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Plus de victimes dénoncent des agressions sexuelles à la police de Winnipeg

Affiche #MeToo (#MoiAussi)

Entre octobre et décembre 2017, alors que le mouvement #MoiAussi était un phénomène global sur les médias sociaux, l’unité des crimes sexuels a ouvert 165 nouvelles enquêtes.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La police de Winnipeg et des travailleurs sociaux ont observé une hausse du nombre de plaintes de crimes de nature sexuelle au cours des derniers mois. Ils croient que la conscientisation due aux mouvements #MoiAussi et #TimesUp pourrait entraîner d'autres dénonciations de la part de victimes.

Nicole Chammartin, directrice de Klinic, un centre médical communautaire de Winnipeg, observe une légère augmentation du nombre de plaintes d’agressions sexuelles au cours des derniers mois à la clinique. Celle-ci offre des conseils et une ligne d’urgence pour les victimes d’agression sexuelle.

« Nous suivons de près la situation afin de voir si la tendance se maintient, mais pour l’instant, le nombre de plaintes est nettement à la hausse », explique-t-elle.

L’unité des crimes sexuels a dû ouvrir 505 nouvelles enquêtes pour des infractions rapportées en 2017, soit une augmentation de 36 % par rapport à l’année précédente.

Entre octobre et décembre 2017, alors que le mouvement #MoiAussi était un phénomène global sur les médias sociaux, l’unité a ouvert 165 nouvelles enquêtes, ce qui représente une augmentation de 142 % comparativement à l’année précédente.

Les policiers croient que la sensibilisation accrue par rapport aux agressions sexuelles et les dénonciations de personnalités publiques pourraient contribuer à l’augmentation de dénonciations de la part des victimes.

Un porte-parole du Service de police de Winnipeg affirme toutefois que d’autres facteurs pourraient être en cause.

Au printemps 2017, l’unité des agressions sexuelles a été mandatée pour enquêter sur toutes les agressions sexuelles. Avant ce changement, des patrouilleurs pouvaient traiter les cas d’actes indécents, d’attouchements sexuels ou de violence sexuelle conjugale.

L’automne dernier, Statistique Canada publiait un rapport indiquant que les agressions sexuelles étaient le crime violent le moins dénoncé au Canada.

Le rapport estime qu'environ 95 % de tels incidents ne sont pas signalés.

« Il est important de comprendre que les analyses d’agressions sexuelles qui sont exclusivement basées sur les crimes signalés par la police ne représentent qu’une partie du nombre des agressions sexuelles au Canada », ajoute le porte-parole de la police de Winnipeg.

Demandes en hausse pour des conseils et des formations

La sensibilisation accrue concernant les agressions et les violences sexuelles ont des répercussions dans les milieux de travail à Winnipeg, selon Nicole Chammartin.

Chaque semaine, de plus en plus d’organisations font appel à Klinic pour des demandes de formations et de conseils sur le harcèlement sexuel.

On parle de plus en plus des politiques en matière de harcèlement sexuel dans les milieux de travail. Les gens tentent d’être proactifs et ça permet de mieux comprendre le phénomène.

Nicole Chammartin, directrice du centre médical communautaire Klinic

Elle espère que le changement de culture et la sensibilisation continuent.

« Je crois que c’est vraiment important de se rappeler que ce n’est pas tout le monde qui se sent en sécurité ou capable de parler ou de dénoncer les situations de harcèlement ou d’agression sexuelle, mais je crois que c’est encourageant que de plus en plus de gens le fassent », conclut-elle.

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