•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le convoi du premier ministre palestinien attaqué à Gaza

Un garde du corps de M. Hamdallah, en civil, et un membre des forces de sécurité du Hamas, en uniforme militaire, courent aux côtés du convoi transportant M. Hamdallah.
Le convoi du premier ministre palestinien Rami Hamdallah quitte la ville de Gaza, après l'inauguration d'une usine de traitement des eaux usées. Un garde du corps de M. Hamdallah, en civil, et un membre des forces de sécurité du Hamas, en uniforme militaire, l'escortent. Photo: Getty Images / MAHMUD HAMS
Radio-Canada

Un convoi transportant le premier ministre palestinien et le chef du renseignement de l'Autorité palestinienne a été ciblé par une explosion, mardi, après être entré dans la bande de Gaza au point de passage d'Erez. Une attaque non revendiquée qui pourrait plomber le laborieux processus de réconciliation interpalestinien.

Trois véhicules du convoi ont été endommagés par la déflagration, mais le premier ministre Rami Hamdallah et le chef du renseignement, Majed Farraj, en sont sortis indemnes.

Un porte-parole du ministère de l'Intérieur à Gaza, Eyad Al-Bozom, assure que l'attaque n'a fait aucun blessé, contredisant les sources de certains médias; celles d'Al-Jazira évoquent cinq blessés légers, tandis que l'AFP, s'appuyant sur une source de sécurité et des témoins, avance qu'il y en a eu sept.

Pour M. Hamdallah, basé à Ramallah, en Cisjordanie, comme tout l’appareil de l’Autorité palestinienne, il s’agissait d’une très rare visite dans la bande de Gaza. Le territoire palestinien est sous contrôle exclusif du mouvement islamiste Hamas depuis 2007, avec lequel une laborieuse tentative de réconciliation est en cours.

Malgré l’explosion, le premier ministre palestinien a assisté comme prévu à l’inauguration d'une usine de traitement des eaux usées construite dans la ville de Gaza, avec l’aide de la communauté internationale.

Plusieurs personnes sont rassemblées au-dessus d'un cratère vraisemblablement formé par l'engin explosif.Le chef de la police du Hamas, Tayseer Al-Batish, inspecte le site où s'est produite l'explosion. Photo : Reuters / Ibraheem Abu Mustafa

Dans un communiqué, l'Autorité palestinienne, contrôlée par le Fatah du président Mahmoud Abbas, a annoncé qu'elle tenait le Hamas pour responsable de cette explosion, qu'elle assimile à une tentative d'assassinat contre le premier ministre Hamdallah, sans pour autant l'accuser directement. Elle dit plutôt que le parti islamiste n'a pas mis en place un dispositif de sécurité suffisant pour l'occasion.

La présidence palestinienne tient le Hamas pour responsable de cette attaque lâche contre le convoi du premier ministre à Gaza. [L'attaque vise à] dégrader la sécurité à Gaza et à porter atteinte aux efforts de réconciliation.

Déclaration de l'Autorité palestinienne rapportée par l'agence de presse officielle WAFA

« Nous demandons au Hamas de faire progresser rapidement l'enquête », a pour sa part commenté à Al-Jazira un porte-parole du Fatah, Mounir Al-Jaghoub. « Ce développement prouve que le Hamas a complètement échoué à assurer la sécurité à Gaza, comme il a échoué à fournir une vie décente à la population de Gaza. »

Majed Farraj est pour sa part demeuré prudent, en soulignant qu’il était « trop tôt » pour désigner un responsable.

Le Hamas a également condamné l’attaque. Dans une déclaration officielle, le parti islamiste dit qu’il s’agit d’un « crime » destiné « à nuire aux efforts d’unité et de réconciliation ». Elle a promis qu’une enquête serait menée.

L'émissaire de l'ONU au Proche-Orient, Nikolaï Mladenov, dénonce un « grave incident » et demande une enquête afin que les coupables soient traduits en justice. Il a rappelé que le Hamas est le seul responsable de la sécurité dans la bande de Gaza.

Le Hamas et le Fatah n’ont toujours pas réussi à surmonter leurs dissensions depuis le conflit de 2007, malgré différentes tentatives de rapprochement menées sous l’égide de l’Égypte.

Le 12 octobre dernier, les deux principaux partis palestiniens ont conclu un accord de réconciliation qui devait permettre à l’Autorité palestinienne de reprendre le contrôle sur la bande de Gaza.

En novembre, le Hamas a remis le contrôle du point de passage d’Erez à l’Autorité palestinienne, une première concession réelle depuis des années. Le reste de l’accord du 12 octobre reste cependant lettre morte pour l’essentiel.

Un homme lourdement armé précède le premier ministre Hamdallah lorsqu'il passe devant une haie d'honneur formée de policiers du Hamas. Le premier ministre Rami Hamdallah est accueilli par les forces de police du Hamas à son arrivée dans la ville de Gaza. Derrière lui, à droite, le chef de la sécurité du Hamas, Tawfiq Abou Naim. Photo : Getty Images / MAHMUD HAMS
Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, Reuters, et Al-Jazira

Conflits armés

International