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La Maison-Blanche dicte ses conditions en vue de la rencontre entre Trump et Kim

La porte-parole de la Maison-Blanche Sarah Huckabee Sanders

Photo : Reuters / Leah Millis

Radio-Canada

La décision surprise du président américain d'accepter une invitation du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a relancé les espoirs de progrès en vue du règlement d'un conflit épineux, mais la tenue de cette rencontre semble désormais assortie d'exigences incontournables.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Huckabee Sanders, a déclaré vendredi, lors d'un point de presse, que des pourparlers n’auraient pas lieu entre les deux dirigeants « sans que Kim Jong-un pose des gestes concrets ».

Les Nord-Coréens ont fait des promesses. Ils ont promis de dénucléariser, d'arrêter les tests de missiles et ils ont reconnu que nous poursuivrons nos exercices militaires. Soyons très clairs : les États-Unis n'ont fait aucune concession.

Sarah Huckabee Sanders, porte-parole de la Maison-Blanche

La Maison-Blanche n'a pas dévoilé comment elle comptait vérifier si le régime nord-coréen tient parole. Elle n'a pas non plus fixé d’échéancier précis pour l'organisation de cette rencontre.

« Ça a été un peu une surprise pour nous », admet Tillerson

De passage à Djibouti, le secrétaire d'État américain Rex Tillerson a admis vendredi que les États-Unis avaient été surpris par l'offre de Kim Jong-un. La décision de rencontrer le dirigeant nord-coréen a été prise directement par Donald Trump, a-t-il précisé.

« Je pense que c'est le rapport le plus positif que nous ayons reçu sur non seulement la volonté de Kim Jong-un, mais son réel désir de discuter », a-t-il déclaré, en référence au compte rendu livré à Washington par les diplomates sud-coréens après leur rencontre avec leurs homologues du Nord.

Ce qui a changé, c'est sa position, et d'une manière assez spectaculaire. Et très honnêtement, ça a été un peu une surprise pour nous qu'il soit aussi ouvert dans ses discussions avec la délégation sud-coréenne. Maintenant, il faut s'accorder sur le moment opportun de leur première rencontre, et cela prendra des semaines avant que tout soit réglé.

Rex Tillerson, secrétaire d'État américain

Quelques heures à peine avant que la rencontre Trump-Kim ne soit annoncée, M. Rex Tillerson avait affirmé que les États-Unis étaient « encore loin de négociations » avec Pyongyang.

Le président de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, Ed Royce, a pour sa part estimé que le voeu de la Corée du Nord de discuter avec le président Trump démontre que les sanctions adoptées récemment contre la Corée du Nord « commencent à fonctionner ». Selon lui, les États-Unis peuvent maintenant avoir recours à « plus de diplomatie » tout en continuant d'exercer des pressions.

Le sénateur républicain Cory Gardner, membre de la commission sénatoriale des affaires étrangères, est resté prudent. Selon lui, le prix d'une rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un doit être « un processus complet, vérifié et irréversible de dénucléarisation de la péninsule coréenne ».

Son collègue démocrate Ed Markey souhaite pour sa part que M. Trump traite la question « comme le début d'un long processus diplomatique » et évite « d'improviser » des remarques qui risqueraient de tout faire dérailler.

Pékin, Moscou et Tokyo saluent l'annonce d'un sommet Trump-Kim

La Chine, la Russie et le Japon ont accueilli positivement l'annonce surprise d'une rencontre au sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un. Les trois pays ont longtemps participé avec les États-Unis et les deux Corées aux « pourparlers à six », une formule créée après que Pyongyang s'est retiré du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), en 2003.

La Chine, principal allié et partenaire commercial des Nord-Coréens, salue ce réchauffement diplomatique, qui intervient après des mois de nouveaux tests nucléaires et balistiques par Pyongyang, de violents échanges entre MM. Trump et Kim, et l’adoption de nouvelles sanctions de l'ONU visant le dernier régime stalinien de la planète.

« Nous nous félicitons du signal positif que constitue ce dialogue direct », a commenté le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang.

Cela montre que « la question du nucléaire dans la péninsule coréenne avance dans la bonne direction », a-t-il ajouté, en invitant les parties à faire preuve de « courage politique afin de prendre les bonnes décisions » et de parvenir à « une solution politique et [...] à une paix durable ».

Pékin n’a pas manqué l’occasion de voir dans cette annonce le fruit indirect de la proposition chinoise d'un « double moratoire » – une suspension simultanée des essais nucléaires de Pyongyang et des manoeuvres militaires conjointes américano-sud-coréennes.

