•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Enquête sur un décès après l'administration de naloxone par la police

Photo de trousses noires marquées d'une croix avec la mention naloxone.

Des trousses de naloxone.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'Unité des enquêtes spéciales de l'Ontario se penche sur le décès d'un homme de 36 ans après que la police lui eut administré l'antidote naloxone à Brampton lundi matin. Une décision qui fait monter au créneau l'Association des chefs de police de l'Ontario.

La police régionale de Peel a répondu à un appel pour une assistance médicale dans une maison située dans le secteur de la route McLaughlin et de la rue Queen ouest vers 0h30.

Les agents y ont trouvé un homme à qui ils ont dû administrer l'antidote. Il a été déclaré mort sur les lieux.

Comme c'est la procédure, une enquête a été ouverte par l'UES.

Mais selon le chef de police de Sudbury, Paul Pedersen, cette décision sème plutôt la controverse. « Cela n'a pas de sens de penser que sauver une vie pourrait mener à une enquête criminelle », dit-il.

Plus tôt cette année, le président de l'Association des chefs de police de l'Ontario, Bryan Larkin, s'était dit « préoccupé » par la position de l'UES selon laquelle la police doit aviser l'agence chaque fois qu'un décès survient durant une interaction policière, particulièrement si la naloxone est administrée.

Nous sommes très préoccupés par la crise des opioïdes, nos agents sont sur le terrain, ils ne doivent pas se soucier de risquer d'être accusés au criminel lorsqu'ils interviennent.

Bryan Larkin, président de l'Association des chefs de police de l'Ontario

Il avait alors demandé des éclaircissements sur la politique de l'UES, notant que la Colombie-Britannique a déterminé que des incidents semblables « ne sont pas du ressort de l'UES ».

D'autant qu'une enquête du UES peut prendre jusqu'à un an et demi, ce qui représente un stress énorme pour les policiers, selon Bryan Larkin.

De son côté Zoe Dodd, travailleuse en réduction des méfaits liés aux drogues, s'interroge sur la formation des policiers à administrer de la naloxone.

« Si les policiers interviennent comme premier répondant, ils devraient avoir accès à plusieurs doses de naloxone, et comprendre la complexité de cet antidote. Une enquête va permettre de savoir si leur formation est adéquate », estime-t-elle.

Le chef de l'UES a répondu à l'association que les chefs de police de l'Ontario devaient « immédiatement » aviser l'organisme de surveillance si un agent administre le naloxone dans l'exercice de leurs fonctions.

Les chefs de police aimeraient quant à eux discuter de cet enjeu avec le gouvernement.

Réponse du ministère du Procureur général

Un porte-parole du ministère du Procureur général a rappelé que la province s'est engagée à utiliser tous les outils pour atténuer les répercussions de la crise des opioïdes. « Cela inclut de fournir à la police et aux services d'incendie du naloxone », précise-t-il par courriel.

Le porte-parole rappelle également que le gouvernement a adopté une motion pour amender le projet de loi 175, qui permettrait au directeur de l'UES de « ne pas enquêter sur un ensemble restreint de cas où un policier administre les premiers soins sans avoir aucune autre interaction avec l'individu ».

Il ajoute que l'UES ne serait ainsi plus tenue de mener une enquête lorsque la naloxone est administrée par un policier.

« La police continuera d'avoir l'obligation d'aviser l'UES des incidents dans lesquels des agents sont impliqués quand il y a des décès ou des blessures graves, mais ces règles permettront de gérer ce type de situations de manière plus efficace en évitant des enquêtes inutiles », dit-il.

Toronto

Forces de l'ordre