•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'accord de libre-échange Asie-Pacifique est signé

Le ministre du Commerce international du Canada, Francois-Phillippe Champagne, le ministre des Affaires étrangères du Chili, Heraldo Munoz, et le ministre du Commerce et de l'Exportation de la Nouvelle-Zélande, David Parker, se serrent les mains pour les caméras.
Le ministre du Commerce international du Canada, Francois-Phillippe Champagne, le ministre des Affaires étrangères du Chili, Heraldo Munoz, et le ministre du Commerce et de l'Exportation de la Nouvelle-Zélande, David Parker, avant la cérémonie de signature de l'accord, à Santiago, au Chili. Photo: Reuters / Ivan Alvarado
Radio-Canada

Onze pays des deux rives du Pacifique, dont le Canada, ont ressuscité jeudi au Chili l'accord de Partenariat transpacifique (PTP), donné pour mort il y a un an, après le retrait des États-Unis.

Les chefs de la diplomatie ou les ministres du Commerce de l'Australie, de Brunei, du Canada, du Chili, du Japon, de la Malaisie, du Mexique, de la Nouvelle-Zélande, du Pérou, de Singapour et du Vietnam ont paraphé le texte, désormais appelé Partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP pour son sigle anglais). Ces 11 pays rassemblent près de 500 millions de personnes.

L’accord prévoit une levée des barrières douanières entre les pays membres et la mise en place de normes communes dans plusieurs secteurs d'activités. Il couvre pratiquement tous les échanges de biens, les règlements de litiges, l'application des mesures phytosanitaires, les échanges de services, la propriété intellectuelle, les contrats gouvernementaux et les politiques liées à la concurrence.

Maintenant signé, l'accord entrera en vigueur 60 jours après sa ratification par au moins 6 des 11 pays signataires.

Le nouvel accord contient la quasi-totalité des dispositions du texte original, sauf celles portant sur la propriété intellectuelle imposées par Washington.

D’ailleurs, selon un haut responsable canadien, les États-Unis n'obtiendront pas de traitement de faveur s'ils décidaient finalement de se joindre à l'accord. Car malgré les assauts répétés du président Trump contre celui-ci, qui n'est pas, selon lui, favorable aux Américains, des membres de son administration ont laissé entendre récemment que Washington envisageait des façons de réintégrer le partenariat.

Le traité contient 22 dispositions qui avaient été écartées de l'accord original, auquel adhéraient les États-Unis. Si Washington décidait de revenir, le retrait de ces dispositions devrait être accepté par les 11 autres pays signataires, ce qui leur donne un rapport de force avantageux pour négocier les termes d'un éventuel retour américain.

Le traité avait d’abord été promu par Washington sous la présidence de Barack Obama, dans le but de freiner l'influence croissante de la Chine dans le commerce mondial. Il avait été signé en février 2016, après des années de négociations.

Mais dès son arrivée à la Maison-Blanche, au début de 2017, Donald Trump avait annoncé que les États-Unis se retiraient de l'ambitieux accord, censé englober 40 % du PIB mondial et presque 25 % du commerce international.

Un « suicide » pour les États-Unis

Le nouvel accord ne porte plus que sur 15 % à 18 % du PIB mondial.

Mais « c'est l'accord le plus moderne jamais signé au niveau mondial. Il n'y a aucun accord commercial impliquant une telle quantité de pays et parvenant à avoir 30 chapitres qui traitent des questions les plus modernes du commerce international », affirme Ignacio Bartesaghi, professeur de la faculté de sciences de l'entreprise de l'Université catholique d'Uruguay.

Quant à Fernando Estenssoro, de l'université de Santiago du Chili, il considère que cette signature va avoir « d'importantes conséquences pour les États-Unis ». « C'est une sorte de suicide pour ce pays », dit-il.

Selon lui, l'absence des États-Unis a laissé la voie libre à la Chine pour négocier son propre accord commercial avec nombre de pays asiatiques, en plus de la Nouvelle-Zélande.

Maintenant le Mercosur

Le ministre canadien du Commerce international, Francois-Phillippe Champagne, doit maintenant se rendre au Paraguay vendredi pour annoncer le début de négociations formelles dans le but de conclure un accord de libre-échange avec le Mercosur, un marché commun qui existe entre le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l'Uruguay et qui réunit 260 millions de consommateurs.

Mais selon les experts, ce traité est loin d’être signé. Le Brésil et l'Argentine ont longtemps hésité à discuter de libre-échange avec le Canada. Les discussions risquent d’être ardues, notamment sur les questions du boeuf et de l'aérospatiale, notamment en raison de la brésilienne Embraer, féroce concurrente de Bombardier.

Avec les informations de Agence France-Presse, et La Presse canadienne

International