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Des Albertains qui refusent de se faire vacciner

Regardez le reportage d'Audrey Neveu, Vaccination : l'énigme albertaine - Photo : Associated Press

Le taux de vaccination en Alberta est parmi les plus bas du pays. Si la province comme Ottawa tentent de corriger le tir en expliquant l'importance de l'immunisation, certains Albertains défendent tout de même leur droit de s'y opposer.

« J’aimerais mieux avoir la rougeole que des vaccins », explique un Albertain qui a seulement voulu s’exprimer sous le couvert de l’anonymat par peur de perdre son emploi.

Cet ingénieur de formation refuse qu’on le force à faire une chose avec laquelle il n'est pas à l'aise, comme dans le cas des vaccins. Il affirme que c'est sa femme infirmière qui l'a notamment encouragé dans cette décision.

Rebecca Martin, une mère de famille de Calgary, refuse également de faire vacciner ses enfants. Pour elle, la vaccination représente un choix personnel. Elle considère que c’est son droit de la refuser.

Vue sur le visage d'une dame avec des cheveux courtsRebecca Martin a refusé de faire vacciner ses trois enfants. Photo : Radio-Canada / Audrey Neveu

Ayant eu des informations par des sites Internet qu'elle considère comme crédibles, Mme Martin s'inquiète des risques associés aux vaccins sur la santé des enfants, en dépit des conséquences découlant de maladies comme la rougeole.

« Dans toutes les lectures que j'ai faites, j'ai compris que, dans la plupart des cas, il y a plus de risques avec les vaccins qu'avec les maladies réelles en tant que telles », indique-t-elle.

La vaccination en Alberta

Bien que la vaccination ne soit pas obligatoire en Alberta, la province et Santé Canada la recommandent fortement. De nombreuses études ont prouvé la sécurité et l'efficacité des vaccins, mais les taux de vaccination dans la province restent tout de même bas.

Pour le vaccin contre la rougeole, par exemple, seulement 75 % des enfants de 7 ans avaient reçu, en 2013, les deux doses recommandées, selon la plus récente étude pancanadienne de l'Agence de la santé publique du Canada.

Même si ce taux a augmenté à 80 % en 2016, l'Alberta est encore loin d'autres provinces et de son objectif de vaccination de 95 % des enfants. Le gouvernement albertain affirme qu'il veut maintenir le libre-choix des parents tout en encourageant la vaccination.

En 2016, la province a adopté une loi qui permet d'identifier les enfants qui n'ont pas reçu tous leurs vaccins, afin de discuter avec leurs parents des bienfaits de la vaccination.

Pourquoi ces chiffres?

Selon le professeur en politiques publiques sur la santé à l'Université de l'Alberta, Tim Caulfield, le mouvement anti-vaccination serait plus fort en Alberta, parce que, selon lui, ses habitants attachent plus d'importance aux droits individuels que dans les autres provinces.

Visage d'un homme avec des lunettesTim Caulfield, professeur en politiques publiques sur la santé à l'Université de l'Alberta Photo : Radio-Canada / Audrey Neveu

Le professeur Caulfield s'inquiète aussi du message anti-vaccination véhiculé par certains naturopathes en Alberta, parce que de nombreux parents inquiets se tournent vers eux et la médecine alternative.

« Les vaccins homéopathiques n'ont pas de valeur du point de vue scientifique et ne peuvent pas remplacer les vrais vaccins, quoi qu'en disent les naturopathes », affirme le professeur.

Il croit que, pour s'assurer que les parents sont réceptifs au message, il faut conforter leurs valeurs en leur montrant des histoires positives qui viennent contrebalancer celles du mouvement anti-vaccination.

Le gouvernement doit démontrer clairement aux parents les conséquences possibles du fait de ne pas faire vacciner leurs enfants.

D'après des informations d'Audrey Neveu

Alberta

Santé publique