•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Tests d’immigration plus chers en français : un an plus tard, aucune amélioration

Gros plan de livres ouverts empilés avec des crayons et des feuilles glissées à l'intérieur de ceux-ci.

Les tests en français pour immigrants sont toujours plus chers que ceux en anglais.

Photo : pixabay.com / pixabay

Radio-Canada

Plus d'un an après que le Commissariat aux langues officielles eut fait des recommandations à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, il est toujours plus coûteux de passer un examen de français que d'anglais dans le cadre d'une demande de statut de résidence permanente au pays.

Un texte de Colin Côté-Paulette

Immigrer au Canada lorsqu'on est francophone peut s'avérer plus coûteux, du moins en ce qui a trait aux examens obligatoires de compétences linguistiques.

Mathieu Boullet est originaire de France et, depuis quatre ans, il exerce le métier d'ingénieur à Windsor. Il souhaite maintenant obtenir le statut de résident permanent.

Mais pour obtenir ce statut, il doit prouver au gouvernement canadien qu'il maîtrise l'une des deux langues officielles du pays.

Lorsqu'il a voulu s'inscrire pour passer le test de français, sa langue maternelle, il a eu la mauvaise surprise de constater que celui-ci était plus cher que le test d'anglais.

Effectivement, l'examen de français coûte 440 $, tandis que celui d'anglais coûte entre 265 $ et 319 $ en Ontario.

« Ça semble un peu injuste dans le sens où le Canada se dit un pays bilingue », pense M. Boullet.

Et il n'y a pas que le prix qui rend plus difficile l'accès au test, car contrairement aux examens d'anglais, le test de français en Ontario ne peut être effectué que dans deux villes : Toronto et Ottawa, ville dans laquelle le test coûte 460 $. Il n'est par ailleurs possible de passer ce test qu'en semaine.

Je peux comprendre que l'Ontario est une région anglophone et que c'est plus difficile de trouver des tests en français, mais cela devrait être un peu plus accessible.

Mathieu Boullet

Prix plus élevés

Un des facteurs qui fait augmenter le coût des tests en français est le fait que plusieurs évaluateurs sont nécessaires pour faire passer les examens, selon Marie-Joëlle Lévignat, la directrice pédagogique à l'Alliance française de Toronto, l'un des deux centres où il est possible de passer les tests en Ontario.

Contrairement au test oral en français, celui d'anglais peut être effectué sur ordinateur. Le candidat, casques d'écoute sur les oreilles, décrit des images et répond à des questions en parlant dans un micro.

M. Boullet estime que ce genre de méthode pourrait permettre de réduire les coûts pour les candidats francophones.

Certains tests doivent également être envoyés en France par la poste afin de vérifier si ceux-ci respectent les critères standardisés du Test d'évaluation du français (TEF).

Suivi du Commissariat aux langues officielles

Les problèmes liés à ces examens ne datent pourtant pas d'hier.

En septembre 2016, l'ancien commissaire aux langues officielles Graham Fraser avait déjà indiqué dans un rapport d'enquête préliminaire qu'Ottawa ne respectait pas ses obligations en matière de langues officielles. 

La commissaire par intérim, Ghislaine Saikeley, avait suivi les pas de M. Fraser et avait donné six mois au ministère de l'Immigration afin d'élaborer un plan d'action, en mars 2017.

Deux recommandations par rapport à la Loi sur les langues officielles avaient également été déposées après que quatre plaintes contre le ministère se furent avérées fondées.

Il était demandé que le service soit disponible et offert de manière égale en français et en anglais.

Une porte-parole du Commissariat a confirmé qu'un suivi sur la mise en oeuvre des recommandations doit être effectué en 2018.

Nouvelle évaluation moins coûteuse

Une nouvelle évaluation du français pourrait bientôt voir le jour.

« Nous finalisons la désignation d'une nouvelle organisation indépendante d'évaluation linguistique en français et nous espérons qu'une seconde évaluation en français qui sera moins dispendieuse que l'évaluation actuelle sera annoncée d'ici quelques mois », indique une porte-parole d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada par courriel.

Les organismes francophones sont aussi invités à soumettre leur candidature afin de se proposer comme endroit où les tests de français pourront être passés.

Nous sommes déterminés à améliorer la situation en faisant ce qui est en notre pouvoir et, en tenant compte des forces du marché en place ainsi que des réalités géographiques du pays, pour que les coûts des évaluations de français soient réduits.

Nancy Caron, porte-parole d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada

Il est toutefois impossible d'avoir accès au plan d'action instauré en août 2017 par le ministère, puisque celui-ci est « un document de travail qui est utilisé à titre de feuille de route et mis à jour de manière régulière ».

Francophonie

Société