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Vladimir Poutine, une détermination présidentielle aux accents tsaristes

Des participants à une manifestation en faveur du président russe Vladimir Poutine.

Après 18 ans au pouvoir, la popularité de Vladimir Poutine ne se dément toujours pas en Russie.

Photo : Reuters / Maxim Shemetov

Radio-Canada

Déjà considéré comme étant réélu avant même que ne débute officiellement l'élection présidentielle de dimanche, Vladimir Poutine est depuis longtemps un animal politique aux commandes des plus hautes sphères du pouvoir. Retour sur la carrière de l'homme fort de la Russie.

Crédité d'intentions de vote frôlant les 70 %, soit 10 fois les résultats présumés de son plus proche adversaire, Vladimir Poutine dirige la Russie d'une main de fer depuis 18 ans. Selon les analystes, il pourrait remporter, sans coup férir, un quatrième mandat à la présidence de la Russie.

S'il complète ce nouveau mandat, l'ancien officier du KGB soviétique, mais aussi ex-dirigeant du FSB, son successeur après l'effondrement de l'URSS, aura passé près d'un quart de siècle à la tête du pays.

Ce faisant, il établira un record de longévité au Kremlin, uniquement dépassé en ce sens par le défunt dictateur Joseph Staline.

À 65 ans, Vladimir Poutine est considéré par bon nombre de ses concitoyens comme l'homme de la situation, capable de défendre les intérêts russes contre l'ingérence occidentale. Une approche qu'il a d'ailleurs adoptée depuis les tout débuts de son aventure présidentielle.

  • Mars 2000

Catapulté à la présidence russe à la suite de la démission surprise de son prédécesseur, Boris Elstine, Vladimir Poutine arrive au Kremlin après avoir recueilli 53 % des votes. Il procède rapidement à une réorganisation en profondeur de la structure administrative du territoire russe, remplaçant les 89 régions et les sept républiques russes d'antan par sept districts fédéraux dont il nomme directement les représentants.

Il s'attelle par ailleurs à restreindre le pouvoir des oligarques, ces hommes d'affaires et autres riches ayant mis la main sur des pans de la société et de l'économie russe dans la foulée de l'effondrement de l'Union soviétique. Ceux-ci, peu appréciés de la population, entretenaient toutefois divers médias, qui seront tour à tour fermés par le Kremlin.

  • Mars 2008

Se trouvant dans l'impossibilité de faire campagne pour tenter d'obtenir un troisième mandat présidentiel consécutif, en raison d'une disposition constitutionnelle, Poutine échange sa place avec son premier ministre Dmitri Medvedev. Si celui-ci gagne en assurance au cours de son mandat, bien nombreux sont ceux qui estiment que c'est l'ex-président, devenu premier ministre le temps d'un mandat, qui continue de tirer les ficelles.

  • Septembre 2011

Medvedev annonce qu'il ne se représentera pas pour un deuxième mandat à la présidence, cédant du même coup sa place à son prédécesseur. En décembre de la même année, la découverte de très nombreuses irrégularités survenues lors des élections parlementaires – au cours desquelles le parti au pouvoir, Russie unie, est désigné «  gagnant  » – provoque un fort mouvement de protestation, compliquant la course électorale de Vladimir Poutine. Celui-ci finit toutefois par gagner en mars 2012. L'un de ses premiers gestes? Choisir Medvedev comme premier ministre.

L'organisatrice de l'exposition « Superpoutine » devant certaines des oeuvres exposées.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La popularité de Vladimir Poutine s'est transposée dans la culture populaire, comme ici, pour l'exposition « Superpoutine », mise sur pied par l'étudiante Ioulia Diouzheva.

Photo : Reuters / Sergei Karpukhin

  • Août 2013

Dans un éditorial publié dans le New York Times, Poutine presse le président américain d'alors, Barack Obama, de ne pas intervenir militairement en Syrie, à la suite d'une attaque au gaz menée par le régime de Damas qui est soutenu par le Kremlin. Cette démarche, combinée à l'éventuel accord conclu entre Washington et Moscou pour détruire l'arsenal chimique syrien, contribue à renforcer la position du président russe sur la scène internationale.

  • 2014

Confronté à la chute de son ancien allié Victor Ianoukovitch, président ukrainien déchu renversé par un mouvement populaire, l'homme fort du Kremlin dépêche rapidement des troupes pour soutenir les rebelles de l'Est ukrainien. L'armée russe, épaulée par ces rebelles, s'empare en mars de la Crimée, une région rattachée à la Russie jusque dans les années 1950. Le président russe s'empresse de signer un traité affirmant que la région a toujours fait partie du territoire national, dans la foulée d'un référendum organisé au sein de la zone occupée.

