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La rémunération des médecins dépouille le budget de la santé, déplore la FSSS-CSN

Une patiente se repose à l'hôpital.
L'analyse de la FSSS-CSN démontre que des services importants aux patients recevraient un financement beaucoup moins élevé que ce que laisse entendre le gouvernement. Photo: iStock
Radio-Canada

À quelques jours du dépôt du budget du Québec, la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN (FSSS-CSN) avertit les citoyens de ne pas se laisser berner par l'augmentation promise des dépenses dans le système de santé. L'analyse de l'organisation syndicale montre que des services importants aux patients recevraient un financement beaucoup moins élevé que ce que laisse entendre le gouvernement, principalement en raison de l'augmentation de la rémunération des médecins.

Un texte de Véronique Prince, correspondante parlementaire à Québec

Après avoir comparé les budgets de l’année 2017 de tous les établissements de santé de la région de Montréal avec ceux de l’année 2016, la FSSS-CSN soutient que les urgences montréalaises ont été amputées d’environ 7 millions de dollars d’une année à l’autre.

L’argent prévu pour les blocs opératoires aurait diminué de 2 millions de dollars, tandis qu’une réduction de près de 400 000 $ a été constatée dans les budgets des services psychosociaux et des chirurgies d’un jour. Le montant d'argent réservé pour ce qu'on appelle le fonctionnement des installations serait de 4 millions de dollars moins élevé en 2017, par rapport à l'année précédente. Le budget pour la nutrition clinique et l'alimentation dans les établissements aurait aussi diminué de 1,7 million de dollars.

« Ce n’est pas vrai qu’il y a moins d’ambulances qui arrivent à l’urgence en 2018 qu’il y en avait en 2014. Il n’y a pas moins d’opérations dans les blocs opératoires », déplore le président de la FSSS-CSN, Jeff Begley.

Les budgets des établissements « ont augmenté véritablement » de 2,2 % en 2017-2018

Pour 2017-2018, le gouvernement a augmenté les dépenses du système de santé québécois de 4,2 % par rapport à l’année précédente. En soustrayant la part qui revient à la rémunération médicale, la véritable augmentation des budgets des établissements de santé s’établit à 2,19 %, ce qui est loin de couvrir les besoins de la population, selon André-Pierre Contandriopoulos, professeur émérite à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

Le chercheur fait les mêmes constats que la FSSS-CSN selon lesquels plusieurs services reçoivent un financement moins important d’une année à l’autre, malgré l’inflation et le vieillissement de la population.

On a un décalage, un débalancement, entre ce qui va aux établissements de santé et ce qui va à la rémunération médicale. Le 4,2 % est accaparé par la rémunération des médecins et, pendant ce temps, il ne peut pas être utilisé dans le reste du système.

André-Pierre Contandriopoulos, professeur émérite à l’École de santé publique de l’Université de Montréal

« C’est vrai quand le ministre dit qu’on ajoute de l’argent en santé, mais il y a un transfert des montants vers les médecins et aussi vers le privé. Finalement, les services sont moins donnés à la population », ajoute Jeff Begley.

Le président de la FSSS-CSN veut mettre la lumière sur le sous-financement des services, alors que le gouvernement promet chaque année d’investir davantage en santé. « Qui paye? C’est la population et le personnel qui essayent de faire autant avec toujours moins de ressources ».

À quelques jours du dépôt du prochain budget prévu le 27 mars, la FSSS-CSN rappelle qu’une étude du Conférence Board révèle qu’il faudrait que les dépenses du système de santé augmentent d’au moins 5,2 % par an pour maintenir le niveau de services actuel.

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