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Victoire électorale pour la droite colombienne; les FARC laminées

Ivan Duque salue ses partisans sur une estrade, en plaçant un pouce en l'air. Il est notamment accompagné d'une femme et de trois enfants qui tiennent un drapeau colombien.

Ivan Duque, candidat du Centre démocratique en vue de la présidentielle colombienne, donne un discours à Bogota dimanche soir. M. Duque est perçu comme le favori en vue de la présidentielle.

Photo : Reuters / Pigiste

Radio-Canada

Les partis de droite sortent vainqueurs des élections législatives tenues dimanche, en Colombie. Une situation qui soulève des questions quant à l'avenir de l'accord de paix conclu avec les anciens rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), qui ont pris part au scrutin pour une première fois, mais sans succès.

Selon des résultats officiels portant sur près de 90 % des suffrages, les trois partis de la droite seront en position de force au Congrès, même s’ils n’ont pas réussi à y décrocher une majorité. Ils se placent aussi en position de tête en vue de la présidentielle qui aura lieu ce printemps.

Parmi cette coalition de droite, c’est le Centre démocratique du sénateur et ex-président Alvaro Uribe, farouche critique de l’accord de paix, qui a recueilli le plus de voix. Il obtiendrait 33 des 172 sièges à la Chambre des représentants, et 19 des 108 sièges au Sénat.

La coalition de gauche, dirigée par le président Juan Manuel Santos, est en recul. La formation du président, le Parti social d’unité nationale, se classe pour sa part au cinquième rang, elle qui était la plus importante dans le Congrès sortant.

Le parti des FARC – rebaptisé « Force alternative révolutionnaire commune » pour l’occasion – a été totalement laminé : il ne récolte que 0,35 % des suffrages au Sénat, et 0,22 % à la Chambre des représentants pour sa première participation au processus électoral.

Bien qu’ils aient été boudés par les électeurs, tel que cela était anticipé, les FARC feront tout de même leur entrée au Congrès, puisque l’accord de paix leur a garanti cinq sièges dans chacune des deux chambres.

Les résultats électoraux, qui doivent être confirmés lundi, montrent toutefois que le paysage politique demeure très fragmenté : aucun parti n’est crédité de plus de 16 % des voix.

Voter sans être menacés par des guérilleros

Pour la première fois en plus d’un demi-siècle de conflit armé, les 36 millions d’électeurs ont pu débattre et se rendre aux urnes sans être menacés par des guérilleros. Le président Santos a d’ailleurs salué « les élections les plus sûres, les plus transparentes […] de l’histoire récente du pays ».

C'est la première fois, en plus d'un demi-siècle, que les FARC, au lieu de saboter les élections, y participent.

Juan Manuel Santos, président de la Colombie

M. Santos a aussi souligné la dernière guérilla active dans le pays, l'Armée de libération nationale (ELN, guévariste), a « respecté » le cessez-le-feu unilatéral annoncé pour l'occasion.

D’ex-rebelles des FARC étaient visiblement émus de participer au scrutin dimanche. « Je vote pour la première fois de ma vie et je le fais pour la paix », a assuré l'ex-commandant rebelle et futur sénateur Pablo Catatumbo, 64 ans, en se rendant voter sous la protection de gardes du corps.

Vue générale d'un gigantesque bureau de vote à Bogota.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des électeurs enregistrent leur préférence dans un bureau de vote de Bogota.

Photo : Reuters / Pigiste

Ironiquement, la campagne électorale a plutôt été marquée par des violences contre la Force alternative révolutionnaire commune. Le parti a finalement annulé tout rassemblement public et a attribué ces « actes de sabotage » à « ceux qui n'ont pu accepter le fait que la guerre est terminée ».

Reste à voir ce qu’il adviendra de cet accord de paix, qui divise les Colombiens. La droite pourra difficilement le déchirer, mais elle pourrait, en concluant des alliances politiques, bloquer certains des éléments qui doivent encore être mis en œuvre, dont une réforme agraire et une justice spéciale de paix.

Le scrutin de dimanche a par ailleurs permis de désigner les candidats à la présidence des deux principales tendances. Les électeurs de la droite ont ainsi plébiscité le sénateur Ivan Duque, tandis que ceux de la gauche ont choisi d’être représenté par Gustavo Petro, ancien maire de Bogota, et ex-guérillero du M-19, un groupe aujourd’hui dissous. Le premier a reçu environ 4 millions de votes, le second, 2,8 millions.

Ces résultats pourraient maintenant recomposer le paysage en vue de la présidentielle, qui se déroulera en deux tours, les 27 mai et 17 juin prochains. Deux candidats qui défendent l’idée de mettre en œuvre l’accord de paix, le négociateur en chef Humerto de la Calle et l’ancien maire de Medellin, Sergio Fajardo, se retrouveront maintenant sous pression pour se joindre à M. Petro.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, Reuters, et BBC

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