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Syrie : exode de civils fuyant deux fronts meurtriers

Des Syriens marchent dans la banlieue est de la capitale Damas le 17 mars 2018.

Les civils syriens évacuent la ville de Jisreen, dans le sud de la Ghouta orientale, en route vers les zones contrôlées par le gouvernement.

Photo : Getty Images / Stringer

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des milliers de civils fuient samedi pour échapper à la mort en Syrie où la guerre fait rage sur deux fronts, à Afrine, enclave kurde dans le nord-ouest du pays, et dans la Ghouta orientale, dernier fief rebelle aux portes de Damas.

Le régime syrien de Bachar al-Assad, soutenu par son allié russe, poursuit sans relâche ses bombardements sur les zones insurgées dans la Ghouta, qu'il assiège depuis 2013 et veut reprendre entièrement.

Au moins 37 civils, dont quatre enfants, ont été tués samedi par des raids aériens sur le fief rebelle, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Pour échapper aux pénuries, aux bombes et à la mort, plus de 20 000 personnes ont fui l'enclave samedi. Depuis jeudi, quelque 50 000 personnes ont été forcées à l'exode, d'après l'OSDH. Le ministère russe de la Défense a évoqué plus de 44 000 déplacés.

Les civils n'ont d'autre choix que de fuir vers les zones contrôlées par le régime, malgré la crainte de représailles pour certains.

Une femme soutient une personne âgée qui marche pour fuir la ville d'Afrine en Syrie.
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Des milliers de Syriens fuient la ville d'Afrine, dans le nord de la Syrie.

Photo : AFP/Getty Images / AFP Contributor

Sur un autre front

Un exode de civils est aussi en cours dans le nord-ouest du pays : plus de 200 000 personnes ont quitté depuis mercredi soir la ville d'Afrine, quasi encerclée par des forces turques et des rebelles syriens qui mènent depuis le 20 janvier une offensive contre une milice kurde syrienne.

Cette situation illustre la complexité actuelle du conflit syrien, qui a commencé avec la répression par le régime de manifestations prodémocratie, mais qui implique aujourd'hui des puissances étrangères.

Cette guerre, qui est entrée dans sa huitième année, a fait plus de 350 000 morts et des millions de déplacés et de réfugiés.

Un représentant de la principale formation de l'opposition en exil, Nasr al-Hariri, a condamné samedi l'inaction et le silence des Nations unies face aux « crimes » commis en Syrie.

Fort du soutien militaire de la Russie, le régime cherche à reprendre l'intégralité de l'enclave rebelle dans la Ghouta orientale, où ses forces ont lancé le 18 février une campagne aérienne d'une rare intensité.

Des familles marchent sur une route montagneuse, des bagages en main.
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Les civils fuient Afrine en prenant des routes montagneuses, en direction d'une zone contrôlée par le régime syrien.

Photo : AFP/Getty Images / AFP Contributor

Le bilan s'alourdit

Ces bombardements ont tué au moins 1400 civils, dont 274 enfants, selon l'OSDH.

Le régime a repris 70 % de l'enclave rebelle, désormais morcelée en trois secteurs.

La télévision d'État syrienne a filmé samedi le flot de civils qui continuent d'arriver en zone gouvernementale en provenance des secteurs rebelles de la Ghouta.

Ils ont avec eux leurs maigres possessions : des hommes avancent avec des baluchons sur les épaules, un père guide un vélo sur lequel est juché un petit garçon avec un sac de jute volumineux.

Des centres d'accueil improvisés ont été hâtivement préparés à la périphérie de Damas pour accueillir ces déplacés, notamment dans la localité d'Adra.

« On n'a pas d'endroit où dormir, pas de couvertures, les femmes et les enfants sont installés à même le sol », déplore Abou Khaled, 35 ans, qui a trouvé refuge dans une école transformée en abri temporaire.

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