie-Eve Bédard.

    « Tout va devenir très très bien, avec notre gouvernement jeune, les femmes ont commencé à travailler, ça, c’est le commencement, et après, quelque chose de mieux va venir [...] nous sommes sur la bonne route », explique Rachida Al Sharif.

    Importante vague de répression

    Malgré les avancées, les mesures de changements mises en place s’accompagnent également d’une vague de répression. Un exemple récent est celui de l’arrestation massive de suspects pour lutter contre la corruption.

    Dans le cadre de cette campagne anticorruption lancée le 4 novembre, 56 des 381 suspects interrogés sont toujours détenus.

    L'opération a été considérée comme étant un moyen pour le prince héritier Mohamed ben Salmane de consolider son pouvoir.

    Un homme d'affaires ayant signé un accord avec les autorités s'est ainsi vu retirer plusieurs millions de dollars de son compte bancaire.

    Un ancien haut responsable a consenti à céder sa propriété de titres pour un montant de 1,4 milliard de dollars canadiens (quatre milliards de rials).

    Selon les accords conclus avec certains suspects, les autorités ont annoncé pouvoir récupérer près de 107 milliards de dollars canadiens (plus de 400 milliards de rials), remboursés sous forme d’avoirs immobiliers, commerciaux, en titres et en espèces.

    Avec les informations de Agence France-Presse

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