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Peu de milieux de stage en région pour les sages-femmes

Une femme enceinte auscultée
Les sages-femmes doivent assister à un certain nombre de naissances pour atteindre les objectifs de leur programme, ce qui limite la possibilité de faire des stages en région. Photo: Radio-Canada

Les possibilités de stages pour les étudiantes sages-femmes se font rares en région. Pour l'instant, seuls les hôpitaux de Sherbrooke, Trois-Rivières, Montréal et Gatineau acceptent de les accueillir. Les possibilités sont plus nombreuses dans les maisons des naissances, mais demeurent limitées en raison, notamment, du faible nombre de sages-femmes.

Un texte d’Édith Drouin

Pendant leurs quatre années d'étude au baccalauréat en pratique sage-femme de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), les étudiantes sages-femmes doivent entreprendre quatre stages en milieu de naissance et un internat dans une maison de naissance.

Or, les milieux de stage sont, en général, peu nombreux. L’étudiant Louis Maltais, qui fait son internat à la Maison des naissances Colette-Julien de Mont-Joli, estime que le faible nombre de stages disponibles dans les hôpitaux est un « problème majeur ». Il considère entre autres que les hôpitaux qui travaillent en partenariat avec des maisons de naissances, comme l'hôpital de Chicoutimi, devraient accueillir des étudiantes sages-femmes.

Du côté des maisons de naissances, travailler en région constitue souvent un défi supplémentaire puisque les étudiants doivent assister à un certain nombre de naissances pour atteindre les objectifs de leur programme.

Les endroits où il y a moins de naissances dans une année, forcément, ça a un impact par rapport aux objectifs de stage qu’on doit atteindre.

Louis Maltais, étudiant sage-femme en quatrième année à l'UQTR

L’étudiant ajoute que pour l’instant, l’objectif de l’université est surtout de s’assurer que toutes les étudiantes aient un milieu de stage, ce qui est un défi en soi. Les cohortes du programme comptent habituellement une vingtaine d’étudiantes.

Pas assez de sages-femmes

L'étudiante sage-femme de troisième année à l'UQTR, Camille Larochelle, associe aussi le manque de débouchés pour les étudiantes au faible nombre de sages-femmes en région.

L’étudiante aurait par exemple souhaité faire son stage à Rivière-du-Loup, mais il était encore trop tôt pour y accueillir des étudiantes, puisque des postes venaient tout juste d’y être ouverts.

Camille Larochelle estime que les stages seront plus nombreux lorsque la population connaîtra mieux leur service. « Les gens ont encore l’image de la sage-femme sorcière pratiquement, qui pratiquent un peu comme elle veut, sans formation », déplore-t-elle.

La réalité est cependant tout autre aujourd’hui, affirme l’étudiante. Les sages-femmes font plusieurs années d’études, pratiquent au sein des Centres intégrés de santé et de services sociaux et leurs services sont couverts par la Régie de l’assurance maladie du Québec.

Des déplacements et pas de rémunération

Parce que les stages se donnent à certains endroits uniquement, les étudiantes sont appelées à déménager fréquemment.

Depuis le début de sa formation, l’étudiant Louis Maltais dit avoir déménagé environ sept fois, en plus de devoir payer deux loyers. Il affirme pourtant qu’aucun ajustement de prêts et bourses n’est disponible pour lui permettre de mieux composer avec cette réalité.

Une situation particulièrement difficile pour plusieurs étudiantes du baccalauréat qui ont une famille.

Il y a beaucoup de coûts supplémentaires qui sont durs à gérer.

Camille Larochelle, étudiante sage-femme en troisième année à l’UQTR

Les étudiants assument pourtant la totalité de la tâche d’une sage-femme pendant leur internat. Ils demandent donc à ce que tous leurs stages soient rémunérés.

Des étudiantes tiennent une banderole où on peut lire « stagiaires solidaires ».Des étudiantes en pratique sage-femme ont pris la rue à Trois-Rivières pour demander des stages rémunérés. Photo : Radio-Canada

Pour faire valoir leur droit, les étudiantes ont notamment manifesté en février à Trois-Rivières et ont voté en faveur de trois journées de grève. Selon Camille Larochelle, d’autres moyens de pression seront ensuite envisagés si elles n’ont pas gain de cause auprès du gouvernement.

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