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  • Exclusif
  • Trains de banlieue : les titres de transport ne sont plus vérifiés pour ne pas « irriter » les usagers

    Des usagers font la file pour pénétrer dans un train de banlieue sous la supervision d'un inspecteur.
    Un inspecteur de l'AMT, l'ancêtre du RTM (archives) Photo: Radio-Canada
    Jérôme Labbé

    Depuis le 23 février, les inspecteurs du Réseau de transport métropolitain (RTM) ne vérifient plus les titres de transports des passagers sur les six lignes de train de banlieue du Grand Montréal. La directive, dont Radio-Canada a obtenu copie, leur a été transmise dans la foulée des nombreuses perturbations qu'a connues le réseau cet hiver.

    « Ce qu'on a voulu faire, c'est de permettre à nos inspecteurs sur le terrain de se concentrer sur une autre portion de leurs tâches, qui est plutôt celle de l'accueil et de l'accompagnement de la clientèle », explique Caroline Julie Fortin, porte-parole du RTM.

    Elle souligne qu'il s'agissait d'une directive « temporaire ».

    « C'est vraiment de s'assurer de répondre aux questions, d'être disponibles et d'être plutôt dans une optique d'accueil que de vérifications de titres », précise Mme Fortin. Elle évoque aussi d'autres tâches des inspecteurs, comme de bien veiller à ce que « partout sur le réseau les quais soient déneigés » et que « les infrastructures soient conformes », le tout dans le but de « s'assurer d'avoir le moins d'irritants possibles pour les usagers ».

    Parce que des irritants, il y en a eu beaucoup dans les derniers mois : des portes de train qui refusent de s’ouvrir, un système d’aiguillage gelé, des accrochages sous un viaduc... Pannes et retards se sont multipliés, ce qui a suscité le mécontentement des usagers. Le directeur général du RTM, Raymond Bachant, a même dû présenter ses excuses aux usagers du réseau.

    Il était pour le moins délicat, dans ces circonstances, de continuer à vérifier si les usagers avaient bel et bien payé leur titre de transport, selon des inspecteurs du RTM à qui nous avons parlé sous le sceau de la confidentialité.

    « Quand on vérifie, la clientèle est énervée », raconte l'un d'eux.

    « La raison [pour laquelle la directive avait été émise], c'était à cause des nombreux retards, des bris mécaniques, des cancellations, et tout et tout, explique un autre. C'était pour éviter de brimer l'humeur du client. »

    Or, comme « le système est basé sur un paiement sur l'honneur [...] habituer la clientèle à ne plus les vérifier [contribue] à ce que les gens n'achètent plus leurs titres de transport », fait-il valoir – un argument que réfute le RTM, soulignant que la directive n'avait pas été publicisée.

    Le prix des titres de transport du RTM varie en fonction des zones couvertes, du statut des usagers (adultes, enfants, étudiants, aînés) et des moyens de transport utilisés (train, métro, autobus). Le titre mensuel le plus cher coûte 263 $.

    Les passagers d'un train de banlieue voyageant sans titre de transport valide sont normalement passibles d'un constat d'infraction de 122 $.

    Remédier au fond du problème

    Pour améliorer sa fiabilité et sa ponctualité, le RTM a mis en place le mois dernier une série de mesures à court terme. Il a par exemple engagé des entreprises de déneigement ferroviaire supplémentaires afin de prêter main-forte aux équipes déjà déployées sur la ligne Deux-Montagnes.

    Le RTM avait aussi jusqu'au lundi 12 mars pour remettre un rapport au ministre des Transports, André Fortin, concernant les mesures à prendre pour que la situation ne se reproduise pas l'hiver prochain. Ce plan d'action pour l'amélioration durable de la fiabilité et de la ponctualité des trains doit d'ailleurs être présenté mercredi matin par Raymond Bachand et Josée Bérubé, présidente du conseil d'administration du RTM, lors d'une conférence de presse, à Montréal.

    La direction du RTM a par ailleurs pris la décision, quelques heures après notre appel, de recommencer à vérifier les titres de transport des usagers à compter du lundi 19 mars prochain.

    « C'est une mesure qu'on évaluait chaque semaine depuis le 23 février, donc la décision devait de toute manière être prise », se défend Caroline Julie Fortin.

    « Ce qui a justifié le fait que nous allons recommencer la vérification des titres lundi, c'est que, depuis les dernières semaines, on observe un meilleur taux de ponctualité », poursuit-elle.

    Ça va mieux sur l'ensemble du réseau, donc il y a moins d'irritants pour la clientèle.

    Caroline Julie Fortin, porte-parole du RTM

    D'après les chiffres fournis par le RTM, la ponctualité variait de 93 % à 98 % en fonction des lignes de train de banlieue, la semaine dernière.

    Grand Montréal

    Transport en commun