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Une mère sur quatre souffrirait de dépression post-partum

Une mère et son enfant

Selon Dawn Kingston, 25 % des mères vivraient une dépression post-partum.

Photo : iStock

Radio-Canada

La majorité des femmes enceintes s'attendent à ce que la venue de leur enfant soit le plus beau moment de leur vie. Pour la plupart d'entre elles, la dépression post-partum est bien loin de leur esprit. Mais, quand certains symptômes apparaissent et persistent, c'est peut-être le temps pour elles de consulter.

Un texte de Jessie St-Cyr

Depuis 1981, le taux de dépression post-partum est en augmentation en Amérique du Nord. Selon l'Agence de la santé publique du Canada, jusqu'à 20 % des mères souffrent de ce trouble de santé mentale. Or, lorsque l'on commence à faire des recherches sur le sujet, il peut être difficile de s'y retrouver.

Les données varient d'un site web à l'autre. On peut généralement y apprendre que de 7 % à 19 % des femmes seront atteintes de dépression après la naissance de leur bébé.

Après avoir dirigé plusieurs études, Dawn Kingston, professeure à l'Université de Calgary, affirme que le pourcentage de femmes souffrant de dépression post-partum s'élève plutôt à 25 % et serait encore plus élevé chez les femmes immigrantes. Toutefois, en raison d'un manque de dépistage pendant et après la grossesse, beaucoup de femmes ne sont pas diagnostiquées.

Dawn Kingston, professeure en sciences infirmières, Université de Calgary.

Les symptômes de dépression et d'anxiété ainsi que leur intensité varient d'une femme à l'autre, mais s'ils persistent plus de deux semaines, il est fortement recommandé de consulter un médecin. Il est également important de souligner qu'il n'est pas nécessaire de présenter tous les symptômes pour souffrir de dépression post-partum.

Il y a un tableau à côté d'une femme

Les symptômes d'anxiété et de dépression post-partum varient d'une personne à l'autre.

Photo : Radio-Canada / Graphique Ouest

Nous avons rencontré trois mères qui ont accepté de parler de ce qu'elles ont vécu.

Mélanie Dallaire, Audrey Lafleur et Céline Halliez

Dawn Kingston remarque aussi que, lorsqu'une femme ne se sent pas bien et décide d'en parler à une amie ou à un membre de sa famille, et que ces derniers la rassurent en lui disant que tout est normal, elle ne consulte pas de médecin.

Beaucoup de femmes hésitent aussi à parler à leur médecin parce qu'elles craignent d'être perçues comme « une mauvaise mère » et pensent qu'elles devront automatiquement prendre des médicaments.

Dawn Kingston affirme qu'une faible proportion de mères atteintes de dépression se voient prescrire des médicaments. La psychothérapie est souvent la première avenue empruntée pour traiter des symptômes, qui sont de faibles à modérés. Apporter de petits changements aux habitudes de vie peut également s'avérer très bénéfique : sortir de la maison tous les jours, faire des promenades dans la nature, pratiquer le yoga ou la méditation, par exemple.

La dépression post-partum touche aussi les pères

Nous avons discuté avec Rebecca Giallo, une spécialiste australienne, du Murdoch Children’s Research Institute.

Son équipe a suivi 2 470 pères australiens, de la période postnatale jusqu'à ce que leur enfant atteigne l'âge de 7 ans.

Huit pour cent des pères ont vécu des symptômes de dépression et d’anxiété durant la période postnatale, qui ont augmenté de façon marquée s'ils n'étaient pas traités.

L’accès limité aux congés ou à des heures de travail flexibles, les problèmes de couple et le manque de confiance parentale sont les principaux facteurs qui mènent les nouveaux pères à la dépression post-partum.

De l'avis de la spécialiste, il devrait y avoir plus d'information et de soutien destinés aux hommes, avant et après la naissance de leur enfant.

Quand les médicaments sont nécessaires

Céline Halliez et Mélanie Dallaire nous parlent des traitements qu'elles ont choisis.

Une équipe dirigée par Dawn Kingston travaille sur un projet pour éviter que les femmes ne passent sous le radar, en l'absence de diagnostic précoce et de suivi.

Dawn Kingston, professeure en sciences infirmières, Université de Calgary.

Un projet pilote sera lancé dans quelques villes albertaines au mois d'août et comprendra une application pour téléphone mobileet un site web qui seront accessibles partout dans la province en 2019.

Alberta

Santé mentale