En réaction à cette première conquête territoriale en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, les chancelleries occidentales imposent diverses sanctions contre des personnalités et des entreprises russes, renforçant du même coup la détermination de Poutine.

  • 2015

Triomphe pour Vladimir Poutine dans son rôle de médiateur de la guerre en Ukraine : les parties impliquées dans le conflit se rencontrent en février à Minsk, en Biélorussie, pour signer un plan de paix en 12 points devant mettre fin au conflit. La violence n'arrêtera toutefois pas complètement, et reprend en fait de plus belle quelques semaines plus tard.

En septembre, le président russe prononce une allocution devant l'Assemblée générale des Nations unies, allocution dans le cadre de laquelle il dépeint la Russie comme une puissance mondiale, tout en parlant des États-Unis et de l'OTAN comme autant de menaces envers la sécurité mondiale. Deux jours plus tard, l'armée russe entame des opérations de combat dans le cadre de la guerre civile faisant alors rage en Syrie depuis déjà quatre ans.

Prétextant cibler les forces du groupe armé État islamique, Moscou vise rapidement tous les opposants au président syrien Bashar Al-Assad.

Parallèlement à ces excursions militaires à l'extérieur du pays, le détracteur le plus connu de Poutine à l'époque, Boris Nemtsov, est abattu à quelques pas du Kremlin, peu de temps après s'être prononcé contre l'intervention russe en Ukraine. Un meurtre imputé au président, selon ses détracteurs.

Offensive tous azimuts

L'assassinat de Boris Nemtsov s'inscrit dans une mouvance où la Russie, sous Vladimir Poutine, est accusée d'agir franchement et bien souvent violemment pour asseoir son pouvoir sur la scène internationale. En 2006, déjà, l'ancien agent de renseignements Alexander Litvinenko est mortellement empoisonné au polonium-210 au Royaume-Uni. Une enquête publique britannique de 2016 fera état de la « forte probabilité » que le président russe soit impliqué dans cet assassinat.

De son côté, Alexeï Navalny, un autre opposant, a vu ses démarches politiques entravées : son parti a été fermé par les tribunaux, et l'homme lui-même, entre autres populaire pour ses vidéos sur la corruption des élites russes, a été arrêté à de nombreuses reprises.

M. Navalny a d'ailleurs été empêché de se présenter à la présidentielle de 2018 en raison d'une décision juridique qu'il affirme être politique.

Vladimir Poutine visitant un centre de tir, à Moscou.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Vladimir Poutine a fréquemment projeté une image d'homme fort.

Photo : Reuters / Itar Tass

  • 2016, l'année de l'ingérence aux États-Unis

Ayant fait pencher l'équilibre de la guerre en Syrie du côté du régime de Damas, la Russie de Vladimir Poutine tourne le regard vers les États-Unis, l'éternel rival. Des équipes d'internautes payés par l'État inondent les réseaux sociaux de « mèmes » et de publicités visant à alimenter la discorde au sein du public américain, déjà divisé entre un Parti républicain où mène l'homme d'affaires Donald Trump, et un Parti démocrate où se déroule un combat fratricide entre le « socialiste » Bernie Sanders et la démocrate de la vieille école, Hillary Clinton.

Des pirates payés eux aussi par Moscou s'emparent de courriels internes du Parti démocrate et les coulent sur le site WikiLeaks. Donald Trump et son équipe de campagne sautent sur l'occasion pour tenter de torpiller la campagne de Mme Clinton.

  • 2017

Après le succès de la campagne aux États-Unis, et après l'élection de Donald Trump à la Maison-Blanche, la Russie tente de répéter son exploit dans le cadre d'autres élections d'envergure, y compris en France. Vladimir Poutine a toujours nié l'implication de son gouvernement dans une série de piratages et de campagnes de désinformation sur les médias sociaux.

Confronté à une économie en berne en sol national – entre autres des suites des sanctions imposées par l'Occident –, Vladimir Poutine joue davantage la carte de la défense de la mère patrie contre les influences extérieures, surtout en provenance de l'Ouest.

Le coup de dés réussit : le président russe est toujours aussi populaire. Ses opposants sont muselés ou sont si peu connus qu'ils ne représentent pas une menace.

Le 6 décembre, il annonce qu'il briguera un quatrième mandat présidentiel lors de l'élection de mars 2018.

  • 2018

L'année 2018 débute comme se terminait 2017 : le président russe, particulièrement populaire, a peu de crainte à avoir quant à son maintien à la tête de l'État. Un faible taux de participation est la seule chose que redoute le Kremlin après Navalny eut appelé les Russes à boycotter l'élection.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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