•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La course à la chefferie des conservateurs ontariens redéfinira le parti

Photo en mosaïque de Christine Elliott, Tanya Granic Allen, Caroline Mulroney et Doug Ford.

Les quatre candidats à la chefferie des conservateurs (g. à d.): Christine Elliott, Tanya Granic Allen, Caroline Mulroney et Doug Ford.

Photo : PC/Sites officiels

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les membres du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario (PPCO) font plus que se choisir un nouveau chef aujourd'hui : ils élisent le général qui mènera leurs troupes lors de l'élection générale en juin et sélectionnent du même coup le terrain sur lequel ils ont l'intention de livrer cette bataille.

Une analyse de Christian Noël

Le contraste entre les deux meneurs dans la course à la direction du PPCO ne saurait être plus prononcé. D’un côté, Christine Elliott, qui cherche à rétablir la grande coalition des conservateurs modérés, à la Bill Davis. Coalition qui a mené la Big Blue Machine à 42 ans de règne, de 1943 à 1985.

De l’autre, Doug Ford, qui cherche à canaliser la colère, la division et le ressentiment à la Donald Trump, une stratégie qui a fonctionné non seulement aux États-Unis, mais aussi en Grande-Bretagne (Brexit) et, plus récemment, en Italie.

Division féroce

Les deux visions divisent férocement les militants conservateurs. Si on se fie aux récents sondages, environ la moitié des membres sont dans le coin Ford, et l’autre moitié dans le camp Elliott.

Une photo d’arrivée on ne peut plus serrée, qui laisse présager un dévoilement des résultats dramatique et haut en couleur cet après-midi, à Markham. Une réconciliation sera difficile entre les deux factions, peu importe le résultat.

Les militants qui se sont regroupés sous la bannière de Doug Ford l’ont fait en grande partie pour protester contre les hautes instances du parti et contre le virage vers le centre sous le leadership de Patrick Brown.

La droite religieuse, notamment, voit en l’élection de Doug Ford une occasion de se venger de cet affront et de reprendre les rênes du parti.

Si c'est Ford? Si c'est Elliott?

Si Ford perd, ses partisans sentiront-ils la même impulsion et le même entrain pour se battre sous la bannière de Christine Elliott, qu’ils appelaient « Crooked Elliott », en référence au qualificatif « Crooked Hillary » utilisé par Trump?

Les membres de la « Ford Nation » sont loyaux à la famille Ford. Sont-ils capables de modifier leur allégeance? Surtout que durant les derniers jours de la campagne, Doug Ford remettait déjà en question la légitimité des résultats en disant que le vote était truqué et qu’il allait contester les résultats.

Un homme gesticule en parlantAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Doug Ford répond à une question sur scène

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Si Elliott perd, la grande tente bleue reconstruite par Patrick Brown ne tiendra pas debout bien longtemps avec le vent de populisme que Ford amènera au parti.

Déjà, de nombreux conservateurs (et des libéraux désenchantés qui se sont joints à eux) préviennent que si Ford devient chef, ils retourneront vers les libéraux ou resteront à la maison. D’autres assurent même qu’ils sont prêts à voter NPD, dans un mouvement « Tout sauf Wynne ».

Une femme sur scèneAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Christine Elliott répond à une question du modérateur durant la conférence

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Un oeil sur Mulroney et Granic Allen

Même si le grand prix semble hors de portée pour Caroline Mulroney et Tanya Granic Allen, ce sont les deux candidates qu’il faudra surveiller le plus attentivement lorsque les premiers résultats seront dévoilés.

Ford et Elliott semblent tous deux avoir des appuis insuffisants pour l’emporter au premier tour. Ils ont donc besoin, respectivement, des partisans de Granic Allen et de Mulroney pour atteindre la majorité.

Celle des deux qui terminera troisième, si elle amasse entre 15 % et 20 % des voix, pourrait devenir celle qui couronnera le nouveau ou la nouvelle chef.

Et Kathleen Wynne?

Les libéraux ne l'admettront jamais en public, mais ils craignent une victoire de Christine Elliott qui pourrait rallier les modérés, les Red Tories et les libéraux désenchantés.

Les sondages d’opinion semblent leur donner raison. Le Parti conservateur mènerait dans les intentions de vote, peu importe son prochain chef, mais c’est Christine Elliott qui leur donnerait la victoire la plus décisive.

Certains libéraux croient qu’une victoire de Doug Ford leur faciliterait la tâche, parce que l’exercice de contraste avec Kathleen Wynne sera plus facile à faire, mais ce serait sous-estimer le puissant rôle qu’ont joué la colère et le ressentiment dans d’autres élections ailleurs dans le monde.

Le choix des membres du Parti progressiste-conservateur pourrait donc nous donner un aperçu du champ de bataille à venir lors de la prochaine campagne, mais aussi du climat politique et des motivations d’une bonne tranche de l’électorat.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !