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Le procureur Robert Mueller assigne la Trump Organization

Le procureur spécial Robert Mueller.

Le procureur spécial Robert Mueller a pour mission de déterminer les responsables et complices des ingérences russes dans la campagne présidentielle, et une éventuelle collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump et la Russie.

Photo : Associated Press / J. Scott Applewhite

Radio-Canada

Le procureur spécial Robert Mueller a assigné la Trump Organization pour accéder à des documents, dont certains liés à la Russie, dans le cadre de son enquête sur une présumée ingérence russe dans la campagne présidentielle américaine, ont rapporté le New York Times et CNN, jeudi.

Le contenu de l'assignation n'a pas été précisé par ces médias, qui citent des sources informées de la situation, mais c'est la première fois que le procureur Mueller réclame des documents d'une organisation appartenant à Donald Trump.

Outre l'ingérence russe dans le processus électoral américain en 2016, Robert Mueller enquête également sur une possible collusion entre la campagne Trump et les autorités russes. Moscou et Donald Trump démentent toute connivence.

La Russie nie également s'être ingérée dans la campagne présidentielle américaine en vue d'influencer l'issue du scrutin en faveur de Donald Trump, et ce, malgré les rapports de la communauté du renseignement américain qui ont conclu à une intervention russe.

Le président américain Donald Trump à la Maison-Blanche en février.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président américain Donald Trump à la Maison-Blanche en février

Photo : Reuters / Kevin Lamarque

Coopération

La Trump Organization s'est généralement conformée aux demandes formulées par les enquêteurs travaillant pour Robert Mueller, afin d’obtenir des documents au sujet d’une possible intervention russe dans les élections américaines. Il n’y a aucun signe qui démontre que l’entreprise du président entend contester l'assignation, qui est une obligation légale.

Dans un communiqué, un avocat du groupe, Alan Futerfas, n'a pas spécifiquement confirmé l'assignation, mais a souligné que l'organisation coopérait avec toute enquête, y compris celle de M. Mueller.

« Depuis juillet 2017, nous avons dit publiquement que l'organisation Trump coopérait pleinement avec toutes les enquêtes, y compris celle du procureur spécial, et répondait à leurs demandes. Cette information n'a rien de nouveau, et notre assistance et notre coopération avec les diverses enquêtes restent inchangées aujourd'hui », a déclaré M. Futerfas.

De son côté, la porte-parole du président, Sarah Sanders, a simplement déclaré, parlant au nom de la Maison-Blanche : « Nous allons continuer à coopérer » avec l'enquête menée par M. Mueller.

Dans une interview au New York Times, en juillet 2017, Donald Trump avait estimé que l'élargissement de l'enquête de Robert Mueller à ses « finances familiales, sans rapport avec la Russie » constituerait une ligne rouge. « Je ne gagne pas d'argent avec la Russie », avait-il alors déclaré.

L'ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Paul Manafort, l'ancien directeur de la campagne présidentielle américaine de Donald Trump

Photo : Reuters / Carlo Allegri

Inculpations

Robert Mueller a déjà porté des accusations contre plusieurs associés de Donald Trump ainsi que contre des ressortissants russes.

Par exemple, l'ancien président de l'équipe de campagne, Paul Manafort, a été inculpé de blanchiment d'argent, fraude ou encore faux témoignages pour ses anciennes activités de lobbyiste international.

Son associé et partenaire d’affaires de longue date, Rick Gates, a aussi été inculpé. Ils sont également accusés d'avoir dirigé une campagne secrète de lobbyisme à Washington au nom d'intérêts ukrainiens prorusses. Les deux hommes ont plaidé non coupables après les premières accusations déposées en octobre.

En février, la justice américaine a inculpé 13 Russes et trois entités de Russie pour ingérence dans le processus politique américain et l'élection remportée par Donald Trump en novembre 2016.

Les 13 Russes sont accusés de complot en vue de tromper les États-Unis. La justice reproche à trois d'entre eux une fraude bancaire et, à cinq autres, un vol aggravé d'identité.

D’anciens conseillers du candidat ou du président ont plaidé coupables et coopèrent avec l'enquête, dont Michael Flynn, éphémère conseiller à la sécurité nationale.

Jared Kushner photographié en juin 2017 lors d'un événement avec le président Trump.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jared Kushner photographié en juin 2017 lors d'un événement avec le président Trump

Photo : La Presse canadienne / Evan Vucci/AP

La famille

L'enquête se rapproche donc inexorablement du milliardaire, après avoir déjà investi son premier cercle à la Maison-Blanche et ailleurs, notamment en s'intéressant aux affaires de son gendre et conseiller, Jared Kushner.

Le nom de M. Kushner est apparu dans l'enquête du FBI sur une éventuelle coordination entre des membres de l'équipe de campagne de Donald Trump et la Russie.

Jared Kushner a repris les rênes de l'entreprise familiale d'immobilier, dont certaines transactions se sont révélées hasardeuses, à l'image du rachat à un prix extravagant de la tour du 666 Cinquième Avenue à New York, en 2007.

Durant la campagne, nombre de diplomates étrangers avaient appris à passer par lui pour tisser des liens avec l'adversaire d'Hillary Clinton. Cela a notamment, mais pas exclusivement, été le cas des Japonais, qui décrocheront grâce à lui la première rencontre, en novembre 2017, de Donald Trump, alors président élu, avec un dirigeant étranger, Shinzo Abe.

Le conseiller juridique de la Maison-Blanche, Donald McGahn. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le conseiller juridique de la Maison-Blanche, Donald McGahn.

Photo : Associated Press / Jacquelyn Martin

Limogeage

Donald Trump aurait donné l'ordre de limoger le procureur spécial Mueller en 2017, rapportait le New York Times le 26 janvier 2018.

Le président se serait ravisé après avoir essuyé un refus du conseiller juridique de la Maison-Blanche, Donald McGahn.

M. McGahn a affirmé qu'il préférait démissionner que d'obéir à l'ordre de limoger Mueller, a ajouté le New York Times, citant deux sources.

Donald Trump avait démenti la nouvelle. « Fausse information, les gars, fausse information », avait-il dit aux journalistes.

Donald Trump, président des États-Unis
Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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