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  • Exclusif
  • La Ville de Rimouski a versé des subventions à plus de 200 organismes en 5 ans

    Un chèque

    La Ville de Rimouski a versé des subventions à plus de 200 organismes entre 2013 et 2017.

    Photo : iStock

    Radio-Canada

    La décision du conseil municipal de Rimouski de sabrer dans les subventions de quatre organismes communautaires en santé a plongé la Municipalité dans un débat sur la distribution de son financement. Pour y voir plus clair, Radio-Canada a fait une demande d'accès à l'information et a obtenu un document qui démontre que la Ville a versé des subventions à plus de 200 organismes en cinq ans.

    Un texte d’Édith Drouin

    La Ville de Rimouski dit avoir versé 2,3 millions de dollars de subventions en 2017. Elle ajoute à cela un financement indirect d’environ 1,5 million de dollars pour diverses faveurs, comme des prêts de locaux et d’équipements.

    De la culture, au sport en passant par le tourisme, les subventions sont nombreuses. Même plus nombreuses qu'ailleurs, selon la professeure associée à l'École des sciences de la gestion de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), Danielle Pilette.

    La Ville de Rimouski, en pourcentage, est beaucoup plus généreuse que la plupart des autres villes ou des autres capitales régionales.

    Danielle Pilette, professeure associée à l'École des sciences de la gestion de l'UQAM

    Une générosité qui reste toutefois dans les moyens de la Ville, puisque cette dernière est en « très bonne santé financière », selon la professeure.

    Rimouski a donc pu verser des subventions à de multiples organismes entre 2013 et 2017. Dans la liste fournie par la Municipalité, on retrouve, par exemple, le Conservatoire de musique de Rimouski, la Marina de Rimouski, le Musée régional, Ambulance Saint-Jean, Moisson Rimouski-Neigette, l’Archevêché de Rimouski, la Jeune Chambre de Rimouski, le Centre polyvalent des Aînés de Rimouski-Neigette, le Club de voitures anciennes Le Fiacre, l’Association des cimetières chrétiens du Québec, le Syndicat des agricultrices et de nombreux autres.

    La plus petite subvention, de 30 $, a été versée au Cercle des fermières de Pointe-au-Père et la plus grande, de 250 000 $, à la Fondation de l’UQAR.

    Organismes qui ont reçu des subventions de 50 000 $ et plus en 2017

    • Fondation de l’UQAR : 250 000 $
    • Société rimouskoise du Patrimoine : 100 865 $
    • Fondation du Centre de recherche sur les biotechnologies marines : 100 000 $
    • Corporation d'aménagement des espaces verts : 100 000 $
    • Club de Hockey l’Océanic : 90 000 $
    • Musée régional de Rimouski : 85 750 $
    • Spect'Art : 85 000 $
    • Les Grandes Fêtes TELUS : 60 000 $

    La subvention la plus élevée, celle à la Fondation de l’UQAR, sera renouvelée chaque année jusqu’en 2021. Les fonds proviendront de diverses enveloppes. 100 000 $ seront puisés à même la réserve des imprévus de la Ville de Rimouski, 100 000 $ proviendront de la réserve du conseil et le reste, des fonds dédiés aux subventions.

    L’entente de la Ville avec le club de hockey l’Océanic prendra fin en 2018. Le maire, Marc Parent, affirme toutefois qu’elle sera renouvelée et qu’une rencontre est prévue sous peu pour en négocier les termes.

    Mettre de l’ordre dans le système d’attribution des subventions

    La Ville reçoit de plus en plus de demandes de subventions, selon le maire de Rimouski. Marc Parent affirme que le conseil municipal a reçu des demandes de financement additionnelles de près de 600 000 $ depuis le début de l’année.

    Il admet que le conseil municipal a parfois de la difficulté à prendre des décisions éclairées en l’absence d’une politique claire d’attribution des subventions.

