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Kenney veut un référendum sur la taxe carbone

Jason Kenney
Jason Kenney, chef de l'opposition officielle. Photo: Radio-Canada / Michael Chales Cole
Radio-Canada

Le chef de l'opposition albertaine a déposé jeudi un projet de loi privé pour soumettre à un référendum tout changement à la taxe carbone. Les chances qu'il soit adopté sont cependant presque inexistantes, étant donné la majorité des néo-démocrates à l'Assemblée législative.

Un texte d'Emma Hautecoeur et de Laurent Pirot

Jason Kenney veut empêcher d'éventuelles hausses de la taxe carbone, en les soumettant au test de l’opinion publique.

Il a d’ailleurs promis sans équivoque que le Parti conservateur uni abolirait cette taxe le plus tôt possible, advenant une victoire en 2019. Le projet de loi prévoit donc également d'utiliser le référendum comme rempart contre la réintroduction d'une taxation sur les émissions de gaz à effet de serre par des gouvernements futurs.

« La confiance des Albertains a été bafouée par l’imposition de cette taxe », a déclaré Jason Kenney en conférence de presse. « [Ce projet de loi] ne veut pas dire que nous n’aurons jamais de taxe carbone ou d’augmentation, mais que les Albertains devraient avoir le dernier mot avant que le gouvernement ne se serve dans leurs poches », dit-il.

Ricardo Acuna, de l'Institut Parkland, n'y voit qu'une pure stratégie électorale. « C'est vraiment un coup de théâtre politique, dit-il, un effort de tirer profit de ce populisme anti-impôt qui existe ici en Alberta. »

La taxe carbone et le Plan de lutte contre les changements climatiques étant des politiques clés du gouvernement Notley, Jason Kenney n’obtiendra sûrement pas l’appui du gouvernement, nécessaire à l’adoption de son projet de loi.

Il est d’ailleurs basé sur une fausse promesse, selon Ricardo Acuna, étant donné que le gouvernement fédéral a promis d'imposer aux provinces réticentes sa propre tarification sur les émissions de gaz à effet de serre, soit un prix de 10 $ la tonne en 2018, augmentant de 10 $ chaque année pour atteindre 50 $ en 2022. La Saskatchewan a d'ailleurs reçu cette semaine un ultimatum d'Ottawa à ce sujet.

Le chef de l’opposition officielle a répété qu’un gouvernement conservateur se joindrait à une éventuelle contestation constitutionnelle de la province voisine, en tant qu’intervenant.

« Si la Cour suprême confirme le pouvoir du fédéral [d’imposer une taxe carbone], et si les libéraux sont encore au pouvoir, nous trouverons une façon de rembourser la totalité du prix aux Albertains », a-t-il ajouté.

Pas de hausse à l’horizon

Le gouvernement albertain n’a pas encore annoncé comment il comptait faire passer la taxe provinciale de son niveau actuel de 30 $ aux 50 $ demandés par le gouvernement fédéral.

La plus récente hausse de la taxe albertaine remonte au 1er janvier et situe le prix du carbone sur le litre d'essence à 6,73 cents.

La première ministre Rachel Notley a fait savoir qu’elle entend faire de toute nouvelle hausse de la taxe sur le carbone en Alberta une condition à l’agrandissement du pipeline Trans Mountain, qui tarde à se concrétiser. « Nous ne bougerons pas sur les propositions du gouvernement fédéral avant d’avoir vu que la construction est vraiment commencée », a-t-elle promis mercredi.

Le ministre des Transports, Brian Mason, a ajouté qu’à ses yeux un référendum devrait aussi porter sur les projets d’infrastructures financés par les recettes de la taxe carbone, dont la ligne verte du train léger à Calgary.

Le leader parlementaire du Parti albertain, Rick Fraser, a fait savoir qu’il n’était pas favorable à la tenue d’un référendum. Les Albertains qui veulent exprimer leur opinion sur la taxe carbone « auront la possibilité de s’exprimer dans un peu plus d’un an » lors des prochaines élections provinciales, a-t-il relevé. « C’est une meilleure façon d’utiliser l’argent public. »

Alberta

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