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La prise de pouvoir des artistes autochtones

une photo de l'exposition

Wood Land School est un projet itinérant initié par Duane Linklater.

Photo : Paul Litherland

Radio-Canada

Les artistes autochtones ont connu une année 2017 faste partout au Canada. À Montréal, une galerie d'art ne leur a pas simplement ouvert ses portes, elle leur a aussi donné les clefs de la maison.

La SBC galerie d’art contemporain a ouvert son espace aux artistes autochtones pour qu'ils reprennent le pouvoir de décision. Une mission qui s’est pleinement réalisée en 2017 alors que la galerie a changé de nom pour devenir Wood Land School, un concept itinérant initié par Duane Linklater.

« Je crois que ça change, au Canada, il y a eu beaucoup d’expositions avec les artistes autochtones. J’espère que ça n’était pas seulement pour le 150e du Canada. Chez SBC, on a commencé une conversation avec un groupe d’artistes. Ils ont eu le pouvoir de prendre toutes les décisions sur les expositions et le budget. On a changé la dynamique », explique Pip Day, directrice et commissaire de la SBC galerie d’art contemporain.

Il s’agissait surtout de se demander quel artiste avait le droit d’être dans cet espace.

On a effacé l’institution, même nos titres ont changé. Nous étions des facilitatrices pour le collectif avec lequel on a travaillé. On a essayé de changer le système de pouvoir.

Pip Day

La directrice et commissaire soutient qu’il y a encore beaucoup à apprendre pour se retirer de l’espace qui revient aux artistes autochtones.

SBC galerie d’art contemporain est finaliste du Grand Prix 2018 du Conseil des arts de Montréal pour sa démarche consistant à confier sa programmation et sa politique éditoriale à des artistes et commissaires autochtones, ce qui a donné lieu à un soutien inédit aux artistes et commissaires des Premières Nations.

Définir l’art autochtone

Lorsqu’on demande à Pip Day de définir l’art autochtone, elle souligne que c’est impossible. « Je crois que les artistes autochtones s’identifient ainsi, car c’est une position politique en lien avec leur identité », explique-t-elle.

En fait, il apparaît que l’art autochtone est souvent une réponse à un débalancement de pouvoir. « Une artiste femme, un Canadien africain ou un Autochtone prennent la décision d’utiliser leur identité pour la mettre de l’avant, car ils n’ont pas le pouvoir. C’est un acte politique », estime Pip Day tout en précisant qu’elle n’a pas vécu dans une communauté autochtone et qu’elle parle principalement comme commissaire.

Des gens regardent une femme habillée de vêtements autochtones qui danse.

Durant l'année 2017, SBC galerie d'art contemporain a été renommée Wood Land School, un projet itinérant initié par Duane Linklater

Photo : Paul Litherland

Retrouver sa culture perdue

Si chaque artiste est fondamentalement différent, la vie difficile dans les communautés autochtones au Canada et le manque de reconnaissance de leurs droits ancestraux ont nourri leur besoin de mettre de l’avant leur identité.

Beaucoup d’artistes autochtones travaillent sur la politique ou sur les conditions de vie des communautés. Ils retrouvent leurs cultures qu’ils avaient presque perdues à cause des orphelinats.

Pip Day

Évidemment, les artistes autochtones sont aussi influencés par leurs traditions. Souvent, ils utilisent et reprennent des éléments de leurs racines pour les transposer dans leurs œuvres contemporaines.

L’une de ces artistes, Nadia Myre, a fait une exposition au Musée des beaux-arts de Montréal et est actuellement en résidence au Musée McCord. Elle s'inspirera de publications et de périodiques féminins de l'époque victorienne pour réaliser une œuvre.

Il y a aussi Ursula Johnson, dont la famille est micmac, qui travaille avec des paniers, un objet qui fait partie de l’histoire de sa communauté. Lors de certaines performances, elle tresse un panier autour d'elle-même ou d’une autre personne.

« Pour ces artistes, c’est une manière de retrouver une place dans un pays qui a essayé d’éliminer leur langue et leur culture. Nos actions coloniales n’ont pas juste eu un impact sur les Autochtones, mais aussi sur leurs descendants », rappelle Pip Day.

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