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Débat sur le réseau de la santé à 24/60 : le ministre Barrette défend sa réforme

L'animatrice de 24/60, Anne-Marie Dussault reçoit Gaétan Barrette et les porte-parole de l'opposition en matière de santé sur le plateau de l'émission.
Le ministre de la Santé Gaétan Barrette et les porte-parole de l'opposition en matière de santé, Diane Lamarre (PQ), François Paradis (CAQ) et Amir Khadir (QS), répondent aux questions des citoyens sur le plateau de 24/60. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Gaétan Barrette, a dû défendre sa réforme lors d'une émission spéciale de 24/60 consacrée à la santé, diffusée sur les ondes d'ICI RDI.

Un texte de Yannick Donahue

Sur le plateau de l’émission animée par Anne-Marie Dussaut, outre le Dr Gaétan Barrette, on retrouvait aussi la critique du Parti québécois en matière de Santé, Diane Lamarre, le porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière de santé, François Paradis, et le député-médecin de Québec solidaire, Amir Khadir.

Les quatre députés, qui sont habitués à croiser le fer lors des débats à l’Assemblée nationale du Québec, étaient invités à répondre à des questions du public, qui ont entre autres porté sur les délais d'attente, la rémunération des médecins et l'accessibilité aux soins.

L'état du système de santé

D’entrée de jeu, les quatre députés ont posé un diagnostic sur l'état du réseau de la santé québécois dans une courte déclaration.

Pour Gaétan Barrette, « les actions à poser ont commencé à être posées et on verra la suite ». Diane Lamarre estime que le problème principal est l’accès aux soins : « L’accès c’est maintenant le chaos, la désorganisation ».

Selon François Paradis, le système de santé est malade : des patients oubliés, un difficile accès aux soins et des professionnels à bout de souffle.

Pour désengorger les urgences, analyse Amir Khadir, il faut un réseau de première ligne très fort et malheureusement les CLSC ont été affaiblis au cours des dernières années.

La critique du Parti québécois en matière de Santé, Diane Lamarre.La critique du Parti québécois en matière de Santé, Diane Lamarre. Photo : Radio-Canada

Les médecins

La rémunération des médecins et leur mode de rémunération ont sans surprise retenu l’attention après la hausse de salaire accordée par Québec aux médecins spécialistes. Cette entente a suscité beaucoup de mécontentement.

Le Dr Barrette a mentionné que la situation actuelle découle de « dettes qui ont été accumulées parce que de précédents gouvernements n’ont pas honoré des ententes ». Il a expliqué que des contrats avaient été signés, qu’une menace de poursuite judiciaire planait et que des recours judiciaires auraient coûté des millions de dollars à l'État. Par surcroît, il n’existe pas de « mode de rémunération idéale des médecins », a-t-il ajouté.

Diane Lamarre a rappelé que c’est le Dr Barrette, alors qu’il était président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, qui a convaincu Québec de la nécessité d’obtenir la parité avec les médecins spécialistes de l’Ontario, ce qui n’est pas le cas de tous les professionnels du réseau – un principe qui aurait dû être remis en question.

« Il devait être réévalué dès 2011, 2015, 2018, aucune fois on a réévalué si la parité a bel et bien été atteinte », a-t-elle déploré. Mme Lamarre trouve scandaleux que le gouvernement Couillard signe pareille entente avec les spécialistes à six mois des élections. Elle croit qu’il faut « geler la rémunération des médecins ».

Le député de la CAQ François Paradis.Le député de la CAQ François Paradis. Photo : Radio-Canada

François Paradis considère qu’il faut renégocier cette entente. « On n’a pas le choix de revoir l’entente. Au moment où on se parle, on ne peut pas verser cet argent aux médecins tant qu’on n’a pas de guide de référence », affirme-t-il. De plus, M. Paradis s’oppose à la durée de l’entente.

Dans l’entente dévoilée aujourd’hui, la problématique c’est qu’on a une clause cadenas. On s’engage à faire une révision, on s’engage à aller voir s’il y a un rattrapage à faire, mais ça n’aura pas foi. On est attachés maintenant pour les dix prochaines années.

François Paradis

Amir Khadir ne voit pas ce qui empêcherait Québec de déchirer l’entente avec les spécialistes.

« Ce même gouvernement de M. Barrette a déjà recouru à une loi spéciale pour ouvrir une entente et un contrat avec les employés des municipalités pour briser leur système de retraite. Alors, si c’est possible avec eux, moi je ne vois pas de problème à ce qu’on puisse le faire », a-t-il déclaré.

Le député de Québec solidaire, Amir Khadir.Le député de Québec solidaire, Amir Khadir. Photo : Radio-Canada

Des solutions

Beaucoup de questions et de commentaires du public tournaient autour de la problématique de l’accès aux soins.

Le Dr Barrette a répété que sa réforme est bonne, puisqu'elle force les médecins de famille à prendre en charge plus de patients, donc à traiter plus de patients. Il promet que les Québécois auront accès un médecin de famille dans un avenir rapproché.

M. Paradis estime qu’il faut revoir les services offerts par les groupes de médecine familiale « qui ne sont pas ouverts le soir et les fins de semaine ». Selon lui, il faut offrir plus d’heures d’ouverture et il est d’avis que les « super cliniques » ne sont pas la seule solution.

Diane Lamarre pense que l’on doit décloisonner le système de santé qui est centré sur les médecins et mettre à contribution les infirmières praticiennes spécialisées, ce qui permettrait de soigner davantage de gens et de réduire le temps d’attente. Elle déplore la vision du présent gouvernement dont les choix vont « toujours en faveur de la privatisation » au lieu de financer adéquatement le réseau public : hôpitaux, CLSC, CHSLD…

Enfin, M. Khadir propose de renforcer le réseau des CLSC, qui n’est pas basé sur les médecins, précise-t-il. Le député de Québec solidaire considère que « les groupes de médecine familiale sont devenus des machines à profit ». Il mentionne que les professionnels de la santé doivent travailler en amont. Il ajoute que l’organisation des soins doit être revue.

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