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Le Centre francophone de Toronto encore une fois sans médecin au centre-ville

L'entrée et la salle d'attente d'une clinique médicale
L'entrée de la clinique du Centre francophone de Toronto au 555, rue Richmond Ouest Photo: Radio-Canada / Susan Goodspeed
Radio-Canada

La clinique du Centre francophone de Toronto (CFT) sur la rue Richmond, au centre-ville, n'a plus de médecin depuis la fin du mois de février, à la suite des départs de deux omnipraticiens venus eux-mêmes remplacer deux docteurs ayant démissionné soudainement.

Un texte d'Annie Poulin

C'est la deuxième fois en huit mois que la clinique perd ses deux médecins en même temps.

L'établissement médical reste toutefois ouvert :

  • Une infirmière praticienne à temps plein et une autre travaillant à temps partiel reçoivent les patients, selon la direction.
  • Le médecin de la clinique de Fairview, dans le nord de Toronto, passe au moins une journée par semaine à la clinique du centre-ville.
  • Une troisième infirmière praticienne devrait entrer en poste à la fin du mois de mars.

Les patients doivent maintenant attendre deux à trois semaines pour obtenir un rendez-vous, selon la direction. Il y a aussi une liste d'attente d'une trentaine d'individus qui désirent devenir patients, mais qui ne peuvent être reçus, faute de ressources.

Des patients perdent confiance

Un patient du CFT s'exclame : « Les médecins viennent et à peine arrivés, ils partent! »Réaction d'un patient du Centre francophone de Toronto Photo : Radio-Canada / Vedran Lesic

« Vous pensez que [les nouveaux médecins] qui vont venir vont rester définitivement? Je ne crois pas », commente Bwana Mubenga Boniface, un patient qui pense quitter la clinique.

« Je suis déçue. Les infirmières, les médecins vont et viennent. Je ne suis pas confortable avec ça, alors je suis déjà sur une liste d'attente ailleurs », ajoute Nathalie Mouralian, une autre patiente.

C'est normal [que des patients aient quitté la clinique], parce qu'ils sont attachés à leur médecin. Mais il y a aussi un grand nombre de nouveaux patients qui veulent être clients.

Florence Ngenzebuhoro, directrice du Centre francophone de Toronto

La directrice, Florence Ngenzebuhoro, affirme que le centre est en négociation avec cinq médecins francophones qui pourraient souhaiter venir remplacer ceux qui ont démissionné.

Le Centre francophone de Toronto espère que deux nouveaux médecins seront en poste d'ici le 1er juillet.

Passé tumultueux

Le CFT a connu un été difficile marqué par l'annonce du départ des deux médecins qui étaient en poste depuis plusieurs années, puis de celui de l'ancienne directrice Lise Marie Baudry.

Plusieurs employés et anciens employés ont ensuite déclaré anonymement que l'ambiance de travail était « toxique » au CFT.

La nouvelle directrice assure que le climat de travail « est à son meilleur actuellement » et que les médecins embauchés en septembre sont partis « pour des raisons personnelles et professionnelles ».

Citation de la directrice du CFT, Florence Ngenzebuhoro qui dit : « La stabilité est revenue. Ça a été une coïncidence, un peu fâcheuse, que les deux médecins ont dû partir. »Réaction de la directrice du CFT, Florence Ngenzebuhoro Photo : Radio-Canada / Susan Goodspeed

Malgré l'absence de médecin au centre-ville, le conseil d'administration du Centre francophone maintient sa confiance envers la direction, selon son vice-président, René C. Viau.

Ce dernier qualifie ces départs de « circonstanciels ».

Il admet que plusieurs employés ont quitté le CFT au cours de la dernière année. « On a eu un roulement d'une vingtaine, une trentaine de personnes », estime-t-il.

Le Centre compte environ cent postes, selon la direction. Ils seraient tous comblés à l'heure actuelle, à l'exception des deux postes de médecins de la clinique de la rue Richmond.

Une fiche illustre le budget annuel du CFT (9 827 195 $), le budget annuel pour les soins médicaux (3 714 516 $) ainsi que le nombre d'employés à plein temps à la clinique médicale (12,4).Source : Entente de 2017-18 entre le Centre francophone de Toronto et le Réseau local d'intégration des services de santé du Centre-Toronto Photo : Radio-Canada / Vincent Wallon

Situation « désolante »

Le commissaire aux services en français de l'Ontario qualifie de « désolante » et « d'un peu inquiétante » la situation au Centre francophone de Toronto.

François Boileau explique toutefois qu'il n'a pas l'intention d'ouvrir d'enquête.

J'ai parlé à la direction générale du Centre francophone de Toronto. On m'assure qu'il y a un plan de contingence.

François Boileau, commissaire aux services en français de l'Ontario

Il ajoute qu'il n'a reçu aucune plainte du public ou des employés concernant les services du Centre francophone.

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