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Une avocate enquêtera sur la candidature controversée du conservateur Rick Dykstra

Rick Dykstra entouré des micros de journalistes.

Les stratèges conservateurs avaient permis à Rick Dykstra de se présenter pour le parti en 2015 en sachant qu'il avait fait l'objet d'allégations d'inconduite sexuelle.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

La Presse canadienne

Cela aura pris un mois et demi, mais le Parti conservateur a finalement nommé, mardi, une avocate pour enquêter sur les circonstances entourant la candidature de Rick Dykstra pendant la campagne électorale de 2015.

Le mandat de faire la lumière sur la décision d'autoriser, en connaissance de cause, un homme visé par des allégations d'agression sexuelle à briguer un siège aux Communes a été confié à Carol Nielsen, a annoncé le parti par voie de communiqué.

À l'issue de son enquête, l'avocate spécialisée en relations de travail aidera le parti à « établir des protocoles qui répondent adéquatement aux circonstances telles que celles qui font l'objet de cette révision », précise le communiqué.

Le chef conservateur Andrew Scheer a réitéré mardi son engagement de rendre publics les résultats de l'enquête indépendante, insistant sur l'importance « d'avoir un environnement où les victimes peuvent parler et que leurs allégations fassent l'objet d'une enquête approfondie ».

Une candidature litigieuse

L'affaire Dykstra remonte à la dernière campagne électorale, alors que les stratèges conservateurs avaient permis au député sortant de l'Ontario de se représenter sous la bannière du parti en sachant qu'il avait fait l'objet d'allégations de nature sexuelle.

Selon un article publié en janvier dernier dans le magazine Maclean's, on aurait donné le feu vert au candidat en sachant qu'il était soupçonné d'avoir agressé sexuellement une employée politique après une fête en 2014. Cette information, émanant d'une source anonyme, n'a pu être corroborée.

L'histoire avait provoqué un inconfort palpable dans les rangs conservateurs, en plus de les fissurer.

D'un côté, les Maxime Bernier, Michelle Rempel et Marilyn Gladu exigeaient des réponses, et de l'autre les Erin O'Toole, Lisa Raitt et Alain Rayes martelaient qu'une telle situation ne se produirait jamais sous la gouverne de M. Scheer.

Le chef conservateur avait aussi martelé que le passé n'était pas garant de l'avenir, se montrant tiède à l'idée d'ouvrir une enquête. Il avait fait volte-face, quelques jours plus tard, convoquant la presse avec un court préavis pour annoncer le changement de cap.

Trois partis touchés

L'affaire Dykstra a éclaté en janvier, quelques jours après qu'un actuel député, le libéral Kent Hehr, eut été visé par des allégations d'inconduite sexuelle, et qu'à Queen's Park, le chef progressiste-conservateur Patrick Brown eut démissionné en raison d'allégations de nature sexuelle.

Quelques jours plus tard, c'était au tour d'un néo-démocrate, Erin Weir, de se retrouver sous les projecteurs de la colline d'Ottawa. Ce sont les allégations faites par courriel par l'une de ses collègues, Christine Moore, qui ont incité le chef Jagmeet Singh à ordonner lui aussi une enquête.

L'enquêteuse « avait jusqu'au 20 février pour recueillir les renseignements » et « elle travaille maintenant sur son rapport », a indiqué mardi la chef de cabinet du leader néo-démocrate, Willy Blomme, dans un courriel envoyé à La Presse canadienne.

Les libéraux ont eux aussi ouvert une enquête sur l'ancien ministre Kent Hehr. Le premier ministre Justin Trudeau ne s'est pas engagé à rendre les résultats de l'investigation publics, notant que « la confidentialité est importante dans certains cas, et moins dans d'autres ».

Au bureau du premier ministre, mardi, on a indiqué que le travail de l'avocate torontoise Christine Thomlison n'était pas encore terminé. « L'enquête est en cours », s'est contentée d'offrir l'attachée de presse Eleanore Catenaro, sans rien dire sur la divulgation des résultats.

Justin Trudeau avait annoncé tout juste avant de décoller de l'aéroport de Zurich, en Suisse, après son passage au Forum économique mondial de Davos, qu'il avait accepté la démission de Kent Hehr à titre de ministre.

L'élu de l'Alberta est toujours membre du caucus libéral, mais n'a pas été vu à la Chambre des communes depuis.

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