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Égalité des sexes : des changements espérés dans le milieu de la danse

Les danseurs James Lyttle, Matthew Duff et Ruben Julliard sont enveloppés d'une matière en plastique
Une affiche du spectacle qui s'intitulait d'abord « Femmes » Photo: Sasha Onyshchenko/Kravets Photographics
La Presse canadienne

Une ex-danseuse torontoise espère que la controverse suscitée par un ballet qui sera créé par des hommes et présenté comme un hommage aux femmes aux Grands Ballets canadiens de Montréal se traduira par des changements plus larges dans le milieu de la danse.

La chorégraphe Kathleen Rea a lancé une pétition la semaine dernière demandant aux Grands Ballets canadiens d'ajouter une chorégraphe féminine au spectacle intitulé Femmes, après avoir appris qu'il serait créé par trois hommes.

Les Grands Ballets ont, depuis, renommé le spectacle Parlami d'Amore. Ils ont accepté de rencontrer Kathleen Rea et ont modifié les éléments de marketing qui faisaient référence aux femmes comme étant des symboles. Ils n'ont toutefois pas embauché de chorégraphe féminine.

Kathleen Rea a affirmé que sa frustration avait grandi en examinant la programmation complète de la saison 2018-2019 de six spectacles et qui comprend une seule femme chorégraphe.

La chorégraphe Kathleen Rea se tient debout, les mains dans les poches de son pantalon, et sourit.La chorégraphe Kathleen Rea Photo : Courtoisie/Kathleen Rea

Elle a dit avoir constaté que les choses avaient peu évolué depuis sa période comme danseuse dans la compagnie.

« Lorsque je dansais pour les Grands Ballets canadiens, parmi les 40 ou 50 ballets dans lesquels je dansais, seulement un était chorégraphié par une femme – et on parle d'il y a 20 ans », a dit Kathleen Rea, qui dirige aujourd'hui une petite troupe de danse et de théâtre.

« J'avais tant espéré qu'il y ait eu des changements dans le monde du ballet depuis ce temps, mais quand j'ai vu ce programme, je me suis dit "Cela n'a pas changé, et il est temps de se manifester" », a-t-elle ajouté.

Un milieu de femmes mené par des hommes

Le directeur artistique Ivan Cavallari a affirmé par communiqué que la présente saison comprenait deux ballets créés par des femmes, et a ajouté qu'il s'organisait pour rencontrer trois femmes chorégraphes et une femme chef d'orchestre pour discuter d'une future prestation.

« Nous avons écouté, nous agissons et nous réaffirmons notre ouverture au dialogue, continuant de faire une place aux femmes », a dit M. Cavallari.

Ivan Cavallari, directeur artistique des Grands Ballets canadiens de MontréalIvan Cavallari, directeur artistique des Grands Ballets Canadiens de Montréal Photo : Sasha Onyshchenko/Kravets Photographics

L'un des trois chorégraphes de Parlami d'Amore, Medhi Walerski, s'est retiré du spectacle dans le but d'exprimer son appui à ce qu'il a qualifié d'une « participation plus inclusive des artistes féminines dans le monde de la danse ».

Kathleen Rea se dit satisfaite de la réponse à sa pétition, mais estime que l'on doit en faire davantage pour corriger l'inégalité des genres dans le monde du ballet.

Elle souligne que, alors que les danseuses sont plus nombreuses que leurs collègues masculins, la majorité des membres des conseils d'administration, des directeurs artistiques et des chorégraphes du milieu de la danse sont des hommes blancs.

Elle prépare actuellement un document pour les compagnies de danse dans lequel elle offrira des suggestions sur la façon dont elles peuvent appuyer les chorégraphes féminines et accroître la diversité dans les rôles de leadership.

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