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En Californie, terre de « résistance », Trump défend son mur

M. Trump près de la frontière avec le Mexique à Otay Mesa.

M. Trump s'est rendu à la frontière avec le Mexique à Otay Mesa, sur le site où se dressent huit prototypes – de béton ou d'acier – de l'immense barrière physique qu'il entend dresser entre les deux pays.

Photo : Associated Press / Evan Vucci

Agence France-Presse

Le président américain Donald Trump est arrivé mardi à San Diego, en Californie, État farouchement opposé à sa politique sur l'immigration, pour vanter son projet controversé de mur à la frontière mexicaine. L'avion présidentiel Air Force One s'est posé en milieu de journée sur la base militaire de Miramar.

Ce premier déplacement à titre de président dans ce bastion démocrate de la côte ouest s'annonce délicat pour le magnat de l'immobilier tant le « Golden State » s'oppose frontalement à lui, de l'immigration à l'environnement, en passant par les armes.

M. Trump devait se rendre à la frontière avec le Mexique à Otay Mesa, sur le site où se dressent huit prototypes – de béton ou d'acier – de l'immense barrière physique qu'il entend dresser entre les deux pays.

Les images du locataire de la Maison-Blanche devant les huit grands blocs qui se dressent vers le ciel devraient être chargées en symboles. Mais rien n'indique que le « magnifique » mur promis sur les estrades de campagne soit sur le point de sortir de terre.

Pas de budget pour le mur

Plus d'un an après l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, le Congrès n'a pas débloqué le moindre dollar pour une construction à laquelle nombre d'élus démocrates s’opposent, y voyant le triste symbole d'une Amérique tournant le dos à son histoire.

Et sur Capitol Hill, les discussions entre républicains et démocrates sur l'immigration sont dans l'impasse.

L'édifice du Capitol à Washington.

Photo : Reuters / Joshua Roberts

Au fil des rassemblements, M. Trump a verbalement beaucoup changé la taille et la longueur de ce mur érigé en symbole de fermeté sur l'immigration, mais aussi sur l'estimation du coût de sa construction – avançant des chiffres allant de 4 à 20 milliards de dollars.

À l'issue du dévoilement des prototypes, il devait s'exprimer depuis la base de Miramar, avant de participer dans la soirée à une levée de fonds à Beverly Hills, municipalité cossue qui jouxte Los Angeles.

Manifestations

Il peut s'attendre à de multiples manifestations dans cet État où il a obtenu à peine plus de 30 % des voix lors de l'élection présidentielle.

Peu avant son arrivée, quelques dizaines de personnes s'étaient rassemblées à côté du poste-frontière de San Ysidro. « Je suis ici par solidarité avec mes amis et ma famille », soulignait Rebecca Montes, étudiante de 22 ans, évoquant ses proches ne disposant pas de papiers.

Une jeune femme hispanique, lunettes et chignon tiré, racontait de son côté comment ses parents avaient été expulsés alors qu'elle avait 15 ans. « Ai-je pleuré? Oui. Combien de larmes devrons-nous encore verser? », lançait-elle.

Le gouverneur démocrate de l'État de la Californie, Jerry Brown.

Le gouverneur démocrate de l'État de la Californie, Jerry Brown.

Photo : Associated Press / Rich Pedroncelli

Établir des ponts

À la veille de la visite de Donald Trump, le gouverneur démocrate de l'État, Jerry Brown, lui a adressé une lettre ouverte sans ambiguïté.

Rappelant que le « Golden State » est à lui seul la sixième économie du monde, il souligne que la prospérité de son État n'a pas été bâtie sur le « repli, bien au contraire », mais grâce à l'accueil « d'immigrants et d'innovateurs venus des quatre coins du monde ».

« En Californie, nous sommes plus attachés aux ponts qu'aux murs », a-t-il lancé, soulignant qu'il ne s'agit pas seulement d'une image et invitant M. Trump à découvrir les dizaines de ponts et de viaducs en construction en vue de créer la première ligne ferroviaire à grande vitesse du pays.

Un bras de fer

Le bras de fer entre la Californie et l'administration Trump est encore monté d'un cran la semaine dernière, quand le ministère américain de la Justice a porté plainte contre la capitale californienne Sacramento pour forcer cet État qui s'est proclamé « refuge » (sanctuary) pour les sans-papiers, à coopérer avec la police fédérale de l'immigration.

La politique de la Californie sur les villes refuges est illégale, anticonstitutionnelle et met en danger le pays tout entier.

Tweet du président américain

« CELA DOIT CESSER! », a-t-il ajouté.

Donald Trump, président des États-Unis

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