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Le chemin Roxham encore emprunté par des migrants, plus souvent africains qu'haïtiens

Un groupe de Nigérians traverse la frontière canado-américaine de façon irrégulière sur le chemin Roxham.
Un groupe de Nigérians traverse la frontière canado-américaine de façon irrégulière sur le chemin Roxham. Photo: Radio-Canada / René Saint-Louis
Radio-Canada

Entre 50 et 60 personnes traversent encore tous les jours la frontière canado-américaine de manière illégale par le chemin Roxham, en Montérégie. Quand le phénomène a commencé il y a un an, ce sont les Haïtiens qui étaient les plus nombreux à le faire. Or, Haïti ne figure même plus parmi les principaux pays d'origine des demandeurs d'asile.

Un texte de René Saint-Louis

Il est 16 h et nous sommes sur le chemin Roxham ou plutôt Roxham Road, car nous sommes à Champlain, un petit village situé dans le nord de l'État de New York.

En l'espace de quelques minutes, trois taxis font leur arrivée.

Les occupants se trouvaient une demi-heure plus tôt à Plattsburgh, où les avait amenés l'un des cinq autocars quotidiens qui fait le voyage en provenance de la ville de New York.

Dans le premier taxi se trouve une famille de six personnes originaires du Nigeria, en Afrique de l'Ouest. Le père raconte qu'ils sont arrivés à l'aéroport JFK à New York il y a cinq jours. Il n’en dira pas plus avant de traverser le petit sentier boueux qui mène au Canada.

Une famille de Nigérians traverse la frontière au chemin Roxham.Une famille de Nigérians traverse la frontière au chemin Roxham. Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Dans le deuxième taxi se trouvent aussi des Nigérians, trois adultes et un enfant.

L'un d'eux, Abdou, explique qu'il est aux États-Unis depuis plus d'un an. Il est venu pour travailler, mais n'a pas réussi à obtenir de permis. Il est mécanicien et dit n'avoir réussi à travailler illégalement qu'une journée par semaine.

J'ai de la famille à faire vivre au Nigeria, où c'est la crise. Je suis venu aux États-Unis en pensant qu'ils allaient m'aider et que j'allais pouvoir faire vivre ma famille. Puis, la semaine dernière, à la télévision, j'ai vu que le Canada aidait les pauvres étrangers. Alors je suis venu.

Abdou, jeune mécaniciens de 28 ans originaire du Nigeria

Enfin, dans le troisième taxi se trouve Tedros, un Érythréen de 25 ans. Tedros a passé six mois dans un centre de détention pour entrée illégale aux États-Unis (il ne veut pas dire comment). On vient de le libérer.

Quand on lui demande ce qu'il vient chercher au Canada, la réponse de Tedros est claire : l'asile politique. Son pays natal, situé en Afrique de l'Est, l'Érythrée, est une dictature sanguinaire, raconte-t-il avec aplomb et aisance.

L'origine des personnes rencontrées sur le chemin Roxham correspond bien aux dernières données du Programme régional d'accueil et d'intégration des demandeurs d'asile (PRAIDA) sur les principaux pays d'origine des demandeurs d'asile depuis le début de 2018.

Plus de la moitié sont du Nigeria, et les autres, de l'Érythrée, de la Turquie, du Congo, du Burundi, du Pakistan, de la Syrie, du Yémen et du Soudan.

Le nombre de demandeurs d'asile serait cependant en légère baisse, selon le PRAIDA, qui estime que 1903 réfugiés ont eu recours à ses services en décembre, 1786 en janvier et 1695 en février.

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