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Le temps d’une soupe de l’ATSA commence une tournée mondiale

Un homme et une femme tiennent une pancarte : Plus de compréhension dans le couple.
Deux participants de l'activité lors du Rendez-vous chez nous 2018 à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso Photo: ATSA

Vingt ans après avoir cofondé Quand l'Art passe à l'Action (ATSA), Annie Roy et Pierre Allard reviennent d'Afrique où l'organisme a lancé la tournée Nouveau chapitre qui leur fera faire le tour du monde en multipliant le projet Le temps d'une soupe dans plusieurs pays.

« On regarde vers l’avant, on n’est pas du tout dans la rétrospective, on a plusieurs projets, l’année 2017 a été une grosse année avec Cuisine ta ville, un événement qu’on veut reconduire et plusieurs autres », raconte Annie Roy.

L’ATSA, Quand l’Art passe à l’Action, fait partie des huit finalistes du Grand Prix 2018 du Conseil des arts de Montréal.

Après avoir testé Le temps d’une soupe en France, en Autriche, en Angleterre et à Vancouver l’an dernier, l’ATSA a donc développé une tournée avec le concept dont la première s’est déroulée en février 2018 au Burkina Faso. Après cette première étape, la tournée se déplacera à Beyrouth, à Moncton, en Haïti, dans le Nord canadien, au Maroc à Marrakech, au Pays de Galles et à Madagascar.

Annie Roy et Pierre Allard tiennent une afficheLes fondateurs de Quand l'art passe à l'action (ATSA), Annie Roy et Pierre Allard Photo : Jean-François Lamoureux

L’ADN du projet est de se multiplier. On installe une terrasse, on convie les passants de venir s’asseoir devant un inconnu. On leur donne une soupe et on leur offre un menu conversationnel et une question

Annie Roy

Qu’est-ce que Le temps d’une soupe?

L’objectif premier du projet Le temps d’une soupe est de promouvoir le fait de prendre le temps d’une conversation en duo. « En groupe, il y a toujours des leaders. À deux, tu ne peux pas te cacher. Tu dois assumer tes idées et développer ta capacité de respecter les idées de l’autre », explique Annie Roy.

Une activité en trois services

  1. Déguster la soupe;
  2. La discussion;
  3. Le dessert est le portrait des deux protagonistes avec la phrase qui résume leur discussion.

La finalité de chaque rencontre, c’est le portrait poétique accompagné d’une phrase la résumant. « Cette phrase est la trace du geste qu’ils sont posés en s'asseyant pour discuter en tête à tête. La conversation entre les deux personnages reste intime et confidentielle. Rien n’est enregistré. La seule trace qu’il reste est la photo et la phrase qui l’accompagne » explique Annie Roy.

Évidemment, les questions et les menus conversationnels doivent s’adapter au pays visité. « Au Burkina Faso, on a parlé d’excision, un sujet dont on ne parlerait pas ici », explique la cofondatrice de l’ATSA.

plusieurs personnes assises en duo discutent et mangent de la soupeLe projet Le temps d'une soupe au Burkina Faso Photo : ATSA

Le fonctionnement de l’activité est le même, peu importe le lieu dans le monde. Si certaines questions sont imposées et semblables dans tous les pays, la majorité est composée en collaboration avec les organisateurs locaux.

Est-ce que les manières de discuter sont les mêmes? « C’est proche, mais d’emblée, il y avait au Burkina Faso une manière d’aborder la conversation. C’était beaucoup plus studieux et sérieux. Même si c’est des gens avaient beaucoup d’humour, il n’y avait rien de léger », souligne Annie Roy.

Par ailleurs, elle a été surprise de constater qu’il y avait moins de tabous qu’elle pensait.

On a parlé de mariage forcé, du rôle des hommes et des femmes dans la famille. La différence est parfois choquante par rapport à notre culture.

Annie Roy

Différentes manières de discuter

L’activité en Afrique a permis aussi de constater qu’au Canada, il y a un besoin de rencontrer la personne, alors qu’en Afrique, ils sont déjà en communauté, ils sont dehors. « Ici on a plus besoin d’être à l’écoute. Les gens sont contents de se rencontrer. Nous sommes dans une société de performance. En Afrique, les gens prennent plus le temps de vivre ».

Elles affichent une pancarte avec le message : Arrêtez de les martyriser.Deux femmes lors du Rendez-vous chez nous 2018 à Ouagadougou Photo : ATSA

Lorsque l’activité a été organisée en Autriche, Annie Roy a remarqué que les rapports entre les gens qui partageaient une soupe et une discussion étaient différents. « Les gens étaient plus réservés, plus craintifs ».

Des milliers de rencontres

Depuis le début de l’activité, presque 3000 portraits ont été faits. « On pourrait faire un autre projet avec toutes ces photos. Mais on va le faire vivre avant », avoue Annie Roy.

Certains sujets de discussion sont des classiques depuis la mise en place du projet et des préoccupations partout dans le monde, notamment la paix et la peur du terrorisme.

D’autres sont très intimes. Annie Roy se souvient d’une conversation sur l’excision entre une jeune femme noire excisée et une femme blanche. « Ce fut une conversation très intime et profonde sur leur féminité. On a des moments de qualité humaine exceptionnelle », conclut-elle.

Plusieurs personnes discutent.Le temps d'une soupe de l'ATSA au Burkina Faso Photo : Manuel Bauman

Arts