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Pensionnat autochtone Sainte-Anne : des victimes toujours pas indemnisées

Un homme autochtone d'une cinquantaine d'années qui parle aux médias devant la cour

L'ancien chef Edmund Metatawabin, lui-même un survivant, en cour à Toronto pour une cinquième fois.

Photo : CBC

Radio-Canada

L'ancien chef de la Première Nation de Fort Albany, sur la côte ouest de la baie James en Ontario, a repris sa croisade, mardi, devant les tribunaux pour obtenir des compensations pour des victimes d'abus au Pensionnat Sainte-Anne.

Un texte de Natasha MacDonald-Dupuis

Edmund Metatawabin, qui y a lui-même subi des sévices, raconte que plusieurs survivants du pensionnat ont été contraints de manger leur propre vomi, et qu'une chaise électrique était même utilisée sur de jeunes enfants.

Dans son autobiographie intitulée Up Ghost River, Edmund Metatawabin raconte avoir été lui-même attaché de force à une chaise électrique et électrocuté à plusieurs reprises pour « mieux apprendre à être blanc ».

Selon M. Metatawabin, certains survivants n'ont jamais été indemnisés pour ces graves sévices en raison du manque de documentation.

L'ancien chef s'est rendu mardi devant la Cour supérieure de l'Ontario pour tenter une cinquième fois d'obtenir ces documents, qui auraient été retenus durant le Processus d'évaluation indépendant.

 Un groupe d'enfants de choeur au Pensionnat Sainte-Anne de Fort Albany en Ontario vers 1945.

Un groupe d'enfants de choeur au Pensionnat Sainte-Anne de Fort Albany en Ontario autour de 1945.

Photo : Collection Edmund Metatawabin/Université Algoma

Il était accompagné d'un groupe de survivants, de chefs autochtones et du député néo-démocrate Charlie Angus. Ce dernier accuse le gouvernement fédéral d'avoir négligé les survivants.

Le gouvernement tente de camoufler ces documents, et ce n'est pas acceptable.

Charlie Angus, député néo-démocrate fédéral de Timmins-Baie James

Une survivante, Marie Sackanay, qui vit maintenant à Timmins, a passé la majeure partie de son enfance au Pensionnat Sainte-Anne, soit près de dix ans.

Elle a fait le voyage jusqu'à Toronto et s'est dite exaspérée de devoir se battre aussi longtemps pour obtenir ces documents. Elle espère que cette cinquième tentative sera la bonne. « Nous avons déjà été agressés dans les pensionnats autochtones, pourquoi continuer de nous faire souffrir? C'est traumatisant ».

Ottawa a refusé dans le passé de divulguer certains documents, affirmant qu'ils contenaient des renseignements confidentiels.

Des centaines de jeunes Autochtones ont fréquenté le Pensionnat Sainte-Anne entre 1904 et 1976, date de sa fermeture.

Une date n'a pas été déterminée pour le verdict.

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