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Offre de soins de santé en français : difficile de s'y retrouver à Halifax

Éloïse Baïet a tenté de trouver un médecin francophone à Halifax, mais sans succès.

Éloïse Baïet a tenté de trouver un médecin francophone à Halifax, mais sans succès.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

Radio-Canada

Des résidents d'Halifax, en Nouvelle-Écosse, aimeraient avoir plus facilement accès à de l'information en ligne pour obtenir des services en français de la part de professionnels de la santé. Un répertoire accessible sur le web a été créé il y a plusieurs années par un organisme provincial, mais il est rarement mis à jour.

Un texte d'Olivier Lefebvre

Le premier réflexe d'Éloïse Baïet quand elle s'installe pour la première fois à Halifax est de rechercher un médecin francophone sur le web. C'était il y a une dizaine d'années.

Elle tombe sur le répertoire de fournisseurs de soins de santé primaires francophones sur le site du gouvernement provincial.

« J'ai téléphoné aux médecins un par un. Il y avait très peu de médecins dans ma zone et quand il y en avait, ils n'acceptaient plus de patients », se rappelle-t-elle.

Éloïse Baïet opère une garderie en milieu familial. Elle a dû se résigner à retenir les services d'un médecin anglophone à Halifax.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Eloise Baiet opère une garderie en milieu familial. Elle a dû se résigner à utiliser les services d'un médecin anglophone à Halifax.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

Elle fréquente une clinique sans rendez-vous pendant plusieurs années, mais elle parvient finalement à dénicher un médecin de famille anglophone avec l'arrivée de son premier enfant.

La mère de famille est finalement satisfaite de son médecin, mais relance récemment ses recherches par simple curiosité.

Pour avoir un travail au sein de la francophonie, j'ai l'impression que [l'offre] évolue. J'ai vraiment été surprise de voir que la liste de médecins francophones est toujours aussi réduite à Halifax. C'est triste, je trouve, c'est vraiment dommage.

Éloïse Baïet, résidente d'Halifax

Elle considère son niveau d'anglais comme étant intermédiaire, mais retient toutefois les services de traduction offerts par la Régie de la santé provinciale.

Éloïse Baïet ne fera cependant plus appel à ces services en raison d'expériences douteuses. Par exemple, lors de l'accouchement de sa conjointe, la traductrice lit un livre dans le coin de la chambre d'hôpital.

« On lui a demandé de partir de la salle parce qu'elle n'était pas vraiment utile. Évidemment, ce n'était pas son moment de vie. Je pense qu'elle aurait pu être un peu plus compatissante, un peu plus investie dans le moment. Je ne sais pas comment elle aurait pu agir, mais pas de façon aussi froide », estime-t-elle.

Le service de traduction en personne a été utilisé 295 fois en 2016-2017, selon les données de la Régie de la Santé de la Nouvelle-Écosse.

Les francophones devraient avoir la priorité d'accès aux professionnels de la santé qui parlent français, estime la directrice générale de l'organisme Réseau Santé Nouvelle-Écosse, Jeanne-Françoise Caillaud.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jeanne-Françoise Caillaud est la directrice-générale de l'organisme Réseau Santé Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

Une refonte du répertoire en ligne

Le Réseau Santé Nouvelle-Écosse est un organisme dont la mission est d'améliorer l'accès aux soins de santé en français dans la province. Il pointe du doigt la pénurie de médecins de famille pour expliquer le faible nombre de médecins francophones inscrits au répertoire.

Des médecins ne voudraient également pas s'y inscrire de peur d'être obligés de refuser des patients.

La directrice générale de l'organisme reconnaît la lenteur des mises à jour, mais annonce une refonte sous peu, en plus de la publication d'un outil pour les résidents de la région d'Halifax.

Le comité de la région centrale penche sur la question depuis déjà deux ans et va créer son petit répertoire papier pour promouvoir les professionnels de la santé pour la fin mars, disons avril.

Jeanne-Françoise Caillaud, directrice-générale, Réseau Santé Nouvelle-Écosse

Les francophones devraient, par ailleurs, avoir un accès prioritaire aux médecins de famille qui s'expriment en français, selon elle. « C'est juste la volonté politique et le fait de mettre la priorité sur la langue », estime-t-elle.

Elle prend pour exemple une clinique de Calgary, en Alberta, où sont seulement acceptés des patients francophones. Cette clinique, ouverte en 2015, cessera toutefois d'offrir des consultations médicales, notamment en raison d'un manque de professionnels francophones.

Les barrières linguistiques font en sorte que nos gens ont des services de santé de moins grande qualité que les autres personnes.

Michel Tremblay, directeur général, Société Santé en français

C'est inacceptable, selon lui. C'est pourquoi les professionnels de la santé, les provinces, les gestionnaires et les institutions d'enseignement doivent travailler ensemble. Une démarche toutefois impossible, dit-il, sans le leadership des communautés.

Le directeur général de la Société Santé en français, Michel TremblayAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Michel Tremblay est le directeur général de la Société Santé en français.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

En excluant le Nouveau-Brunswick, en Atlantique, 405 omnipraticiens se disaient capables de parler français et pourtant seulement 80 d'entre eux l'utilisaient régulièrement au travail en 2011, selon un rapport de Statistique Canada.

Il est cependant important de noter que la capacité de soutenir une conversation n'égale pas toujours la capacité d'offrir des services en français.

En 2016-2017, 196 employés, des médecins et des apprenants ont suivi des cours de français totalisant plus de 4100 heures de cours, indique la Régie de la santé de la Nouvelle-Écosse.

Il a été impossible d'obtenir une entrevue avec la ministre des Affaires acadienne et de la francophonie, Lena Diab, à propos de l'accès aux soins de santé en français.

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