•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Assassinats politiques attribués à Moscou : une longue liste de victimes

Des hommes vêtus d'une combinaison de protection.

Des intervenants d'urgence replacent une tente au-dessus du banc de parc où se sont effondrés Sergueï Skripal et sa fille à Salisbury, en Angleterre.

Photo : Getty Images / AFP / Ben Stansall

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La tentative d'assassinat par empoisonnement de l'ancien espion russe Sergueï Skripal le 4 mars dernier, en Angleterre, secoue les relations diplomatiques entre les capitales occidentales et Moscou. Ce n'est pourtant pas la première fois que l'État russe est soupçonné d'attenter à la vie de ses ressortissants en sol étranger.

Un texte de Vincent Champagne

Qu'ils soient d'ex-espions, des politiciens en exil ou des journalistes dont les enquêtes dérangent, les dissidents russes qui ont disparu, souvent empoisonnés, sont nombreux.

Empoisonnement au Novitchok, un agent neurotoxique

L’ex-espion Sergueï Skripal et sa fille Youlia se sont effondrés sur un banc de parc dans la petite ville de Salisbury, le 4 mars dernier.

L’homme de 66 ans aurait été empoisonné par un « agent innervant », ont déclaré les autorités britanniques, qui ont rapidement accusé Moscou d’être à l'origine de cette tentative d’assassinat.

Skripal a été accusé de « haute trahison » par la justice russe et condamné à 13 ans de prison, pour avoir vendu le nom d’agents secrets russes aux Britanniques. Après quatre ans de détention, il a été relâché, à l'occasion d’un échange de prisonniers entre Moscou, Londres et Washington.

Sergueï Skripal et sa fille se trouvent toujours à l’hôpital, dans un état critique. Un dénonciateur russe qui a aidé à développer l'agent neurotoxique en question, le Novichok, croit que leurs chances de survie sont minces.


Alexandre Litvinenko, tué au polonium 210

Alexandre Litvinenko sur son lit d'hôpital.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Alexandre Litvinenko sur son lit d'hôpital, quelques jours avant son décès suite à un empoisonnement.

Photo : EPA / Famille Litvinenko

L’un des assassinats par empoisonnement les plus médiatisés des dernières années est celui d’Alexandre Litvinenko, mort trois semaines après avoir ingéré une dose de polonium 210.

L’ex-espion russe, exilé à Londres, discutait affaires avec deux compatriotes dans un hôtel de la capitale, lorsqu’il a ingéré la substance hautement radioactive dans son thé. Quelques heures plus tard, il se tordait de douleur et était admis à l’hôpital, où il a agonisé pendant trois semaines.

Litvinenko avait fui la Russie en 2000 après avoir dénoncé la corruption du gouvernement de Vladimir Poutine et des services secrets russes.


Alexander Perepilichny, probablement tué par du gelsemium

L’homme d’affaires russe, exilé en Angleterre en 2009, est mort en novembre 2012, pendant qu’il faisait du jogging dans son quartier cossu. Même s’il était réputé pour avoir une très bonne santé, les autorités ont conclu à une crise cardiaque.

Perepilichny collaborait avec les autorités suisses en leur transmettant des preuves directes de corruption de dirigeants russes ayant utilisé des comptes secrets pour blanchir de l’argent.

Deux ans après son décès, une autopsie est menée à la demande de sa compagnie d’assurance. Des traces de gelsenium sont retrouvées dans son organisme, ouvrant la porte à la thèse de l’empoisonnement. Le gelsemium est tiré d’une plante très rare et peut causer des arrêts cardiaques.


Georgi Markov, tué par un parapluie empoisonné

Un parapluie exposé dans un musée.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une réplique du parapluie ayant servi à assassiné Georgi Marvov est présentée au Musée international de l'espionnage à Washington.

Photo : Getty Images / Mark Wilson

L’histoire de l’auteur Georgi Markov a frappé l’imagination de plusieurs, car elle est digne des plus grands romans d’espionnage.

En 1978, en pleine guerre froide, ce dissident bulgare de 49 ans attend un autobus sur un pont de Londres lorsqu’il ressent une piqûre aiguë à la jambe. Il vient de se faire piquer par un embout rempli de ricine, un poison hautement toxique. L’assassin avait placé la substance au bout d’un parapluie.

