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Les omnipraticiens préfèrent encore utiliser le télécopieur

Un télécopieur
Un télécopieur Photo: iStock / Chaowalit466
Radio-Canada

En moyenne, 80 % des omnipraticiens utilisent encore le télécopieur pour faire parvenir une ordonnance aux centres de répartition des demandes de services (CRDS), selon ce qu'a appris Radio-Canada. Pourtant, les 14 centres du Québec sont tous en mesure de recevoir les demandes de consultation de façon électronique.

Un texte de Mathieu Dion, correspondant parlementaire à Québec

Pour neuf spécialités médicales, il ne vous est plus nécessaire de faire parvenir vous-même une ordonnance par télécopieur afin d’obtenir un rendez-vous. Votre omnipraticien n’a qu’à remplir un formulaire électronique et à envoyer le tout à un CRDS qui priorise les demandes de référence.

Avant la fin de l’année 2017, l’envoi du formulaire se faisait par télécopieur le temps de développer le système, mais celui-ci a été entièrement informatisé depuis.

On est dans une situation classique de résistance au changement.

Gaétan Barrette, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec

L’une des raisons de cette « résistance » de la majorité des médecins de famille serait qu’ils doivent joindre eux-mêmes des documents aux demandes électroniques, soit des tests préalables à la consultation. Selon le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, « ils [les omnipraticiens] trouvent ça lourd de joindre des dossiers » et « voudraient que quelqu’un les joigne à leur place ».

Manipulations supplémentaires

Par exemple, pour une demande de consultation en neurologie, il faut joindre le rapport d’examen d’imagerie. Un omnipraticien qui refuse de faire parvenir la demande de façon électronique va tout simplement imprimer le formulaire électronique. Celui-ci sera remis à une tierce personne qui y joindra le rapport et enverra le tout par télécopieur au CRDS.

Une telle façon, nous indique le ministère de la Santé, exige des manipulations supplémentaires aux CRDS, de la réception du fax à la saisie de données.

Le ministre dit n’avoir qu’un pouvoir de « persuasion » pour inciter les omnipraticiens à effectuer ce virage numérique et demande à la Fédération des omnipraticiens du Québec (FMOQ) de bien communiquer le message à ses membres.

On m’a demandé des choses, j’ai livré, mais je n’ai pas encore vaincu.

Gaétan Barrette, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec

Un processus « plus ou moins fluide »

La FMOQ défend ses membres en indiquant que le processus pour produire une demande de consultation électronique est « plus ou moins fluide ».

Deux raisons sont invoquées, soit « l’habilité » et « l’adaptation au changement » des médecins de famille, et la présence de plusieurs fournisseurs de dossiers médicaux électroniques aux fonctionnalités différentes.

… pour être le plus efficient et productif possible, le médecin tente de se concentrer sur son expertise, celle d’évaluer et de traiter les patients. Toute autre activité pouvant être effectuée par un autre professionnel est un gage d’efficacité...

Jean-Pierre Dion, directeur des communications, FMOQ

Neuf spécialités de plus d’ici l’été

Présentement, les demandes de services électroniques peuvent se faire pour seulement neuf spécialités :

  • cardiologie
  • gastroentérologie
  • néphrologie
  • neurologie
  • ophtalmologie
  • orthopédie
  • pédiatrie générale
  • oto-rhino-laryngologie
  • urologie

Neuf autres spécialités, dont la dermatologie, la gynécologie-obstétrique et la psychiatrie, devaient initialement être ajoutées aux CRDS à l’hiver 2017, mais de nombreux problèmes de communication et de prise de rendez-vous ont mené à un report de plus d’un an.

Les travaux ont commencé il y a moins d'un mois afin d’ajouter ces spécialités d’ici le mois de juillet, aux dires du ministre. Il restera ensuite sept autres spécialités à intégrer au système.

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