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La commission Viens devrait être dirigée par des Autochtones, critique une témoin

L’absence d’Autochtones à la tête de la Commission choque la directrice du Foyer pour femmes autochtones de Montréal, Nakuset

L’absence d’Autochtones à la tête de la Commission choque la directrice du Foyer pour femmes autochtones de Montréal, Nakuset

Photo : Nakuset

Radio-Canada

La Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec, ou commission Viens, fait l'objet de critiques en raison de son propre manque de représentation.

La Commission Viens a été créée en 2016, dans la foulée des allégations d'abus policiers envers des femmes autochtones à Val-d'Or, à environ 585 kilomètres au nord de Montréal.

Son mandat comprend les services policiers, les services correctionnels, les services de justice, les services de santé et les services sociaux, ainsi que les services de protection de la jeunesse.

L’absence d’Autochtones à la tête de la Commission a choqué la directrice du Foyer pour femmes autochtones de Montréal, Nakuset, qui a témoigné en février.

« Vous marchez dans un environnement stérile, qui n’est pas accueillant », a-t-elle critiqué.

Vous avez ce juge blanc et, après, à vos côtés, un avocat blanc qui vous interroge.

Nakuset, directrice du Foyer pour femmes autochtones de Montréal

« Il y a des gens qui sont autochtones, mais je ne me rappelle pas les avoir vus. Ils ne s’assoient pas devant », a-t-elle déploré.

Un recrutement difficile, plaide le procureur en chef

La commission Viens compte 18 employés autochtones, soit environ 21 % des membres de son personnel. Ils travaillent au sein de diverses équipes, dont celle des relations avec les Autochtones et les communications. Aucun d’entre eux ne fait partie du département juridique.

Des efforts ont toutefois été déployés pour recruter des avocats autochtones, a plaidé le procureur en chef de la Commission, Christian Leblanc.

Il affirme avoir approché au moins quatre avocats autochtones, qui ont tous refusé l’offre. Tous les conseillers juridiques embauchés ont de l’expérience de travail avec les communautés autochtones, a-t-il précisé.

Ce qui est important, ce n’est pas la quantité, mais la qualité, le rôle que ces gens jouent dans le travail que nous faisons.

Christian Leblanc, procureur en chef de la commission Viens.

La Commission s’est aussi assurée que les audiences sont accueillantes et tenues dans une ambiance qui tient compte des sensibilités culturelles. « Nous avons mis les tables en cercle. Tout le monde s’assoit », a-t-il illustré.

Mais ce n’est pas suffisant pour Nakuset, qui ne comprend pas pourquoi la Commission n’est pas présidée par un juge autochtone.

Allison Reid, Coordonnatrice du Réseau, et Nakuset, directrice du Foyer pour femmes autochtones de MontréalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Allison Reid (gauche), Coordonnatrice du Réseau, et Nakuset, directrice du Foyer pour femmes autochtones de Montréal

Photo : Radio-Canada

La représentation autochtone est essentielle, selon Tom McMahon

L’ancien juge de la Cour supérieure du Québec, Jacques Viens, a été nommé à la suite de consultations avec divers représentants autochtones, s’est défendu le bureau du ministre responsable des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley. Jacques Viens a par ailleurs travaillé pendant 25 ans en Abitibi et a pratiqué le droit dans des communautés cries et inuites.

L'ancien directeur général de la Commission de vérité et réconciliation, Tom McMahon, croit qu’il est « essentiel » d’avoir une représentation autochtone à la direction de la Commission.

Je ne crois pas qu’une personne non autochtone qui a suivi une formation juridique standard au Canada arrive avec une bonne compréhension des interactions entre les Autochtones avec le système de justice.

Tom McMahon, ancien directeur général de la Commission de vérité et réconciliation

Projeter une image d’égalité ne suffit pas, selon lui : le succès d’une commission repose sur l’inclusion d’Autochtones aux postes de pouvoir, ce qui a été fait pour d’autres commissions d’enquête.

En 1988, la Commission d'enquête sur l'administration de la justice et les Autochtones, au Manitoba, devenait la première au pays à présenter une direction égalitaire, avec à sa tête les juges Alvin Hamilton et Murray Sinclair.

Convoquée en  2009, la Commission de vérité et réconciliation a atteint la parité parmi son personnel. Deux de ses trois commissaires étaient autochtones.

La Commission de vérité Qikiqtani, chargée d’enquêter sur le massacre et le transfert de chiens de traîneau inuits après la Seconde Guerre mondiale, était la première à être dirigée par une Inuite, Madeleine Redfern, maintenant mairesse d’Iqaluit.

Avec les informations de Jaela Bernstien, CBC

Avec les informations de CBC

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