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  • Envoyée spéciale
  • Vladimir Poutine réélu pour un quatrième mandat

    Le reportage de notre envoyée spéciale Alexandra Szacka

    Après une campagne électorale sans suspense, les Russes étaient appelés aux urnes ce dimanche. Le président Vladimir Poutine a été réélu haut la main pour un quatrième mandat qui le maintiendra à la tête du pays jusqu'en 2024.

    Selon les résultats annoncés par la Commission électorale après le dépouillement de 99,80 % des bulletins de vote, Vladimir Poutine remporte la présidentielle avec 76,67 % des voix, lui qui était déjà crédité de 70 % des intentions de vote.

    Il sera donc porté à la présidence jusqu’en 2024, près de 25 ans après avoir succédé à Boris Eltsine, et bat ainsi son score réalisé aux élections de 2012.

    La participation s'est élevée à 67,4 %, soit un peu en deçà de l'objectif de 70 % que s'était fixé le président.

    Au total, environ 117 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes.

    Poutine, président éternel?

    À la fin de son mandat en 2024, Vladimir Poutine aura 71 ans. La Constitution limitant la présidence à deux mandats successifs, il devra alors démissionner, comme il l'a fait en 2008 après deux mandats de quatre ans. La durée du mandat présidentiel est passée de quatre à six ans en 2012.

    Vladimir Poutine a plaisanté à propos d'une question qui lui était posée sur l'éventualité d'un nouveau mandat après 2024. Cette question est « amusante », a-t-il dit.

    « Comptons. Quoi, vous pensez que je vais rester [au pouvoir] jusqu'à ce que j'aie cent ans? », a lancé le président.

    Détermination renforcée

    Les partisans du président sortant ont vu dans sa nouvelle victoire une justification de sa position très ferme vis-à-vis de l'Occident.

    « Aux États-Unis et en Grande-Bretagne, ils ont compris qu'ils ne pouvaient pas influencer nos élections », a déclaré Igor Morozov, un parlementaire membre du Conseil de la Fédération, la chambre haute du Parlement, qui était interrogé à la télévision publique.

    « Nos citoyens comprennent dans quelle situation la Russie se trouve aujourd'hui. »

    Des tests de sang pour attirer les électeurs

    Dans cette campagne sans suspense, le principal objectif du Kremlin aura été de convaincre les électeurs d’aller voter, notamment la « génération Poutine » qui n’a jamais connu le pouvoir sans Vladimir Poutine.

    Pour attirer la population vers les urnes, le gouvernement russe a mis en place plusieurs mesures.

    Des analyses oncologiques et des tests de sang, afin de dépister des cancers, ont été proposés gratuitement aux électeurs, à proximité du lieu de vote. « Les gens se pressaient par dizaines pour faire ces analyses », rapporte notre correspondante à Moscou, Alexandra Szacka.

    Dans d'autres bureaux de vote, de la nourriture, des coupons de réduction et des billets de concert ont été distribués. Il était également possible de participer à des concours pour gagner des voitures.

    Des citoyens réalisent des prises de sang.Des prises de sang sont proposées gratuitement aux citoyens russes qui se rendent dans les bureaux de vote. Photo : Radio-Canada / Alexandra Szacka

    Campagnes massives d'information

    De manière générale, les autorités russes ont mené des campagnes massives d'information et d'incitation au vote. Le vote hors du lieu de résidence a été facilité. Selon plusieurs médias, une pression a également été exercée sur les fonctionnaires et les étudiants pour aller aux urnes.

    Des militants de l'opposition ont fait par exemple état, dimanche, d'électeurs amenés en bus dans les bureaux de vote par la police.

    Déclaré inéligible à cette élection en raison d'une condamnation pour fraude, Alexeï Navalny, le principal opposant de Vladimir Poutine, a diffusé dès dimanche matin une vidéo qu'il a présentée comme montrant un bourrage d'urne dans un bureau de vote en Extrême-Orient, sur lequel la Commission électorale a promis d'enquêter. Les partisans de l'opposant ont pour leur part dénoncé des entraves au travail des observateurs.

    Golos, une organisation non gouvernementale russe spécialisée dans la surveillance des élections, a quant à elle répertorié, à 12 h 45 UTC, 2033 cas d'irrégularités tels que bourrages d'urne, votes multiples ou entraves au travail des observateurs.

    Un électeur russe pose devant les photos des candidats à l'élection présidentielle.Vadim Chaika, un citoyen russe de 22 ans, a voté pour la première fois. Mais il affirme ne pas avoir voté pour Vladimir Poutine. Photo : Radio-Canada / Alexandra Szacka

    Nombreuses critiques pour le président Poutine

    La dernière semaine n’aura pas été de tout repos pour le président Poutine, qui a été la cible de nombreuses critiques.

    Accusé par Londres d’avoir « ordonné » l’empoisonnement d’un ex-agent double en Angleterre, attaqué à l’ONU pour son soutien à Bachar al-Assad en Syrie, confronté à de nouvelles sanctions américaines pour l’ingérence dans l’élection de Donald Trump, Vladimir Poutine n’a cependant pas bronché et a continué sa campagne.

    Il faut dire qu’il n’y a pas vraiment eu d’opposition dans cette campagne. Son plus proche rival, le candidat millionnaire du Parti communiste, Pavel Groudinine, ne recevait que 7 % des voix dans les intentions de vote. S'il n'a pas hésité à critiquer certaines politiques du Kremlin, Groudinine n'a jamais attaqué de front le président russe.

    Vladimir Poutine, lui, n’a pratiquement pas fait campagne et a refusé tous les débats.

    Le vote en Crimée dénoncé

    Ce scrutin s'est également tenu en Crimée, quatre ans après la ratification du rattachement de la péninsule ukrainienne à la Russie. Celui-ci a été décidé à l'issue d'un référendum jugé illégal par Kiev et les Occidentaux.

    En représailles à la tenue de la présidentielle en Crimée, Kiev a décidé de bloquer le vote des électeurs russes résidant en Ukraine. Des dizaines de policiers, ainsi que des militants nationalistes, ont ainsi bloqué dimanche l'accès aux consulats russes dans plusieurs grandes villes du pays.

    Des manifestants ukrainiens sont debout devant des affiches montrant le conflit en Crimée.Des manifestants nationalistes ukrainiens se sont rassemblés dimanche à Kiev, devant l'ambassade russe, pour dénoncer le rattachement de la Crimée à la Russie. Photo : Reuters / Valentyn Ogirenko

    La France a déjà indiqué qu'elle ne reconnaissait pas cette élection en Crimée. « Quatre ans après l'annexion illégale de la République autonome de la Crimée et de Sébastopol, la France reste fermement attachée au plein rétablissement de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine dans ses frontières internationalement reconnues », a déclaré le ministère des Affaires étrangères.

    Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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