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La SAQ n'a pas encore décidé si elle vendra les boissons alcoolisées sucrées

Des canettes dans un dépanneur.

Des boissons sucrées alcoolisées

Photo : Radio-Canada / Josée Guérin

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Société des alcools du Québec (SAQ) n'a toujours pas décidé si elle acceptera ou non de vendre des boissons alcoolisées sucrées dans ses succursales.

Une décision négative signifierait ainsi la fermeture complète du robinet pour ces produits, puisque Québec a décidé d'interdire leur vente dans les épiceries et les dépanneurs à la suite du décès accidentel de la jeune Athena Gervais, le 26 février dernier.

L'adolescente de 14 ans a été retrouvée trois jours plus tard gisant dans un ruisseau, après avoir apparemment fait une chute parce qu'elle était intoxiquée par une de ces boissons.

Le président et chef de la direction de la SAQ, Alain Brunet, a rappelé, vendredi, que le gouvernement a clairement indiqué qu'il s'agissait d'une décision commerciale et qu'il appartenait à la SAQ de décider si elle veut ou non vendre ces produits.

La SAQ attendra l'adoption de la réglementation

Rencontrant la presse à l'issue d'une allocution devant les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, M. Brunet a cependant averti qu'il ne prendrait aucune décision tant et aussi longtemps que Québec n'aurait pas présenté le projet de réglementation qu'il a annoncé et que cette réglementation ne serait pas adoptée à l'Assemblée nationale.

Plus encore, la SAQ, tout comme le gouvernement du Québec, attend les avis qui ont été demandés à Santé Canada, qui a autorité sur l'ensemble des produits de consommation alimentaire au pays.

Alain Brunet en a profité pour expliquer que tout le phénomène de production et de vente des boissons sucrées énergisantes à forte teneur en alcool était récent et avait évolué complètement en dehors de la sphère d'influence de la SAQ.

La Société des alcools n'a donc jamais soumis ces produits à ses évaluations chimiques ni à son contrôle de qualité.

Si jamais ces produits sont distribués par la SAQ, M. Brunet prévient les producteurs que les règles de commercialisation de la société d'État ne permettent d'aucune façon de s'adresser directement aux jeunes dans la mise en marché. De plus, la composition du produit devra répondre aux normes de la SAQ.

Black Tower et Harfang des Neiges

Devant les convives réunis à la Chambre de commerce, M. Brunet a présenté le bilan des dernières années pour démontrer qu'un monopole peut être efficace.

Le PDG a longuement insisté non seulement sur les résultats obtenus par la SAQ, qui livre depuis 2012 des dividendes annuels dépassant le milliard de dollars, mais aussi sur les gains de productivité, les réductions de dépenses et l'évolution du commerce vers le conseil au client, dont l'impact est évident.

Il a mentionné à cet effet qu'à son arrivée à la SAQ en 1981, l'expertise de son personnel n'avait rien à voir avec celle d'aujourd'hui, alors qu'il remplissait ses tablettes avec « du Black Tower et du Harfang des Neiges », deux vins blancs doux économiques et très populaires à l'époque.

Il a rappelé que le gouvernement du Québec avait initialement investi 30 millions de dollars en créant la « Commission des liqueurs du Québec » (l'ancêtre de la SAQ) en 1921, que l'État n'a pas injecté un sou supplémentaire depuis et qu'en plus de rapporter un énorme dividende, la SAQ n'a aucune dette.

Cet étalage de chiffres et de réalisations visait d'abord et avant tout à contrer le discours, souvent répandu dans les milieux d'affaires, en faveur de la privatisation de la Société des alcools.

M. Brunet a fait valoir que, si les directions successives de la SAQ avaient fait preuve d'incompétence, il serait justifié de lui demander « de remettre le ballon », mais il s'est dit convaincu, en fonction de ces résultats, que la SAQ avait « bien pris soin » de son domaine d'affaires.

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