Markov est mort quatre jours plus tard. Il était « passé à l’ouest », fuyant le régime communiste et autocratique bulgare, qu’il avait plusieurs fois critiqué dans des interventions à la radio.


Empoisonné deux fois : il survit!

Vladimir Kara-Murza.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le militant Vladimir Kara-Murza a été victime de deux possibles tentatives d'assassinat par empoisonnement.

Photo : Getty Images / Drew Angerer

Le politicien d’opposition Vladimir Kara-Murza peut se vanter d’avoir survécu à deux probables tentatives d’assassinat par empoisonnement.

Leader d’un mouvement qui promeut la démocratie en Russie, il tente sans succès de se faire élire à la Douma en 2003 et continue par la suite à promouvoir un assainissement de la politique russe, tout en se faisant critique de Vladimir Poutine.

En mai 2015, il est soudainement malade après un repas. Il est conduit à l’hôpital, où l’on suspecte un empoisonnement après avoir découvert dans son sang des traces de métaux lourds.

Deux ans plus tard, au début 2017, les mêmes symptômes réapparaissent. Les médecins lui diagnostiquent une intoxication « par substances inconnues ». Plongé dans le coma artificiellement, il se rétablit en quelques semaines.

Selon ses médecins, il ne survivra pas à une troisième tentative d’empoisonnement si elle survient, ses défenses naturelles ayant été endommagées.


Des oligarques morts de manière suspecte

Boris Berezovsky.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Boris Berezovsky en 2004, devant des pancartes demandant la libération de son compatriote Mikhaïl Khodorkovsky.

Photo : Getty Images / AFP/Carl de Souza

Après la fin du régime communiste russe en 1991, de larges pans de l’économie nationale ont été repris par une poignée de gens d’affaires dans des opérations souvent nébuleuses et mafieuses.

Les nouveaux multimilliardaires de cette époque ont souvent soutenu les politiques en place, avant de les critiquer et de se retrouver dans des situations difficiles.

C’est le cas de Boris Berezovsky, qui a un temps possédé une fortune évaluée à plus de trois milliards de dollars, et qui faisait partie du cercle intime du président Boris Eltsine. Il contribue à l’accession de Vladimir Poutine au pouvoir, avant de tomber en disgrâce et de s’exiler à Londres.

Il est retrouvé pendu chez lui en mars 2013. S’il s’agit officiellement d’un suicide, plusieurs considèrent sa mort comme suspecte.

L’un de ses proches en affaires, le Géorgien Badri Patarkatsishvili, avait été retrouvé mort quelques années plus tôt dans son manoir anglais, apparemment victime d’une crise cardiaque. L’homme, qui s’était lui aussi enrichi avec la libéralisation de l’économie postcommuniste, avait reçu de nombreuses menaces de mort au fil des ans.

Badri Patarkatsishvili.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'homme d'affaires géorgien Badri Patarkatsishvili lors d'un rassemblement politique en 2007.

Photo : Getty Images / AFP/Zviad Nikolaishvil

L’ex-oligarque Mikhaïl Khodorkovski, qui a dirigé la géante pétrolière Yukos, s'est confronté au Kremlin, ce qui lui a valu des poursuites et une condamnation à la prison. Il a été libéré après huit ans d’incarcération.

Plus récemment, un ancien vice-président de la ligne aérienne Aeroflot, Nikolaï Glouchkov, a été retrouvé sans vie dans sa résidence en périphérie de Londres. Scotland Yard traite cette affaire comme un meurtre.

Une journaliste qui dérange

Une femme tient une photo d'Anna Politkovskaïa.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une manifestation en hommage à Anna Politkovskaïa à Paris en octobre 2008

Photo : Getty Images / AFP/Olivier Laban-Mattei

Une autre histoire qui a fait grand bruit dans le monde est celle de la journaliste Anna Politkovskaïa, assassinée à Moscou en octobre 2006, à l’âge de 48 ans.

La journaliste avait couvert la guerre de Tchétchénie, en dénonçant notamment les violations aux droits de l’homme dont elle était témoin.

Deux ans plus tôt, Anna Politkovskaïa avait été victime d’une tentative d’assassinat par empoisonnement, à laquelle elle avait survécu.

L’un de ses avocats, Stanislav Markelov, a été assassiné en pleine rue trois ans plus tard.

Avec les informations de Washington Post, Newsweek, et The Independant

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !