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Le dénombrement des itinérants dans la province exclut l'Est-du-Québec

Profil d'une femme emmitouflée dans ses vêtements et assise dans un escalier.

Un dénombrement des personnes en situation d'itinérance sera effectué dans 11 régions du Québec.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Plusieurs organismes d'aide aux personnes sans domicile fixe déplorent le fait que les régions de l'Est-du-Québec ont été écartées du dénombrement des sans-abri annoncé mardi matin par la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois. Un recensement des personnes en situation d'itinérance doit se dérouler le 24 avril prochain dans 11 régions du Québec.

Un texte de Marie-Christine Rioux avec la collaboration de Julie Tremblay

L’opération Tout le monde compte s'amorcera le soir du 24 avril et se poursuivra dans les jours suivants. Cette initiative mènera à l’élaboration du deuxième portrait de l’itinérance au Québec.

L’exercice doit également permettre de recueillir des données sociodémographiques auprès des personnes en situation d’itinérance et d’en connaître plus sur leur utilisation des services.

Un tel dénombrement avait été effectué à Montréal en 2015.

La Côte-Nord, la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et le Bas-Saint-Laurent exclues

Plusieurs organismes d’aide aux personnes sans domicile fixe de l’Est-du-Québec se disent surpris que leur région ait été exclue du recensement.

Je trouve ça un petit peu particulier parce qu’ils n['ont pas tenté de] savoir "est-ce que vous en recevez, des itinérants?" Parce que, oui, on en reçoit, et l'itinérance est en hausse [...]. Alors, pourquoi, le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie et les Îles ne sont pas inclus dans ce portrait-là?

Une citation de : Dominique Bouchard, directrice du centre l'Accalmie de Pointe-à-la-Croix dans la Baie-des-Chaleurs

Nelson Desrosiers, intervenant à L’Auberge du Cœur Le Transit, abonde dans le même sens que Dominique Bouchard.

« Souvent, les régions sont laissées pour compte, comme s’il n’existait pas ce problème dans les régions », lance l’intervenant.

Selon ces intervenants, les informations d’un tel dénombrement auraient pu leur être utiles, même si la méthode employée est encore imparfaite à leurs yeux.

C’est comme une photo imparfaite, puis même incomplète parce que ça ne tient pas compte de ceux qui sont hébergés dans les ressources. Ce n’est qu’un instantané d’un moment, alors qu’on sait que ça fluctue énormément.

Une citation de : Nelson Desrosiers, intervenant à L’Auberge du Coeur Le Transit

Selon Dominique Bouchard, il est difficile de rendre un portrait près de la réalité puisqu’une partie de l’itinérance demeure cachée.

« Des gens qui vont squatter chez leurs amis, leur famille, des proches, des chalets, des petits camps dans le bois », explique-t-elle.

Vue à partir de la porte de la chambre numéro 4 de l'organisme Transit Sept-Îles avec lit simple, table pour lecture et petit garde-robe.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'intérieur de la chambre numéro 4 de l'organisme Transit Sept-Îles.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Portrait de l’itinérance au Québec

Le dénombrement annoncé ce matin s’inscrit dans une démarche pancanadienne.

Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), les 11 régions québécoises sélectionnées pour l’exercice ont été identifiées dans le cadre de la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance.

Trois critères ont été employés pour les sélectionner, soient la population, le seuil de revenu et les ménages utilisant plus de 30 % de leur revenu pour se loger.

Régions sélectionnées pour le dénombrement

  • Saguenay–Lac-Saint-Jean
  • Capitale-Nationale
  • Estrie
  • Montréal
  • Outaouais
  • Chaudière-Appalaches
  • Mauricie et Centre-du-Québec
  • Laval
  • Lanaudière
  • Laurentides
  • Montérégie

Selon le MSSS, la démarche globale de ce second portrait de l’itinérance ne portera pas spécifiquement sur les 11 régions sélectionnées pour le dénombrement des personnes en situation d’itinérance.

Ce portrait doit également aborder l’aspect de l’itinérance cachée. Il doit être rendu public en mars 2020.

Des ressources insuffisantes pour répondre aux besoins

Des organismes d’aide aux personnes sans domicile fixe dénoncent le manque de ressource pour répondre aux besoins de leur clientèle.

Selon David Lebœuf, intervenant à Transit Sept-Îles, il arrive que l'organisme soit obligé de refuser d’héberger certaines personnes, faute de places disponibles.

Ça arrive dans les mois forts. Nous, c’était novembre, décembre. L’année passée, on était quand même pleins.

Une citation de : David Leboeuf, intervenant à Transit Sept-Îles

Dans la Baie-des-Chaleurs, le centre l’Accalmie se voit contraint de fermer quelques mois par année, lorsque les coffres tombent à sec.

L’année dernière, le centre a dû fermer ses portes une partie des mois de novembre et de décembre.

« On ne coûte pas cher au système. On a fait nos preuves, mais ça ne semble pas suffisant. C’est encore un choix du gouvernement de nous laisser crever de faim comme on dit », lâche la directrice de l’endroit.

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