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Changements climatiques : trois idées innovantes pour les villes

Un ouvrier chinois pose des panneaux solaires au sommet d'un immeuble.
Google répertorie les panneaux solaires installés sur les maisons et les édifices aux États-Unis, une mine d'or d'informations pour les villes. Photo: Getty Images / Kevin Frayer
Radio-Canada

CHRONIQUE - Plus de la moitié de la population mondiale vit maintenant dans une zone urbaine et 70 % des émissions de gaz à effet de serre proviendraient des villes. Ce n'est pas un hasard si ces dernières ont dorénavant pris le pôle de la lutte contre les changements climatiques. À South by Southwest, des acteurs de différents horizons cherchent à mettre la technologie au service de l'environnement. Voici trois idées en la matière qui pourraient rapidement influencer nos villes et notre empreinte sur la planète.

Un texte de Denis Wong

1. Utiliser les données pour améliorer l’implantation de l’énergie solaire

Est-ce qu’installer un panneau solaire chez soi en vaut réellement la peine?

Sunroof (Nouvelle fenêtre) est une plateforme de Google qui répond en partie à cette question en permettant à la population d’estimer le potentiel solaire d’une résidence ou d’un édifice. En utilisant les images de Google Earth et de Google Maps, cet outil analyse la forme de votre toit ainsi que les données météorologiques locales pour créer un plan d’énergie solaire personnalisé. Rapidement, Sunroof est ainsi devenu une immense base de données qui répertorie le nombre de panneaux solaires ainsi que leur distribution sur le territoire américain. Selon Kate Brandt, chef du développement durable pour Google, le projet a maintenant répertorié 700 000 panneaux solaires aux États-Unis.

Cette initiative, lancée en 2015, était tout d’abord destinée aux citoyens, mais rapidement, des villes et des communautés ont voulu utiliser les informations pour évaluer les répercussions de l'énergie solaire sur des régions géographiques entières. Aujourd’hui, ces villes commencent à utiliser ces données pour façonner leurs stratégies relatives à cette énergie renouvelable.

Sunroof cartographie présentement les 50 États américains et l'idée sera bientôt transposée en Allemagne (Nouvelle fenêtre). Si la plateforme continue sur cette lancée, on peut certainement s’attendre à la voir au Canada dans le futur.

2. Se préparer à l’arrivée des véhicules autonomes

Depuis que Tesla a intégré un système de conduite autonome à ses voitures, cette technologie s’est développée à un rythme exponentiel. À Pittsburgh et à Phoenix, Uber teste déjà des flottes de véhicules qui se promènent sans conducteur. Pour sa part, le constructeur Ford a lancé un prototype autonome de véhicule de livraison de pizza (Nouvelle fenêtre) au Michigan.

Ces bouleversements routiers, qui semblaient si lointains, sont beaucoup plus près de se matérialiser qu’on le pense, selon le maire d’Austin, Steve Adler.

Austin est l’une des villes les plus proactives aux États-Unis en matière de lutte contre les changements climatiques et souhaite devenir carboneutre d’ici 2020 (Nouvelle fenêtre). Depuis 2010, la ville d’Austin a d’ailleurs réduit son empreinte carbone par habitant de 16 %, même si elle est actuellement la région métropolitaine des États-Unis qui se développe le plus rapidement.

« Le potentiel de cette technologie est immense, avance Steve Adler. Les voitures pourront rouler beaucoup plus près l’une de l’autre et nous pourrons gagner temps et espace. C’est également l’occasion d’offrir une plus grande mobilité à des personnes âgées ou à des gens qui souffrent d’un handicap. »

Comment tirer profit des véhicules autonomes tout en restant sensibles à ceux qui perdront leur travail en raison de l'arrivée de cette technologie demeure une question centrale dans cette transition. Par ailleurs, pour demeurer cohérents dans une perspective durable, les citoyens devront en profiter pour adapter et repenser leur mobilité. À quoi bon enlever les conducteurs si le nombre de véhicules sur la route reste le même?

3. Outiller les citoyens et les villes et leur permettre de mesurer la qualité de l’air

La pollution atmosphérique est un enjeu environnemental emblématique dans les villes et les épisodes de smog dans les zones urbaines frappent l’imaginaire. Selon Romain Lacombe, cofondateur de l’entreprise Plume Labs, 200 000 Américains meurent chaque année à cause des effets de la pollution de l’air.

L’entreprise à vocation environnementale a développé une application et un petit appareil qui mesure notamment le nombre de particules fines dans l’air pour en déterminer la qualité. En permettant aux citoyens d’accéder rapidement à ces informations, Plume Labs espère les conscientiser plus efficacement, puisque ces personnes sont touchées directement par cette pollution.

« Nous sommes habitués d’avoir accès à l’information au bout de nos doigts, dit le dirigeant de l’entreprise française. Nous devrions donc en faire de même avec les données environnementales et agir collectivement au moyen de la technologie. »

Plume Labs a aussi développé une interface de programmation (Nouvelle fenêtre) qui permet d’analyser en temps réel et de prédire la pollution atmosphérique grâce à ses algorithmes intégrés. Des villes peuvent par exemple utiliser ces données pour mieux cerner les zones problématiques sur leur territoire et en mesurer les effets tangiblement. L’entreprise affirme que sa plateforme d’intelligence artificielle se base sur les données provenant de 12 000 stations de surveillance dans le monde, réparties dans une soixantaine de pays.

Changements climatiques

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