Pendant les Jeux olympiques [de Pyeongchang], il n'y a eu ni essai nucléaire ou balistique ni manoeuvre militaire. C'est la preuve que la proposition chinoise était le bon remède pour apaiser les tensions [...] Cela a créé les conditions nécessaires.

Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères

Interrogé sur la possibilité que la Chine accueille ce sommet, M. Geng s'est borné à répondre que la Chine « continuerait de jouer un rôle positif » dans ce conflit et que ses efforts avaient été « indispensables » pour apaiser la tension.

La Russie, autre allié de Pyongyang, voit aussi dans ce développement un « pas dans la bonne direction », a fait savoir le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

« Nous espérons que cette rencontre va avoir lieu », a-t-il commenté depuis Addis Abeba, lors d'une conférence de presse conjointe avec le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Moussa Faki. « Certainement, nous en avons besoin pour normaliser la situation dans la péninsule coréenne. »

M. Lavrov a également accueilli avec satisfaction l'annonce de la tenue d'un sommet intercoréen fin avril, le troisième de l'histoire.

Des sosies des présidents Kim et Trump joignent leurs poings fermés, dans les estrades du stade où se déroule la cérémonie. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des sosies des présidents Kim et Trump ont salué à leur façon ce nouveau développement, lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux paralympiques de Pyeongchang.

Photo : Getty Images / Ryan Pierse

Le Japon apprécie, mais reste ferme

Le Japon, allié des Américains, salue aussi l’annonce du sommet. Au cours des dernières années, plusieurs missiles balistiques lancés par Pyongyang dans le cadre de tests ont survolé l’espace aérien du pays, alimentant les inquiétudes de sa population.

« J'apprécie hautement ce changement de la part de la Corée du Nord et le fait qu'elle va commencer des discussions fondées sur le principe d'une dénucléarisation », a indiqué le premier ministre Shinzo Abe dans une déclaration télévisée.

Le Japon n’avait pas caché ses doutes lorsque le réchauffement diplomatique entre les deux Corées a commencé à se concrétiser à l’approche des Jeux olympiques de Pyeongchang. M. Abe estimait qu’il s’agissait là d’un possible stratagème destiné à gagner du temps.

Vendredi, le premier ministre japonais s'est montré plus positif, affirmant que le sommet Trump-Kim constituait « le résultat de la coopération entre le Japon et les États-Unis, et entre le Japon, les États-Unis et la Corée du Sud, destinée à maintenir une forte pression de concert avec la communauté internationale ».

Il n'y a pas de changement de politique de la part du Japon et des États-Unis. Nous continuerons à exercer une pression maximale jusqu'à ce que la Corée du Nord prenne des mesures concrètes vers une dénucléarisation de manière parfaite, vérifiable et irréversible.

Shinzo Abe, premier ministre japonais

M. Abe a précisé avoir parlé à Donald Trump vendredi matin, heure de Tokyo, soit peu de temps après l’annonce du sommet. Il dit avoir indiqué au président Trump qu'il souhaitait « se rendre aux États-Unis et tenir un sommet avec lui dès avril ».

Selon un compte rendu de cet appel consulté par l'AFP, M. Trump a dit au chef du gouvernement japonais que Kim Jong-un s'était « engagé à dénucléariser et espérait construire la paix avec les États-Unis ».

Le président américain a expliqué que ce développement était « le résultat de la pression maximale » exercée sur Pyongyang et confirmé que Washington « maintiendrait les sanctions et les pressions militaires », précise le document.

Donald Trump devrait rencontrer Kim Jong-un « d'ici la fin mai ».

À Séoul, le président Moon Jae-in a estimé qu'un sommet Trump-Kim serait une « étape historique » qui mettrait la dénucléarisation de la péninsule coréenne « sur la bonne voie ». Dans une déclaration, il a félicité le président Trump d'avoir accepté l'invitation, ajoutant que son leadership serait apprécié « non seulement par les citoyens des deux Corées, mais aussi par tous ceux qui aiment la paix ».

À Bruxelles, la porte-parole de la diplomatie de l'Union européenne, Maja Kocijancic, a également salué « les récents développements positifs » dans les relations entre les deux Corées. « Le fait que le président Trump soit prêt à accepter l'invitation de Kim Jong-un à un sommet représente aussi un développement positif », a-t-elle ajouté.

Le Canada n'a pas encore réagi à l'annonce du sommet Trump-Kim.

Avec les informations de Agence France-Presse, et La Presse canadienne

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