•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Lock-out à l'ABI : retour à la case départ pour la direction et le syndicat

Le syndicat des Métallos a érigé des roulottes à l'extérieur de l'aluminerie de Bécancour

Le lock-out à l'Aluminerie de Bécancour inc. (ABI) a été déclenché le 12 janvier dernier.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Radio-Canada

Deux mois après le début du lock-out à l'Aluminerie de Bécancour inc., la première séance de médiation jeudi matin entre le Syndicat des Métallos et la partie patronale n'a duré que 20 minutes. La direction de l'ABI a soutenu que des changements fondamentaux doivent être faits pour assurer la survie de l'usine de Bécancour.

La présidente-directrice générale de l’ABI Nicole Coutu s’est présentée en personne à la séance, accompagnée de toute une équipe de négociation. Elle a affirmé que la dernière proposition patronale, rejetée par les employés en janvier dernier, ne peut plus servir de base aux négociations.

Dans un communiqué transmis à la fin de la rencontre, la direction de l'ABI a montré du doigt les moyens de pression du syndicat pendant les négociations, qui auraient causé une détérioration des conditions d'opération dans l'usine.

Elle a soutenu que ces moyens de pression auraient « créé des dangers pour les employés, mis les biens en péril, menacé l'approvisionnement des clients et affecté négativement le rendement financier. »

La direction de l'ABI a aussi plaidé en faveur de « changements importants » pour assurer la survie de l'usine.

ABI n'est pas aussi compétitive qu'elle devrait l'être et cette situation doit être améliorée pour réussir à long terme. Par conséquent, la structure opérationnelle d'ABI doit être réévaluée en visant l’amélioration significative de la productivité et de l’organisation de la main-d'œuvre afin d'assurer une constance pour ses clients.

Extrait du communiqué du 8 mars de la direction de l'ABI

Le syndicat en colère

Le Syndicat des Métallos, qui représente les 1030 employés syndiqués de l'ABI, est ressorti avec un goût amer de la séance de médiation, qui s'est déroulé à l'Hôtel Delta à Trois-Rivières.

On voit ça comme une vengeance. Avec cette rencontre, (la direction) a créé de faux espoirs.

Clément Masse, président de la section locale 9700

Le président de la section locale 9700, Clément Masse, déplore de surcroît que la direction ait retiré sa dernière offre.

« C’est un affront à tous les travailleurs, a déclaré Clément Masse. Après deux mois dehors, ils nous disent que ce qu’ils ont déjà proposé ne constitue même pas une base de travail. Ils disent attendre nos suggestions, mais sur du vide. On ne négocie pas à partir d’une feuille blanche. »

Le maire de Bécancour reste optimiste

Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, a dit préféré rester optimiste à la suite de cette première rencontre de médiation. Il admet cependant que la tournure des événements le rend inquiet.

« Je ne veux pas penser au scénario catastrophe, qui serait la fermeture de l'usine, a dit le maire Dubois. Ce qui me donne espoir, c'est que l'usine est ouverte (au tiers de ses capacités). Ça démontre que si l'entreprise voulait fermer, ce serait déjà fait, selon moi. »

Le conciliateur au dossier, Jean Nolin, avait convoqué les parties pour faire le point sur la situation à l'Aluminerie de Bécancour. La rencontre s'est tenue près d’un mois après que les deux parties aient discuté avec la ministre québécoise du Travail, Dominique Vien.

La direction de l’ABI a décrété le lock-out le 11 janvier dernier, après un rejet massif des offres patronales par les syndiqués. Aucune négociation n'a eu lieu depuis.

Les syndiqués sont sans contrat de travail depuis le 22 novembre. Les parties ne sont pas parvenues à s’entendre sur la question de l’ancienneté et du régime de retraite.

Avec les informations d'Amélie Desmarais

Mauricie et Centre du Québec

Relations de travail