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Ex-espion empoisonné : Londres déploie une enquête à grande échelle

Une femme devant un lutin

La première ministre britannique Theresa May

Photo : Reuters / Toby Melville

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La police britannique mène une enquête de grande ampleur pour tenter de faire la lumière rapidement sur l'empoisonnement de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal, toujours dans un état « critique », a annoncé samedi le gouvernement britannique, qui fourbit ses armes en cas d'implication de Moscou.

« C'est une enquête sérieuse, importante », a déclaré samedi la ministre britannique de l'Intérieur, Amber Rudd, à l'issue de la deuxième réunion d'urgence du comité « Cobra » convoquée par le gouvernement en quatre jours.

« C'est une enquête très minutieuse, détaillée », effectuée avec « rapidité et professionnalisme » par plus de 250 policiers de l'antiterrorisme britannique, a-t-elle poursuivi. « Nous engageons d'énormes ressources afin d'assurer qu'ils ont tout le soutien nécessaire pour procéder de la sorte. »

La police a jusqu'ici identifié plus de 240 témoins et recueilli environ 200 éléments de preuve, outre une « énorme quantité » d'images de vidéosurveillance.

Elle a reçu le renfort d'environ 180 militaires pour déplacer des objets et des véhicules - des ambulances, par exemple - potentiellement contaminés par l'agent innervant administré à Sergueï Skripal, 66 ans, et à sa fille Youlia, 33 ans, retrouvés inconscients le 4 mars sur un banc de la paisible commune de Salisbury (sud de l'Angleterre) où habite l'ex-espion.

Des agents de la police en combinaisons protectrices jaune et blanche s'affairent sur la scène de crime.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des agents vêtus de combinaisons protectrices vérifient leur équipement avant de déplacer la tente qui protège le banc où ont été retrouvés Sergueï Skripal et sa fille Ioulia.

Photo : Reuters / Peter Nicholls

Ils restaient samedi dans un état « critique mais stable », a souligné Amber Rudd, tandis qu'un policier hospitalisé après son intervention était « dans un état grave », bien qu'il puisse parler.

La ministre a jugé prématuré de désigner un responsable alors que son collègue des Affaires étrangères, Boris Johnson, avait dès mardi montré du doigt la Russie, avec laquelle Londres entretient des relations houleuses.

« Le temps viendra pour une réponse, mais pour le moment nous nous concentrons sur l'enquête elle-même », a-t-elle dit.

Dénonçant de la « pure propagande », la Russie a nié toute implication dans l'empoisonnement de M. Skripal, qui avait été condamné pour trahison dans son pays et était arrivé en Angleterre en 2010 à la suite d'un échange de prisonniers organisé entre Moscou, Londres et Washington.

Londres envisage des représailles

La première ministre britannique, Theresa May, avait promis jeudi de réagir de manière « appropriée » s'il s'avérait qu'un État était impliqué.

L'exécutif est prêt à répondre avec « toute la puissance des ressources du Royaume-Uni si c'est la chose appropriée et proportionnée à faire », a prévenu le secrétaire d'État à la Sécurité, Ben Wallace, samedi sur la BBC.

Il y a beaucoup de choses que le Royaume-Uni peut faire. C'est un pays puissant avec une économie puissante, des alliés puissants, une armée puissante et d'autres capacités puissantes et nous allons toutes les étudier.

Une citation de : Ben Wallace, secrétaire d'État à la sécurité

Le Daily Telegraph écrivait samedi que Theresa May pourrait annoncer « des sanctions contre la Russie dès lundi » tandis que le Times relevait que les Britanniques discutaient avec leurs alliés américains et européens de possibles « représailles coordonnées » pouvant inclure des « mesures diplomatiques, économiques et militaires ».

La première ministre avait précédemment averti que son gouvernement pourrait envisager un boycottage diplomatique de la Coupe du monde de football, qui commencera en juin en Russie. Parmi les options possibles figurent aussi le gel des avoirs de milliardaires russes proches du pouvoir, l'expulsion de diplomates et le renforcement de la présence militaire britannique en Europe de l'Est.

Sur le terrain, la police a élargi le champ de ses recherches à tous les endroits fréquentés à Salisbury par Sergueï Skripal et sa fille, qui lui rendait visite. Elle tente de déterminer la provenance de l'agent innervant, mais aussi le mode et le lieu d'administration de cette substance chimique agissant sur le système nerveux et pouvant entraîner la mort.

Un restaurant et un pub où ils s'étaient rendus restaient fermés au public. Les cordons de police ont été étendus autour de la maison de l'ex-espion, ainsi qu'au cimetière de Salisbury, également interdit d'accès : des individus en combinaisons de protection et équipés de masques à gaz se sont affairés samedi autour de la tombe de son épouse morte en 2012 d'un cancer et de la pierre commémorative érigée à la mémoire de son fils, emporté l'an dernier par une maladie du foie et incinéré.

L'ancien chef de Scotland Yard Ian Blair a laissé entendre vendredi sur la BBC que le policier hospitalisé aurait pu être contaminé en allant au domicile de M. Skripal. Une hypothèse, selon les médias britanniques, est que Youlia aurait introduit elle-même l'agent innervant au Royaume-Uni en apportant de Moscou un « cadeau offert par des amis ».

Dans un communiqué diffusé par la police de Wiltshire, le policier Nick Bailey s'est défendu d'être « un héros », comme l'ont désigné des journaux britanniques, et a dit avoir « simplement fait son boulot ».

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