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Les bébés sont perçus comme étant plus mignons à partir de six mois, selon une étude

Gros plan sur la main d'une mère qui tient les doigts d'un nouveau-né.
Les adultes ont tendance à trouver les bébés plus mignons à partir de six mois, selon une étude de l'Université Brock. Photo: iStock
Radio-Canada

Ce n'est pas anormal de trouver que son enfant naissant n'est pas si mignon que cela de prime abord. En fait, c'est même plutôt courant, selon une nouvelle étude de l'Université Brock à Sainte Catharines. Et cela aurait aussi un impact sur la manière dont les parents agissent envers leur progéniture.

Tony Volk, professeur agrégé en études sur les enfants et la jeunesse, a mené une étude avec son équipe de chercheurs : ils ont montré à 142 participants 54 photographies de nourrissons, âgés de trois à six mois.

L'équipe a également demandé aux participants jusqu'à quel point ils seraient disposés à adopter ces bébés en fonction des traits de leur visage.

Ces traits sont associés à la beauté, la santé, le bonheur et la ressemblance avec soi. Ils influencent la façon dont les adultes vont se comporter envers leurs nouveau-nés, selon Tony Volk.

À écouter : Balado La marmaille

Tony VolkTony Volk Photo : Brock University

Au cours de l'étude, les participants ont dû noter la beauté des bébés sur une échelle d'un à neuf, c'est-à-dire du plus bas au plus élevé, en fonction des traits du visage.

Le chercheur souhaitait savoir comment les adultes perçoivent les expressions faciales d'un nourrisson en comparant la différence entre les besoins de l'enfant et la manière dont les adultes vont agir pour y répondre, selon le physique de l'enfant.

L'étude a permis de révéler que la plupart des bébés sont perçus comme étant plus mignons à partir de six mois que lorsqu'ils sont encore nouveau-nés.

Selon M. Volk, ce résultat peut suggérer que si le bébé est mignon il recevra plus de soins des adultes, qui y seront plus attentifs.

Or la perception d'un adulte peut jouer un grand rôle dans les cas d'abandon durant les premières semaines de la vie de l'enfant, ajoute le chercheur.

L'historienne en antiquité romaine, Emerita Beryl Rawson, a découvert dans une étude en 2003 qu'à l'époque les parents investissaient davantage de temps pour s'occuper de leurs bébés qui semblaient « plus forts ». En revanche, ils délaissaient davantage les bébés qui semblaient plus faibles.

« Les parents [à l'époque] devaient parfois prendre des décisions difficiles, s'ils avaient les moyens, ou non, de s'occuper d'un nouveau-né. Par exemple si la mère allaitait déjà un autre enfant, voire deux autres enfants,elles pouvaient choisir celui le plus en santé », explique M. Volk.

Une photo d'une mère en train d'embrasser son bébé endormi sur un grand lit.Certaines femmes qui choisissent de ne pas avoir d'enfant ressentent une pression sociale parfois difficile à affronter. Photo : iStock / AleksandarNakic

Sous le regard masculin

Selon l'étude, les hommes sont aussi plus susceptibles d'investir plus de temps et de mieux nourrir leur bébé si ce dernier leur ressemble. En général, c'est en grandissant que les enfants ressemblent davantage à leurs parents, contrairement aux nouveau-nés qui sont encore à la phase du développement, notamment des traits du visage.

« Les nouveau-nés sont beaucoup plus rouges à cause de la pression de l'accouchement et parfois ils ont des ecchymoses », rappelle le chercheur.

Les femmes en revanche accordent plus d'importance aux signes de bonheur et de bonne santé de l'enfant, selon l'étude.

Mais M. Volk souligne que la chose la plus importante à retenir de cette étude est l'évolution de la préférence, puisque le critère de « beauté » des traits du visage demeure très arbitraire et suggestif.

Le chercheur envisage désormais d'étudier la différence entre les parents plus jeunes et ceux plus âgés sur la manière d'éduquer leurs enfants, ainsi que les parents qui ont leur premier enfant versus ceux qui en ont déjà plusieurs.

Toronto

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