    Il y a énormément de critères qui existent et nous, les élus, au moment de prendre la décision, souvent, on n'a pas le portrait global de la situation.

    Marc Parent, maire de Rimouski

    Il précise que la Municipalité se fie généralement à deux critères généraux : la mission municipale et la précarité financière des organismes qui demandent du financement.

    Une politique d’attribution des subventions devrait toutefois voir le jour en 2019, selon Marc Parent. La Ville a demandé à son service des loisirs d’élaborer des critères objectifs pour l’attribution des subventions, et à une firme extérieure de se renseigner sur les façons de faire des autres municipalités.

    Selon Danielle Pilette, les subventions accordées par la Ville de Rimouski semblent toutes conformes aux pouvoirs attribués par la Loi sur les compétences municipales.

    Pas une subvention, mais un investissement

    Interrogé sur la raison d’être de différentes subventions accordées par la Ville, le maire de Rimouski a martelé que les 250 000 $ versés à la Fondation de l’UQAR doivent être perçus comme un investissement.

    « Un étudiant étranger qui vient s’inscrire à l’Université du Québec à Rimouski dépense en moyenne 15 000 $ par année dans la communauté. 75 % des étudiants inscrits à l’UQAR vont choisir de s’établir à Rimouski », a-t-il expliqué.

    Le maire de Rimouski, Marc Parent

    Marc Parent lors d'une entrevue sur ses 100 premiers jours à la mairie de Rimouski depuis l'élection de novembre 2017

    Photo : Radio-Canada

    Marc Parent ajoute qu’historiquement, la Ville a alterné ses dons entre l’université et le cégep. Entre 2016 et 2017, la subvention allouée à la Fondation du Cégep de Rimouski a chuté de 50 000 $ à 25 000 $, alors que celle de l’UQAR a bondi de 20 000 à 250 000 $.

    La professeure Danielle Pilette explique que les contributions des villes à des fondations universitaires servent normalement à soutenir des projets de recherche qui sont en lien avec les compétences municipales.

    Elle indique toutefois que la présence d’une université à Rimouski amène son lot de retombées. « Ça permet d’avoir des scientifiques sur place qui vont résider, ça permet d’avoir des retombées pour les entreprises, ça permet de soutenir l’industrie des congrès, des colloques, des événements scientifiques et donc, l’industrie du tourisme. »

    Le hockey, la notoriété

    Pour justifier le montant versé au club de hockey l’Océanic, Marc Parent évoque la notoriété de l’équipe et toute l’attention médiatique qu’a générée la visite de Sidney Crosby à Rimouski en août dernier.

    La visibilité associée à la présence du club de hockey de l’Océanic est incontournable.

    Marc Parent, maire de Rimouski

    Il est d’ailleurs commun que les villes investissent dans leur club de hockey au Québec, explique Danielle Pillette. Elle évoque notamment les cas des Cataractes de Shawinigan et de l’Armada de Blainville-Boisbriand.

    La professeure explique qu’il s’agit d’une question de marketing territorial, mais que ce genre de financement a été remis en question dans certains mémoires déposés à l’occasion du projet de loi 122, au sujet des responsabilités municipales.

    Ça rapporte une certaine notoriété [...], mais est-ce que c'est la meilleure façon? Ça, c'est une question d'opportunité politique.

    Danielle Pilette, professeure associée à l'école des sciences de la gestion de l'UQAM

    Quant aux Grandes Fêtes Telus, le maire explique que l’événement a positionné Rimouski « sur la map » pour ce qui est des spectacles populaires et que ce genre d’événement comporte des risques financiers importants en cas de mauvaise température.

    Interrogé sur le critère de santé financière précaire privilégié par la Ville lors des demandes de subventions, Marc Parent a répondu que le conseil municipal avait évalué, l’an dernier, que la santé financière des Grandes Fêtes « justifiait un investissement de l’ordre de 60 000 $ ».

    Bas-Saint-Laurent

    Politique municipale