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Poutine devrait remporter l'élection présidentielle, mais les Russes iront-ils voter?

Vladimir Poutine se tient debout sur une scène, micro à la main. Devant lui, un parterre rempli de jeunes qui tiennent leur téléphone portable bien haut pour pouvoir le prendre en photo.

Le président Vladimir Poutine s'est adressé jeudi à la jeunesse russe, auprès de qui il est particulièrement populaire. Les élections présidentielles ont lieu ce dimanche en Russie.

Photo : epa-efe / ALEXEI DRUZHININ / SPUTNIK / KRE

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les élections présidentielles auront lieu ce dimanche en Russie. Quelque 109 millions de Russes doivent se rendre aux urnes. Il serait toutefois surprenant que Vladimir Poutine, au pouvoir depuis l'an 2000, ne soit pas facilement réélu pour un autre mandat de six ans.

Un texte d’Alexandra Szacka, de notre bureau de Moscou

Après avoir été choisi comme son successeur par Boris Eltsine, Vladimir Poutine, ex-colonel du renseignement soviétique et brièvement grand patron des services secrets russes, s’impose rapidement comme une figure incontournable.

Élu président deux fois, il redevient premier ministre pour quatre ans alors qu’il cède sa place au Kremlin à un intime, Dmitri Medvedev, en 2008. Ce jeu de chaises musicales lui donne la chance de contourner la Constitution, qui n’autorise pas plus de deux mandats consécutifs.

Aujourd’hui, la popularité de Vladimir Poutine frise les 80 %. Plus encore, chez les jeunes de 18 à 24 ans qui n’ont pas connu d’autres chefs d’État que lui, il va chercher 86 % d’appuis.

« Je ne crois pas aux promesses des autres candidats. Ils ne sont pas assez forts émotionnellement. Vladimir Poutine compte déjà tellement d’années au pouvoir. Ce qu’il promet, il le fait », affirme Boris Shevkin, 20 ans, étudiant et employé à temps plein chez McDonald’s.

Son amie d’enfance, Dilya Khusnullina, 19 ans, étudiante en droit, votera elle aussi pour le président sortant.

« Le monde traite mal la Russie. On nous impose des sanctions. Et Vladimir Poutine, lui, se tient debout, il défend notre pays. Il a une solidité virile qui est une qualité très importante et qui me plaît. »

— Une citation de  Dilya Khusnullina, 19 ans

Selon Vladimir Pozner, personnalité de la télévision russe et observateur attentif de la scène politique russe depuis des décennies, c’est l’Occident et plus particulièrement les Américains qui ont fait de Vladimir Poutine la personnalité extrêmement populaire qu’il est aujourd’hui.

« En ne traitant pas la Russie comme un partenaire égal, ils ont insulté les Russes et pavé la voie à Poutine », dit-il.

Populaire malgré des promesses brisées

Une jeune femme offre un chandail au président Poutine. Ils sont entourés d'une vingtaine de jeunes qui sourient.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Vladimir Poutine rencontre des jeunes bénévoles qui participent à sa campagne électorale.

Photo : Reuters / Sputnik Photo Agency

Sondage après sondage, les Russes manifestent un grand appui à Vladimir Poutine, mais des voix critiques se font tout de même entendre. Selon elles, le président n’a pas respecté ses promesses et la situation économique est loin d’être aussi bonne qu’elle le devrait, notamment si l’on tient compte des profits que rapportent le gaz et le pétrole.

« En 2000, quand Poutine est arrivé au pouvoir en Russie, il n’y avait pas un seul milliardaire. Aujourd’hui, il y en a plus d’une centaine. Et ils font tous partie de l’entourage immédiat de Poutine. Par contre, le revenu de la classe moyenne stagne depuis 10 ans. »

— Une citation de  Illia Yashin, un opposant de longue date, prenant la parole devant un petit groupe de journalistes étrangers

Mais ces constatations n’ont pas l’air d’ébranler les supporteurs de Poutine. Il faut dire que le maître du Kremlin est omniprésent à la télévision, totalement contrôlée par l’État.

Aussi, la majorité de ses opposants, qui auraient pu être des adversaires de taille, sont disparus de l’échiquier politique. Certains ont été assassinés, comme l’ancien vice-premier ministre Boris Nemtsov, tué à bout portant au pied du Kremlin. D’autres ont été emprisonnés puis exilés, comme Mikhail Khodorkovski, ex-oligarque tombé en disgrâce.

L’importance du taux de participation

Le principal opposant au président, Alexeï Navalny, n'a pas été autorisé à se présenter. Il a appelé les Russes à boycotter l'élection.

Les sept candidats qui feront face à Poutine dimanche ne comptent pas ou du moins très peu dans l'échiquier politique russe. Ils ont beau avoir été très présents à la télévision d’État ces dernières semaines, aucun d’eux ne peut aller chercher plus que quelques points de pourcentage au moment du vote.

Un homme regarde une affiche sur laquelle apparaissent les huit candidats à l'élection.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une affiche indique qui sont les candidats à l'élection présidentielle de dimanche, près d'un bureau de vote dans le sud du pays.

Photo : Reuters / STRINGER

D’ailleurs, Vladimir Poutine a refusé de débattre avec eux à la télévision. Il est au-dessus de la mêlée. Mais il tient à ce que ce scrutin ait l’air d’une vraie élection. Pour ça, il compte sur une importante participation. On dit que le Kremlin vise la formule 70/70, soit un taux de participation de 70 % et un résultat de 70 % pour Poutine.

Par contre, le Kremlin craint une forte abstention. Les tactiques les plus diverses ont été déployées pour inciter les gens à voter. Dans certains endroits, on peut gagner une voiture. Ailleurs, on fait des tests oncologiques dans les bureaux de vote!

Cette légitimité, Vladimir Poutine y tient. Et sa campagne électorale a pris un certain envol ces derniers jours.

Il est celui qui a su impressionner avec son discours du 1er mars, où il a montré aux Russes et au monde entier que son pays possède désormais — et grâce à lui, il va sans dire — des armes nucléaires quasi indétectables.

Il est clair que Vladimir Poutine n’a pas dit son dernier mot. « Il n’est pas juste populaire comme ces politiciens qu’on choisit parmi d’autres, dit le politologue Mikhail Vinogradov. Il est comme le soleil ou la lune. Les gens ont l’impression qu’il a toujours été là. Il est devenu le symbole même de la présidence. »

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