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Viola Desmond consacrée symbole canadien de la défense des droits civils

Les dignitaires entourent une grande affiche illustrant le nouveau billet de banque de 10 $.

Le nouveau billet de 10 $ en l'honneur de Viola Desmond a été dévoilé à Halifax par le ministre des Finances, Bill Morneau, la soeur de Viola Desmond, Wanda Robson, et le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz.

Photo : Radio-Canada / Nahila Bendali

Radio-Canada

Le geste de Viola Desmond contre le racisme, qui est resté longtemps peu connu de la majorité des Canadiens, est au coeur du dévoilement du nouveau billet de 10 $ sur lequel elle apparaît.

Le lancement du billet de banque a eu lieu à Halifax, jeudi après-midi, en présence de la soeur de Viola Desmond, Wanda Robson, du ministre des Finances, Bill Morneau, et du gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz.

« Lorsque ce billet de banque aura cours légal, dans le courant de l’année, il nous rappellera à tous à quel point il est important de reconnaître toutes les contributions des Canadiennes, pas seulement à l’occasion de la Journée internationale de la femme, mais tous les jours », a déclaré le ministre Bill Morneau.

Le billet de banque illustré d'un portrait de Viola Desmond

Le billet de banque montrant Viola Desmond est orienté à la verticale, et il sera en circulation plus tard cette année.

Photo : Banque du Canada

Viola Desmond est la première personne noire et la première femme non membre de la royauté représentée sur un billet de banque canadien destiné à la circulation courante.

« C’est un sentiment d’appartenance longuement attendu par la communauté noire canadienne, affirme Russell Grosse, directeur du Black Cultural Centre en Nouvelle-Écosse. Le lancement du billet de banque envoie aux personnes d’ascendance africaine le message que le Canada les accepte enfin. Nous en faisons partie. »

Le nouveau billet de 10 $ illustre la reconnaissance croissante du refus de Mme Desmond de quitter la section réservée aux Blancs dans une salle de cinéma en Nouvelle-Écosse, le 8 novembre 1946, près d’une décennie avant le refus de Rosa Parks de laisser son siège dans un autobus en Alabama.

Le geste de Viola Desmond était remarquable à cette époque où la ségrégation raciale et la discrimination systémique étaient des choses communes en Nouvelle-Écosse, souligne Russell Grosse. C’est pourquoi le nouveau billet de banque est pour lui un grand symbole d’acceptation.

« C’est une histoire remarquable qui montre le progrès de la société, et c’est l’une des raisons pour lesquelles elle semble susciter beaucoup d’intérêt ces dernières années », ajoute M. Grosse.

L’histoire de Viola Desmond est restée peu connue durant un demi-siècle, mais au cours des dernières années elle est apparue sur un timbre-poste et son som a été donné à un traversier à Halifax. Un parc à Toronto et des rues à Montréal et à Halifax pourraient bientôt aussi porter son nom.

« Viola Desmond a fait un geste de courage. Il n’y avait aucun mouvement populaire qui l’appuyait. Elle était en avance sur son temps », estime Isaac Saney, qui enseigne les études afro-canadiennes à l’Université Dalhousie.

Le tout avait commencé avec un voyage d’affaires il y a 71 ans. Viola Desmond était une esthéticienne et une entrepreneure qui vendait ses propres produits cosmétiques. Elle faisait route vers Sydney, mais sa voiture était tombée en panne et elle avait dû s’arrêter à New Glasgow. Elle décide d’aller voir un film projeté dans le théâtre Roseland.

Le bâtiment en briques rouges.

L'ancien théâtre Roseland, où Viola Desmond avait refusé de quitter un siège de la section réservée aux blancs, en 1946.

Photo : Radio-Canada / Alexis MacDonald

Dans la salle, toutefois, les Noirs ne pouvaient s'asseoir qu’au balcon. Viola Desmond était myope et ne pouvait pas bien voir du balcon. Elle s’est donc assise dans la section réservée aux Blancs, au parterre.

Elle a refusé de quitter cette section. Des policiers l’ont forcée à sortir, ils l’ont arrêtée, jetée en prison pour 12 heures, et ils lui ont imposé une amende.

Il aura fallu 63 ans pour que Viola Desmond, qui est décédée en 1965, reçoive des excuses et une réhabilitation à titre posthume.

Avec les informations de La Presse canadienne

Nouvelle-Écosse

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